Intervention du ministre Dion auprès du MAINC : « C’est mon rôle »

12 juillet 2002
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Questionné sur l’implication du ministère des Affaires indiennes et du Nord Canada (MAINC) face à la Loi sur les langues officielles, le ministre Dion souhaite intervenir.

Les sections 41 et 42 de la Loi les langues officielles du Canada prévoit une collaboration interministérielle incluant 26 agences et ministères fédéraux ayant pour mandat de faire la promotion de la langue de la minorité et de produire un plan d’action et un rapport annuellement. Les organismes représentant les Francophones du Yukon, des Territoires du Nord-Ouest et du Nunavut, espèrent que le MAINC soit inclus dans cette liste.

« Historiquement, le MAINC n'était pas ouvert à notre égard. Ce sont des frustrations qui datent d’il y a longtemps. On a même perçu un problème culturel, dans l’administration du ministère, qui est très négatif face à ses responsabilités envers les langues officielles », d’expliquer Fernand Denault, président de la Fédération Franco-TéNOise.

Lors de son passage à Whitehorse, le 22 juin dernier, dans le cadre de l’Assemblée générale annuelle de la Fédération des communautés francophones et acadiennes du Canada, M. Denault est intervenu auprès de Stéphane Dion, ministre responsable d’élaborer un plan d’action sur la dualité linguistique au Canada. « Ce que l’on voulait savoir du ministre, c’est que lorsqu’il visite les ministères, pour voir à ce que chacun se responsabilise envers les communautés francophones, est-ce qu’il sentait que la porte du ministre Robert Nault se déverrouillait plus facilement »?

Plus tard dans la journée, M. Dion disait n’avoir été mis au parfum de ce dossier que lors de la rencontre de Whitehorse. « Je sais que le ministre Nault est très dynamique, c’est mon rôle d’intervenir auprès de son ministère », a déclaré le ministre Dion. Deux semaines après l’intervention de M. Denault auprès du ministre, l’adjoint au sous-ministre du MAINC, Michel Roy, n’avait pas entendu parler d’une visite de M. Dion. « À ma connaissance, il n’y a pas eu d’intervention de M. Dion jusqu’à maintenant. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’a pas parlé au ministre Nault », a-t-il soutenu.

M. Roy note une amélioration des dialogues entre le MAINC et les communautés francophones des territoires septentrionaux au cours des derniers mois. « Nous avons établi un lien plus régulier avec les trois associations francophones (Association Franco-Yukonaise, Fédération Franco-TéNOise et Association des Francophones du Nunavut). On a demandé aussi à nos bureaux régionaux de faire un effort supplémentaire en faveur de contacts avec les associations francophones. On essaie d’établir de meilleurs liens de travail entre les deux organisations ».

En fait, les communautés francophones du Nord aimeraient voir le développement économique plus présent dans l’action du MAINC. La loi constitutive du ministère lui donne d’ailleurs le mandat de veiller au développement économique des régions canadiennes n’appartenant pas à l’une ou l’autre des provinces et situées au Nord du 60e parallèle. Selon Michel Roy, cependant, le MAINC ne dispose pas d’enveloppe budgétaire à cet effet. « Si jamais nous obtenons un financement pour le développement économique du Nord, ce qu’on n’a pas présentement, on veut réserver une certaines partie, sans être des sommes faramineuses, à des projets de la communauté », a-t-il mentionné.

Déjà, la FFT sait ce qu’elle entend faire d’éventuelles enveloppes budgétaires destinées au développement économique et communautaire. Dans un énoncé remis au MAINC, on mentionne, entre autres, la construction et l’opération du centre communautaire, les activités de développement économique, l’aide financière à des activités communautaires et une compensation financière accordée à la FFT pour les coûts reliés à la création du Nunavut et à la partition du réseau associatif franco-ténois. De plus, l’énoncé de la FFT prévoit de l’aide financière et logistique au nouvel organe de développement économique franco-ténois.

« Les gens d’affaires des T.N.-O., comme ceux du Yukon et du Nunavut, se retrouvent discriminés par rapport à leurs collègues du Sud, parce qu’ils ne tombent dans le champ de juridiction d’aucune agence de développement économique, comme Diversification économique de l’Ouest, par exemple, qui s’occupe des quatre provinces de l’Ouest », de faire valoir le directeur-général de la FFT, Daniel Lamoureux.

Du côté du MAINC, on est à évaluer les impacts de l’inclusion du ministère dans la liste des 26 agences et ministères fédéraux touchés par la coordination interministérielle fédérale. « Nous prenons surtout en considération la question d’avoir cette obligation de faire rapport annuellement aux termes de la Loi sur les langues officielles. On est aussi à analyser l’impact financier de cette éventualité », signale Michel Roy.

Ce dernier s’attend à donner une réponse rapide aux trois organismes représentant la francophonie dans les trois territoires septentrionaux. « On va retourner au niveau de la Fédération et de la FCFA concernant notre position vis-à-vis la demande », de conclure celui qui s’est vu confier la tâche de mener le dossier des langues officielles au MAINC.
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