Santé publique : Vision d'un monde plus juste et en santé

30 juillet 2015
0 Commentaire(s)
L'ACSP propose un étonnant graphique illustrant la fulgurante accélération de l'emprunte humaine. (Source : Steffen W, Persson A, Deutsch L, Zalasiewicz J, Williams M, Richardson K, et al. The Anthropocene: From Global Change to Planetary Stewardship. AMBIO, 2011; 40(7):739-761.)

L'ACSP propose un étonnant graphique illustrant la fulgurante accélération de l'emprunte humaine. (Source : Steffen W, Persson A, Deutsch L, Zalasiewicz J, Williams M, Richardson K, et al. The Anthropocene: From Global Change to Planetary Stewardship. AMBIO, 2011; 40(7):739-761.)

L’Association canadienne de santé publique (ACSP) n’a pas l’autorité du pape François. Mais son lancement d’un énoncé sur le changement climatique confirme un mouvement qui passe de la sous-culture au sommet des priorités.
« Nous avons beaucoup de données sur les défis écologiques croissants, souligne le directeur général de l’association, Ian Culbert. Mais nous en savons moins sur les impacts spécifiques sur la santé. Beaucoup sont lents à accepter que notre environnement est en mutation et à embrasser les changements nécessaires pour ralentir, arrêter et inverser certains dommages.
« Certains d'entre nous ne veulent peut-être pas reconnaître que nous avons créé le problème ou simplement que le problème semble tellement immense qu’on ne sait pas par où commencer, reconnait-il. Mais de nombreux exemples de personnes et de groupes prennent des mesures significatives. Nous devons en inspirer d’autres et donner l'espoir qu’un changement de direction est possible. »
Selon le document de 30 pages publié en mai dernier[1], « le plus important déterminant de la santé des êtres humains (et des autres espèces) est la santé des systèmes terrestres. Les biens et services écosystémiques offerts par la nature sont les déterminants écologiques de la santé » : l’oxygène, l’eau, la nourriture, le carburant, les ressources naturelles, les processus d’assainissement, la couche d’ozone et le climat.
L’omniprésence dans l’écosystème de produits chimiques, de plastiques, de nanoparticules et d’OMG est causée par les technologies. Selon l’ACSP, cette nouvelle réalité a des conséquences inconnues. Elle estime que les connaissances écologiques demeurent « imprécises, fragmentaires et spéculatives ».
L’organisme rappelle toutefois certaines évidences : on est passés de sociétés rurales et agricoles à urbaines et industrielles; on connaît une croissance exponentielle de la démographie, de l’économie et des technologies.
Ce sont des phénomènes connus du Réseau du mieux-être francophone du Nord de l’Ontario. « Ici, on jouit d’une qualité de vie supérieure parce qu’on respecte l’environnement, explique la directrice générale adjointe Monique Rocheleau. Mais la surexploitation de nos ressources a un impact néfaste sur la survie des communautés francophones, qui oblige ces populations à s’éloigner vers les grands centres.
« Au rythme où l’on exploite la planète, poursuit-elle, il est impossible de penser qu’une région n’est pas affectée par les déterminants écologiques. On exploite beaucoup de richesses naturelles chez nous. Trop souvent, on ne tient pas assez compte des impacts sur la santé lorsqu’on pense au développement. »
Sa collègue Elsa St-Onge, agente de planification, explique que le Nord ontarien est convoité par des intérêts de l’extérieur. Elle évoque le projet d’oléoduc Énergie-Est et la demande de transformer une ancienne mine en dépotoir pour la Ville de Toronto.
« Jusqu’à quel point est-ce qu’on est prêt à aller pour du développement économique qui met notre santé en jeu? Des fois, on se laisse convaincre par des pressions pour la création d’emplois. Comme s’il y avait juste ça qui comptait. »
L’ACSP illustre graphiquement la fulgurante évolution de l’emprunte humaine depuis 1900. « La richesse et la technologie par elles-mêmes ne peuvent pas augmenter le bien-être, note Ian Culbert, mais elles jouent un rôle.
« Par exemple, la croissance de l'activité économique est généralement positive parce que le développement peut réduire la pauvreté dans les pays à revenu faible et intermédiaire, ce qui améliore généralement la santé des populations. Dans les pays à revenu élevé, le degré d’équité sociale est un meilleur indicateur de bien-être. »
L’ACSP lance un plan d’action à partir d’une redéfinition de la santé publique pour inclure les déterminants écologiques. Sa vision d’un monde plus juste et en santé tient compte « des processus sociaux à grande échelle ». Elle préconise notamment la livraison de soins de santé écoresponsables.
Ian Culbert explique : « On doit remettre en cause le statu quo en matière de croissance et assurer le soutien économique d’innovations sociales et technologiques. Nous devons soutenir les changements dans le respect des valeurs sociales et identifier de nouvelles mesures pour définir le progrès. »
Monique Rocheleau déplore les politiques gouvernementales actuelles. « Les notions de promotion et de sensibilisation ne sont pas à l’avant-plan. Le Nord est encore à un stage embryonnaire, faute de ressources, de sensibilisation et du manque d’engagement chez les fournisseurs de services qui traitent principalement les maladies.
« Par contre, conclut-elle, la population vieillissante est de mieux en mieux éduquée pour profiter de la promotion et prévention de la santé. Elle est plus apte à comprendre le lien entre les déterminants écologiques et leur impact sur chaque individu. »

[1] Il s’agit d’un résumé d’une recherche de 350 pages intitulé Les changements globaux de santé publique : qu’en est-il des déterminants écologiques? Disponible à l’adresse www.cpha.ca.


 


Changer de ville
Sondage
L'Aquilone, 5 publications au féminin! Comment avez-vous réagi au changement de nom de L'Aquilon durant le mois de mars?

Voir tous les résultats des sondages