Cessez l'abattage aérien des loups, demande l’Office Wek'èezhìi

21 janvier 2021

Plusieurs intervenants qui ont participé à l’évaluation environnementale du controversé programme perçoivent l’abattage aérien des loups comme inefficace et couteux.

L’Office des ressources renouvelables du Wek'èezhìi recommande aux gouvernements ténois et tli?cho de ne pas poursuivre l’abattage aérien des loups dans son programme 2021-2024 pour restaurer la taille des hardes de caribous Bathurst et Bluenose-Est.

L’organisme qui mène les consultations portant sur la faune et la flore en territoire tli?cho propose plutôt que davantage de ressources soient investies dans la chasse au sol et dans le trappage des loups. Le Wek'èezhìi recommande de mieux évaluer la population des loups par surveillance aérienne. L’organisme indépendant suggère en outre de conduire des recherches sur les relations entre les caribous et les loups et sur les changements de comportements de ces derniers par le biais de récits et d’observations.

Ces recommandations ont été partagées aux gouvernements ténois et tli?cho le 8 janvier dernier. « Selon l’Accord tli?cho, les parties ont 42 jours pour accepter, modifier ou refuser les recommandations de l’Office », précise la directrice générale du Wek'èezhìi, Jody Pelissey.

 

Un grand déclin aux causes multiples

Au cours des dernières décennies, les hardes de caribous ont connu un déclin drastique. Entre 1986 et 2018, la population de la harde de caribous de Bathurst est passée de 472 000 têtes à 8 200 têtes. Quant à la harde de Bluenose-Est, entre 2010 et 2018, elle est passée de 103 000 individus à 19 300.

Une étude sur l’aire de mise bas qui devait se dérouler en juin 2020 a été annulée en raison de la COVID-19, ce qui a empêché de vérifier si la santé de la harde s’est améliorée.

Les changements climatiques — y compris les feux de forêt —, le développement minier, la chasse (aujourd’hui interdite ou restreinte) et les maladies comptent parmi les facteurs qui expliqueraient ce déclin.

On estime que chaque loup peut manger annuellement entre 23 et 29 caribous. Pour diminuer l’impact de cette prédation, des incitatifs financiers ont été mis en place pour les chasseurs en 2010, et un programme pilote d’abattage aérien s’est déroulé du 22 avril au 12 mai 2020.

L’an dernier, 15 des 31 loups abattus dans l’habitat d’hiver des caribous de Bathurst l’ont été par hélicoptère, alors que l’objectif total était fixé entre 29 et 39 loups. Du côté de la harde de Bluenose-Est, l’abattage aérien est responsable de 21 des 54 loups abattus, loin de la cible anticipée de 73 à 97 loups.

 

Préoccupations du public et constats scientifiques

« La recommandation de mettre un terme à l’abattage aérien des loups est basée sur un examen du programme pilote, conduit le printemps passé, et sur les préoccupations du public », indique la directrice générale du Wek'èezhìi.

Des groupes et des individus ont reproché à l’abattage aérien son manque d’humanité, rappelle Mme Pelissey, mais ont aussi pris en considération les constats scientifiques émanant du projet pilote.

« L’abattage aérien est assez dispendieux, ajoute Jody Pelissey, à cause du cout des hélicoptères et des exigences demandées aux chasseurs. Pour l’Office, ce n’est pas aussi efficace que l’abattage au sol. »

Dans son mémoire déposé en novembre dernier, la Première Nation de Lutsel K’e affirme que le programme est contraire au respect animal et que ses bénéfices sont hautement incertains. Au contraire, souligne l’auteur du mémoire, Glen Guthrie, nombre d’études démontrent les impacts des développements linéaires sur les populations de caribou, ce qui n’empêche pas le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest de vouloir fragmenter l’espace de la province géologique de l’Esclave avec son corridor d’accès et les mines afférentes.

Pilote de brousse spécialisé dans la recherche sur la faune et possédant plus de 30 années d’expérience dans le Nord, David Olesen assure qu’il y a si peu de loups dans les habitats d’hiver des caribous que leur chasse est une perte de temps et d’argent.

Selon les observations de M. Olesen, consignées dans le mémoire qu’il a présenté au régulateur, il aurait fallu 95 heures d’hélicoptère, à 3 000 $ de l’heure, pour abattre 36 loups, sans compter les frais de transport et de manutention des carcasses.

Selon le ministère de l’Environnement et des Ressources naturelles, le programme pilote a couté 631 000 $, dont 327 000 $ pour l’abattage aérien. Les couts ont dépassé les prévisions en raison, notamment, de la recherche et de la planification pour mettre en place le programme, ainsi que des dépenses additionnelles lors des vols, générées par la COVID-19.


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