Conférence des premiers ministres de l’Ouest et du Nord : Dévolution, diamants, infrastructures et vache folle

13 juin 2003
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Réunis à Kelowna, en Colombie-Britannique, pour la conférence annuelle des premiers ministres du Nord et de l’Ouest, les chefs de gouvernement du Manitoba, de la Saskatchewan, de l’Alberta, de la Colombie-Britannique, du Yukon, des TNO et du Nunavut s’entendent pour faire front commun face à Ottawa sur différents sujets.

Parmi les sujets abordés, la Stratégie nationale en matière de diamant a grandement intéressé le premier ministre ténois, Stephen Kakfwi. « Nous savons qu’il y a un potentiel pour du diamant en Alberta, en Saskatchewan, en Ontario, au Québec ainsi qu’au Nunavut et au Yukon. Pour les trois territoires, ce n’est pas possible de travailler séparément », d’expliquer le premier ministre, qui croit que la pierre précieuse constituera une large part de l’économie canadienne dans l'avenir.

« L’année dernière, il a été formellement dit que nous devrions travailler ensemble pour développer une stratégie nationale », de rappeler M. Kafwi. Bien qu’au sud du 60e parallèle, le diamant soit de juridiction provinciale, ce dernier rappelle que le commerce, par exemple, demeure une responsabilité fédérale. La stratégie dont ont parlé les premiers ministres viserait à maximiser les bénéfices provenant de cette industrie naissante pour tous les Canadiens, en incluant l’exploration, l’extraction et la valeur ajoutée, c’est à dire, la transformation.

« Lorsqu’on construisait les mines de diamant, certaines personnes sont venues et nous ont dit qu’on ne pourrait soutenir une industrie de taille et de polissage du diamant. Nous avons prouvé qu’ils avaient tort. Les ministres Nault (Affaires indiennes et du Nord Canada) et Dhaliwal (Ressources naturelles) semblent très intéressés par l’industrie du diamant. Nous les invitons donc à travailler avec nous », a poursuivi M. Kakfwi.

Bien entendu, celui-ci a profité de cette occasion pour obtenir le support de ses homologues dans le dossier de la dévolution et du partage des revenus. « Nous avons eu de bonnes discussions sur la signification de la dévolution et du partage des revenus en terme de climat d’investissement. Nous devrions avoir le contrôle de nos ressources et nous devrions en bénéficier. Les autres premiers ministres comprennent très bien ça », de laisser entendre Stephen Kakfwi, qui rappelle qu’en 1993, le premier ministre Jean Chrétien s’était engagé en ce sens. Un cadre de travail pour les négociations entourant tous les dossiers de la dévolution devrait être présenté sous peu, selon M. Kakfwi.

Les premiers ministres ont aussi pris position commune en faveur d’une poursuite des réformes en matière de relations fédérale-provinciales-territoriales. Ces réformes, en cinq points, n’exigeraient pas une réouverture de la Constitution canadienne. On y retrouve la nécessité d’une rencontre annuelle entre tous les premiers ministres canadiens, avec les sujets récurrents de la santé, du commerce, des finances, de la justice et de l’économie, une participation des provinces et territoires aux négociations internationales traitant des sujets de compétence provinciale ou territoriale, la signature d’ententes de dévolution de pouvoirs et de partage des revenus pour les trois territoires, de nouveaux arrangements institutionnels visant à éliminer les chevauchement de secteurs et de régimes dans les secteur d’activités partagés et la consultation des provinces et des territoires pour les nominations fédérales, incluant celles des sénateurs, lorsque cette nomination affectent les champs d’activités des provinces ou territoires.

Le dossier de la santé a aussi été au menu des conversations entre premiers ministres. Ces derniers ont demandé au gouvernement fédéral de profiter du budget de 2004 pour combler le fossé signalé dans le rapport Romanow au niveau du financement. Ainsi, les premiers ministres ont demandé une augmentation de trois milliards de dollars du financement fédéral pour 2004-2005, suivi d’augmentations d’un pour cent par année pour les années suivantes, jusqu’à ce que la participation fédérale atteigne 25% des dépenses provinciales et territoriales en cette matière.

Enfin, la découverte de cas de maladie de la vache folle en Alberta a occupé une large part des discussions entre premiers ministres. « Il s’agit d’une urgence. Il est prévu que si le problème n’est pas réglé avant la fin août ou le mois de septembre, l’industrie bovine sera dévastée et n’existera plus sous la forme que nous lui connaissons maintenant », d’expliquer M. Kakfwi, qui craint, à plus long terme, pour l’exportation de viande de caribou et de bœuf musqué des TNO et du Nunavut.

Les sept premiers ministres ont demandé au fédéral de mettre sur pied un programme d’aide évalué à 400 millions de dollars pour enrayer la crise qui secoue l’Alberta, la Saskatchewan et la Colombie-Britannique.
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