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Littérature ténoise : « Je veux lui décrocher un emploi! » - Richard Van Camp

17 février 2011
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Une jeune artiste francoténoise a été approchée par Richard Van Camp, un auteur ténois reconnu mondialement pour illustrer des bandes dessinées.


Krystal De Neiva Mateus, une jeune artiste fort talentueuse, résidant sur la rive sud du Grand lac des Esclaves, a été approchée par l’auteur Richard Van Camp, afin de travailler de concert avec le Healthy Aboriginal Network. La jeune illustratrice a eu la chance de croiser le chemin de l’auteur lors de la visite de ce dernier à l’école primaire Joseph Burr Tyrrell, de Fort Smith, vendredi le 4 février dernier. Richard Van Camp, originaire de Fort Smith, a été impressionné par le talent et la rigueur de la jeune fille. Il veut désormais lui donner le tremplin nécessaire afin qu’elle puisse faire de ses illustrations, un gagne-pain.

« J’ai rencontré Krystal il y a deux ans, lors d’un Noël. Elle m’a montré ses dessins, j’y ai vu talent et passion. Aujourd’hui, je peux aussi y voir de la discipline », partage l’auteur, qui compte aider la jeune fille à entrer en contact avec les gens du milieu auquel il est rattaché. Déjà, le Healthy Aboriginal Network a répondu à l’appel. Le seul hic : Krystal doit apprendre le logiciel Adobe® Photoshop®. « Je vais l’acheter et l’apprendre! », s’exclame la jeune fille qui compte bien profiter de cette occasion en or.

Travaillant actuellement aux illustrations d’un autre conte pour enfants pour le compte de la Commission scolaire de division du Slave Sud (CSDSS), Krystal caresse le rêve de vivre de la publication de ses illustrations. « Je ne m’affole pas avant que ça arrive, mais je peux dire que je suis satisfaite! », confie l’artiste. Honnête et très réaliste, Krystal confie qu’elle tente de refléter ces mêmes qualités dans ses dessins : « Je suis aussi très contradictoire! J’aime beaucoup ajouter des éléments fantastiques », rigole-t-elle. Sensible, elle aime accorder de l’importance aux émotions dans son art : « Chaque personnage est très unique ». Si elle ne dédaigne pas d’illustrer les histoires dont elle n’est pas l’auteure, Krystal demeure très intègre : « Si l’histoire ne me touche pas, je ne veux pas y toucher ». Elle est d’ailleurs déjà connue pour avoir illustré des livres de Georgina Mercredi pour la CSDSS. Ces derniers ont été publiés en anglais, en cri et en chipewyan. Concernant l’importance de conserver la culture et de la respecter au fil des pages d’une histoire, Krystal affirme préférer demeurer simple : « C’est très difficile d’obtenir beaucoup d’information, parfois, et je préfère ne pas mettre trop de détails ». En plus de son poste de monitrice de langue française et de son contrat d’illustration, Krystal travaille actuellement à créer sa propre bande dessinée. Elle avoue devoir combattre sa peur chaque fois qu’elle doit exposer ses œuvres. « J’ai de moins en moins peur, mais… », laisse-t-elle tomber. Elle a d’ailleurs présenté pour la première fois certaines de ses toiles lors d’une exposition qui a eu lieu l’an dernier à la bibliothèque Centennial de Hay River. 

Richard Van Camp l’avoue aussi : « Ça prend beaucoup de courage pour exposer ses œuvres! » La semaine dernière, il était en visite à Fort Resolution, Lutselk’e, Hay River et Fort Smith pour parler aux élèves des contes, de l’importance de l’écriture, de la culture et de demeurer à l’école. Il partage : « Mon travail c’était d’exciter les élèves au sujet de l’écriture! Ça a été un succès complet! ». L’auteur, qui a l’habitude d’offrir de tels ateliers dans les écoles, en était à sa première visite dans la majorité de ces collectivités, qui pourtant, lui ont été voisines durant une grande partie de sa vie. Il est aujourd’hui résident de la ville d’Edmonton, en Alberta, mais il a amorcé sa carrière à Vancouver, en Colombie-Britannique. Ce n’est pas la première fois qu’il approche un artiste de la sorte. Son dernier livre sera tiré à plus de 10 000 exemplaires, aux Territoires du Nord-Ouest. « Je ne vois aucune raison pour laquelle Krystal ne pourrait pas faire ça de sa vie, à temps plein, et en faire une bonne vie! », s’est exclamé l’auteur, convaincu.