Le succès au féminin : Cece Hodgson-McCauley

Cece Hodgson-McCauley travaille sur une machine à coudre à Tsiigehtchic en 1951. (Crédit photo : Archives TNO/fonds Bern Will Brown)

Cece Hodgson-McCauley travaille sur une machine à coudre à Tsiigehtchic en 1951. (Crédit photo : Archives TNO/fonds Bern Will Brown)

Une voix pour le Nord.

Cece Hodgson-McCauley, une femme métisse, est née à Tulita en juin 1922 près d’un poste de traite de la Baie d’Hudson. Sa mère est décédée lorsqu’elle avait six ans et elle a dû participer aux tâches ménagères avec ses 16 frères et sœurs. Peu de temps après, elle a été envoyée au pensionnat de Fort Providence pendant dix ans. Cece Hodgson-McCauley a été une pionnière du leadeurship féminin. 

 

Elle a déménagé à Inuvik en 1958 et a ouvert la première entreprise de la ville, un restaurant dans l’aéroport. Elle a été la première femme chef des Territoires du Nord-Ouest. Elle a créé le Inuvik Dene Band (chef fondatrice et chef honoraire à vie) et le Woman Warrior of the Sahtu. De plus, elle a été la présidente de la Norman Wells Land Corporation.


Cece Hodgson-McCauley aura eu une vie bien remplie, et ce jusqu’à sa dernière semaine de vie. En effet, elle a rédigé des articles d’opinion pour le journal hebdomadaire News North pendant plus de quarante ans. Elle a soumis son dernier article, un message d’adieux dans lequel elle admet être en phase terminale d’un cancer du foie, la semaine précédent sa mort, soit le 12 mars 2018 à l’âge de 95 ans.


Elle écrivait toujours avec honnêteté, même si elle savait que ses opinions pouvaient choquer. D’ailleurs, un de ses articles sur les pensionnats autochtones en 2015 avait fortement déplu à plusieurs anciens pensionnaires. Selon elle, sa décennie d’expérience à l’école Sacred Heart Mission School de Fort Providence a été la meilleure de sa vie. Elle y avait été bien nourrie et logée et elle avait reçu une bonne éducation scolaire (anglais, mathématiques) et domestique (couture, cuisine). Elle questonnait la véracité de certains témoignages négatifs concernant les pensionnats indiens, qui auraient eu pour but d’obtenir une meilleure compensation financière.


Cece Hodgson-McCauley a été une voix forte qui exprimait et défendait les besoins des citoyens des Territoires du Nord-Ouest, une voix qui a été maintes fois entendue. Sans aucune gène ni crainte, elle se manifestait lors des rassemblements, rédigeait des articles et envoyait de nombreuses lettres aux représentants gouvernementaux. Entre autres, elle se sera battue pendant des décennies pour obtenir une route qui relie les communautés de la région de Sahtu. Ironie du sort, ce projet a été annoncé par le gouvernement ténois quelques mois après sa mort. Le fils de Cece Hodgson-McCauley était présent lors de cette annonce, en mémoire de sa mère qui avait travaillé sans répit pour offrir à ces communautés un accès terrestre au réseau routier.


Cece Hodgson-McCauley était reconnue comme une personne impliquée, persévérante, infatigable et au grand cœur. Elle a travaillé toute sa vie pour ses concitoyens et les futures générations. D’ailleurs, elle leur propose, malgré les défis du Nord, de faire de leur mieux, d’agir avec lucidité, de s’éduquer adéquatement et d’oser exprimer leurs besoins auprès des autorités concernées.


Plusieurs prix lui ont été décernés en regard de son impact positif au sein de la communauté. Entre autres, elle a obtenu un prix pour ses contributions hebdomadaires dans le journal, un prix Wise Woman en 2009, un prix Indspire en politique en 2017 et un prix NWT MAX en 2018 (posthume) pour son implication dans le domaine minier. Enfin, Cece Hodgson-McCauley est manifestement un modèle autochtone féminin et une grande source d’inspiration pour les Canadiens par son inlassable travail visant à améliorer les conditions des peuples autochtones.


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