Elle veut un cinquième mandat

11 juin 2004
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Selon la candidate libérale et députée sortante dans Western Arctic, Ethel Blondin-Andrew, « le Nord a atteint un niveau de croissance économique sans précédent et les possibilités sont substantielles et réelles ». À preuve, la politicienne brandit les chiffres du taux de croissance de l’emploi, qui est à 6% à Yellowknife et à 4% à l’échelle territoriale. « Selon les statistiques, c’est virtuellement le plein emploi! », dit-elle. Mme Blondin-Andrew reconnaît cependant qu’avec une situation économique si enviable, viennent les défis qui sont, selon elle, le logement et les pressions sur les infrastructures. Parmi les autres sujets qui lui sont chers, on retrouve les ententes sur les revendications territoriales des Autochtones, ainsi que leur autonomie gouvernementale. En fait, Mme Blondin-Andrew a une longue liste d’enjeux politiques ténois sur lesquels elle voudrait continuer de travailler. Tout d’abord, il y a la dévolution des pouvoirs sur la gestion des terres et des ressources naturelles. Ensuite, vient le partage des revenus provenant de ces mêmes ressources naturelles. « Si je suis réélue, je veux m’assurer que nous aurons notre juste part de l’argent. En fait, je ne suis pas certaine par rapport au concept de juste part. J’espère que nous aurons plus que ce à quoi nous avons droit, en nous basant sur les besoins », dit-elle. Du côté financier, il y a aussi le dossier du financement au prorata de la population, qui n’a pas été réglé avant le déclenchement des élections par le premier ministre, Paul Martin. En matière de santé, Mme Blondin-Andrew mise sur le recrutement et le maintien en poste des travailleurs de la santé. Ensuite, Mme Blondin-Andrew évoque le coût de la vie, ainsi que la qualité de vie dans le Nord et l’éducation, comme étant deux sujets sur lesquels elle désire poursuivre son travail pour quatre années supplémentaires. Lorsqu’on lui parle de l’insatisfaction des Canadiens, notamment à l’égard du scandale des commandites, Mme Blondin-Andrew croit que les résidents du Nord sont des « penseurs compréhensifs ». « Les gens sont préoccupés par ça, mais ils veulent en discuter. J’ai rencontré une personne qui m’a dit que le sujet la préoccupait, mais qu’en prenant une vue d’ensemble, elle était satisfaite de ce que les Libéraux ont accompli au point de vue des finances, des programmes sociaux et de la politique étrangère. Notre position sur la guerre représente beaucoup pour les gens ». Sur le sujet des commandites, Mme Blondin-Andrew fait remarquer que les TNO ont eu droit à quatre projets. « Ils ont tous été vérifiés et ont bien été administrés. Il y a des personnes qui ont pris des décisions qui n’étaient pas dans l’intérêt du public et du gouvernement et nous travaillons là-dessus », assure-t-elle. Ethel Blondin-Andrew et son chef, Paul Martin, ont tous deux été élus pour la première fois en 1988. Celle-ci considère maintenant son patron comme un ami personnel. « J’ai beaucoup d’affection pour lui et de l’admiration pour le travail qu’il a fait. C’est lui qui a redressé la situation financière du pays pour ce qui est d’éliminer le déficit et de réduire la dette, tout en continuant à construire ». La députée libérale aime bien rappeler, d’ailleurs, qu’au moment où, en tant que ministre des Finances, Paul Martin a effectué des séries de coupures, au milieu des années 1990, deux secteurs ont été épargnés. Il s’agissait des Autochtones et du dossier de l’enfance et de la jeunesse. Alors que les sondages sont de nature à inquiéter le clan libéral, Mme Blondin-Andrew garde confiance. « M. Martin fera ce qu’il faut. Il travaille fort et je l’ai vu aller depuis qu’il est chef, et même avant, à se pencher sur l’agenda et les affaires du Canada. Il établit des contacts personnels, partout au pays, il parle aux gens et communique avec eux. Je pense qu’il faut lui faire confiance. C’est un homme de parole. Lorsqu’il dit qu’il fera quelque chose, il le fait », dit-elle. Et surtout, pas question de parler de la possibilité de voir un gouvernement minoritaire à Ottawa. « Nous sommes dans la course pour gagner. Si tu veux gagner, tu ne parles pas de défaite. Il faut être progressif, travailler fort et gagner la confiance des Canadiens. C’est le propre de toutes les élections depuis la Confédération », dit-elle. Questionnée sur le dossier de la francophonie et du bilinguisme, Mme Blondin-Andrew avait des bons mots pour la communauté franco-ténoise. « Je suis très fière de cette communauté et je crois qu’elle est un modèle pour le reste du Canada », dit-elle, signifiant que les francophones disposent, entre autres, de deux écoles, d’un journal, de la garderie et de la radio. « C’est un reflet du bilinguisme officiel du Canada. Dans le Nord, les dynamiques sont différentes puisqu’il y a aussi les langues autochtones, mais je ne pense pas que ça devrait être l’un ou l’autre. Je pense que ça peut être complémentaire », lance-t-elle, tout en ajoutant qu’il en reste « beaucoup à faire ».