Nordicité : Vers la robotisation

19 décembre 2013
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Un des principaux constats dressés lors de la 9e réunion scientifique annuelle d'Artic Net a été la nécessité de robotiser la recherche dans le Nord, que ce soit dans les airs ou au sol.

Quelque 500 personnes s'étaient réunies à Halifax entre le 9 et le 13 décembre, principalement des Canadiens, mais aussi des représentants japonais, français et allemands du secteur privé voulant faire du partenariat avec le réseau de scientifiques et de gestionnaires d'Arctic Net. À travers le cycle de conférences aux sujets variés, allant de la diététique au pergélisol, les chercheurs identifient chaque année une lacune particulière dans le savoir. « Une des choses qui est ressortie cette année, soulève Martin Fortier, directeur général d'Arctic Net, c'est la nécessité de développer de nouvelles plates-formes d'observation. Nous avons déjà des satellites, mais nous voulons développer des Unmanned Aerial vehicule, [des drones] et les utiliser pour la surveillance des caribous, mais aussi pour des mammifères marins, la sécurité et les situations liées à l'environnement. La plupart des spécialistes arctiques s'accordent à dire que l'Arctique, avec ses grands espaces, devient un terrain d'essai et de déploiement de technologie. Il faut robotiser la recherche dans les airs et dans l'océan. Et le Canada a du retard dans ce domaine. »
L'autre fait saillant du colloque a été, selon Martin Fortier, la nécessité de poser des gestes concrets pour aider les Inuits à accéder au même niveau de santé que le reste des Canadiens, au lieu de stagner dans le constat de santé inquiétant.
La réunion scientifique a eu lieu peu après la présentation des prétentions territoriales du Canada à la Commission des limites du plateau continental de l'Organisation des Nations Unies, prétentions comprenant la possession du Pôle Nord. « Nous avons largement abordé le sujet à Halifax, concède Martin Fortier. Mais la position du Canada est avant tout symbolique; la dorsale de Lomonossov, à laquelle est rattaché le Pôle Nord, est une formation basaltique récente comprenant peu de ressources naturelles. » Le Nord est une nouvelle frontière économique, avoue le directeur d'Arctic Net, mais la géopolitique y est peu présente. Il y a des prises de position, mais rien qui ne mène à des conflits.

Éducation
Arctic Net est souvent perçu comme une organisation du Sud cherchant à régir le Nord, et le choix d'Halifax - un des points les plus au sud du Canada si on exclu le parc national du Cap Pélé - comme site de réunion a peu fait pour corriger le tir. « Rien n'est plus faux, corrige le directeur général de l'organisme; la recherche se fait avec les collectivités et les décideurs du Nord. » Le concept d'une université nordique refait souvent surface; sans s'y opposer, Martin Fortier explique que la chose s'avère problématique d'un point de vue logistique, avec la dispersion des collectivités sur un immense territoire entre le Labrador et le Yukon. « Aujourd'hui dit-il, avec les vidéoconférences et les technologies de l'information, nous pouvons faire beaucoup d'éducation. Et il faut de toute façon revoir le système d'éducation avant l'université. »
À ce propos, Arctic Net a remis 1M$ en prix à trois groupements de chercheurs travaillant avec les Inuits, dont un au Comité national sur la scolarisation des Inuits et au Centre national Amaujaq pour leur Stratégie nationale sur la scolarisation des Inuits touchant toutes les collectivités du pays. Avec ce prix, souligne Martin Fortier, nous avons voulu mettre l'accent sur le rôle des parents. L'éducation fonctionne moins bien lorsque les responsabilités n'incombent qu'à l'éducateur. Son succès découle aussi de facteurs extrascolaires comme la paix familiale, la nutrition et l'intimité. »
 


Tous les commentaires (1)

Écrit par Alain Bessette, 20 décembre 2013, 10 h 18
Quelle perte de temps! Tout ça se fait à leur profit et non au profit des populations locales. Comme les compagnies minières du Sud, ces chercheurs... de subventions utilisent le Nord à leurs fins. Le colonialisme en pleine action. Alain