Roman : 178 secondes

21 mai 2009
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C’est le temps qu’il faut pour changer de vie, selon Katia Canciani. Cette auteure québécoise fait voyager son héros dans la francophonie canadienne en l’amenant jusqu’à Yellowknife. Une œuvre bien accueillie au dernier Salon du livre de Paris de mars.

 

Le héros est jeune, il a 18 ans. Il découvre soudain un événement familial qui le bouleverse. En 178 secondes, il s’en va. « C’était un individu bien dans son confort, il n’avait jamais osé partir », explique l’auteure.

L’individu va quitter ses habitudes pour parcourir le Canada et traverser des lieux francophones. Katia Canciani ne place pas la francophonie au cœur de son ouvrage. « L’idée de le faire voyager à travers la francophonie canadienne est un thème secondaire, dit-elle. Mais la langue lui permet de créer des liens. Car, qu’est-ce qui nous lie avec les autres? Vers qui on se tourne? Vers ceux qui parlent la même langue. »

Roland Charest, directeur général de l’Association franco-culturelle de Yellowknife, reconnaît son intérêt pour ce roman. « J’ai rencontré Katia Canciani lors d’une assemblée générale de la Fédération culturelle canadienne-française à Vancouver, dit-il. Elle m’a fait lire le chapitre dans lequel le héros est à Yellowknife et je suis curieux maintenant de connaître le début et la fin de l’histoire. » C’est d’ailleurs auprès de lui que l’écrivaine a vérifié la pertinence de ses informations sur Yellowknife. « De tous les lieux que traverse mon personnage, le seul où je ne suis pas allée, c’est le TNO, dit-elle. J’ai fait des recherches sur Internet. Quand j’ai rencontré Roland Charest, il a pu confirmer la pertinence de mes informations. »

Katia Canciani, née en 1971 au Québec, habite actuellement en Nouvelle-Écosse. À l’âge de 14 ans, elle se sent très attirée par l’aviation et, une fois admise au collège d’aviation de Chicoutimi, veut devenir pilote de brousse. En 1991 elle décroche sa licence de pilote professionnelle, devenant ainsi la première femme diplômée dans sa spécialisation.

Puis elle est devenue maman d’un premier, d’un deuxième et d’un troisième enfant. Mettant un terme à sa carrière de pilote et d’instructrice en pilotage, elle décide d’écrire.

Comment devient-on écrivaine du jour au lendemain? À cette question, Katia Canciani répond du tac au tac. « Il faut lire, pour moi la meilleure formation passe par la lecture, avoue-t-elle. Après, il faut s’asseoir et écrire. Tout ce qu’on a lu va nous nourrir dans le processus de l’écriture. »

La production littéraire de Mme Canciani est tournée vers la petite enfance, la jeunesse. Son premier roman, dont l’intrigue se déroule en Espagne. Il a été finaliste notamment pour le Prix des lecteurs de Radio-Canada.