Faire connaître les Verts

25 juin 2004
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Faire connaître les Verts Candidat pour le Parti vert, Chris O’Brien veut principalement faire connaître sa formation politique aux résidents du Nord. Simon Bérubé Établi dans le Nord depuis 1975 et habitant de Yellowknife depuis 1980, Chris O’Brien a toujours été un environnementaliste. Ce dernier s’est porté candidat pour l’élection du 28 juin prochain. « Je veux que le Parti vert devienne connu des Ténois et des Canadiens. J’ai été persuadé de me présenter parce que je pense qu’il est important de faire le travail de terrain et l’élection est l’opportunité de faire connaître le parti », dit-il. M. O’Brien dit que le Parti vert a une approche plus holistique que les partis traditionnels. En effet, tous les éléments de la plateforme électorale des Verts prennent la protection et l’amélioration de l’environnement en considération. « Aucune des sections de la plateforme n’entre en conflit avec les autres. Les autres partis diront qu’ils se préoccupent de l’environnement, mais d’un autre côté, ils vous parleront de croissance économique, ce qui veut dire davantage de pollution », explique-t-il. « Si on demande aux Canadiens s’ils se soucient de l’environnement, ils diront tous que oui. Je pense que c’est la même chose pour les Libéraux et les Conservateurs et, jusqu’à un certain point, les Néo-démocrates. Bien sûr, ils feront tous quelque chose, mais l’environnement n’est jamais une priorité numéro un pour ces partis. Pour le Parti vert, tous les enjeux sont reliés et le parti s’assurera que l’environnement est pris en considération dans la formulation de toutes les politiques », poursuit le candidat. Selon lui, un autre élément différencie les Verts du reste des partis en lice. Il s’agit du fait que son parti a une vision à long terme. « Le problème, c’est que la plupart des partis traditionnels ne regarderont que jusqu’à la prochaine élection. Ils ne travaillent que sur les sujets qui gardent les gens contents. Les Verts disent qu’il faut penser à long terme ». Le chef du Parti vert du Canada s’appelle Jim Harris. M. O’Brien avoue qu’il connaît bien peu son chef. En fait, Jim Harris est un ancien progressiste conservateur. « Le mot conservateur veut dire prendre soin de ce que l’on a. D’une manière, avec cette définition, on peut dire que les Verts sont des conservateurs parce qu’on essaie de s’accrocher à ce que l’on a dans ce monde. Donc Jim Harris est fiscalement conservateur et c’est probablement reflété dans l’approche financière du Parti vert. Ce qui veut dire qu’il faut vivre selon nos moyens, mais il voit qu’on ne peut pas avoir des politiques économiques qui détruiront l’environnement ». Pour leur campagne électorale, les Verts ont des moyens financiers limités. M. O’Brien ne pourra donc pas voyager autant que les autres candidats dans la circonscription de Western Arctic. Pour décrire sa stratégie de campagne, le candidat se réfère donc à une citation d’un sans-abri, sur les ondes du réseau anglais de Radio-Canada. Le journaliste avait demandé à l’itinérant quel type de message il avait à passer aux politiciens. « Sois honnête et fait de ton mieux » ont été les paroles de la personne défavorisée de Toronto. « Je ne peux pas penser à une meilleure façon de faire campagne. Je n’ai pas de grande stratégie. Je veux juste faire sortir le message pour le Parti vert », lance Chris O’Brien. L’éternel dilemme, pour les politiciens, est là où on trace cette ligne de départage entre le développement économique et la protection de l’environnement. M. O’Brien reconnaît le dilemme. Sa ligne directrice : « tout développement économique doit être durable sur le plan environnemental et à long terme. Si ce ne l’est pas, on doit chercher des changements et peut-être faire d’autre chose à la place. À long terme, je ne pense pas que nous ayons d’autres choix que de regarder d’autres façons de faire du développement économique ». « On ne peut pas laisser aller les choses et espérer qu’on pourra changer ça en cours de route. Il s’agit de la recette pour un désastre à long terme », lance-t-il. Chris O’Brien a d’ailleurs des problèmes avec le projet de gazoduc de la vallée du Mackenzie et avec les mines de diamant des Territoires du Nord-Ouest. Du côté du gazoduc, M. O’Brien s’inquiète des émissions de gaz à effet de serre, de la perte d’habitat, des interférences avec les migrations de caribous, des barrages sur les rivières pour créer l’électricité nécessaire aux stations de pompage, etc. « Et à long terme, une fois qu’il n’y a plus de gaz, qu’est-ce que l’on fait? », se demande l’environnementaliste. En ce qui a trait aux mines de diamant, M. O’Brien dit être préoccupé par cette pierre précieuse. « Ce n’est pas exactement essentiel. Le seul bénéfice à ça, c’est les emplois. Les humains peuvent se débrouiller sans diamant. Ça va durer 20 à 30 ans et ensuite, ce sera fini », rappelle-t-il, tablant sur l’importance de trouver des développements économiques durables qui auront moins d’impacts environnementaux et sociaux. « Si, dans 100 ans, on découvre qu’il n’y a plus de caribous parce qu’à un moment donné, nous avions des mines de diamants, je crois que nous souhaiterions n’avoir jamais eu de ces mines. Tous les milliards de dollars produits par le diamant ne seront jamais assez pour justifier la perte d’un troupeau de caribous » fait-il valoir. Comme tous les autres candidats de la circonscription du Western Arctic, Chris O’Brien se dit en faveur du bilinguisme officiel au Canada. « C’est intéressant parce que nous sommes dans un territoire multilingue, à l’intérieur d’un pays bilingue. Si les francophones ne se sentent pas confortables dans un tel contexte, c’est qu’il y a quelque chose qui ne va pas et je suis d’accord », dit-il. M. O’Brien s’inquiète davantage de la situation des langues autochtones. « J’aimerais m’assurer qu’il y a un appui égal, au prorata de la population, pour les langues et les cultures autochtones. Je ne sais pas si c’est le cas, présentement. Ce serait la bonne chose d’avoir autant de financement disponible pour les Dénés, les Inuits et les Inuvialuits que pour les francophones. Tout le monde est dans le même bateau. Les gens devraient avoir un accès égal au financement pour soutenir leur propre culture et leur propre langue ». Je ne connais pas la situation pour les langues autochtones, mais je pense qu’elles sont dans une position beaucoup plus difficile que le français. Les langues qui sont sous une menace spéciale devraient avoir la priorité », croit Chris O’Brien.
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