Projet géothermique à Fort Liard : Une première au Canada

28 juin 2012
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Présentation de la future centrale géothermique qui sera implantée à Fort Liard. (Courtoisie de Borealis GeoPower)

Présentation de la future centrale géothermique qui sera implantée à Fort Liard. (Courtoisie de Borealis GeoPower)

L’entreprise Borealis GeoPower vient d’obtenir un permis d’exploitation du sol et de l’eau pour son projet énergétique à Fort Liard. Une initiative toute nouvelle dans le domaine de la géothermie.

La Commission de l’eau et du territoire de la vallée du Mackenzie a remis, le 25 juin dernier, le tout premier permis d’exploitation du sol et de l’eau à des fins de géothermie aux Territoires du Nord-Ouest. Ce permis permettra à la compagnie Borealis GeoPower d’implanter une centrale géothermique dans le hameau de Fort Liard. Cette initiative est possible grâce au partenariat de l’entreprise et de la Nation autochtone Acho Dene Koe.
« Notre but est d’amener la collectivité de Fort Liard à se défaire de son système énergétique au diesel », explique Craig Dunn, géologue en chef pour Borealis GeoPower.
Le permis d’utilisation des terres est valide de juin 2012 à juin 2017 et devrait couvrir le forage des puits de production et d’injection ainsi que les opérations de la centrale. Quant à lui, le permis d’utilisation de l’eau s’étend de juin 2012 à juin 2022 et couvre l’usage et le rejet des eaux usées. Ce projet est l’aboutissement de plusieurs partenariats entre l’entreprise énergétique et la Nation autochtone de Fort Liard, mais également avec la compagnie Power Corporation des Territoires du Nord-Ouest (NTPC), le ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles des Territoires du Nord-Ouest (MENR) et le Fonds canadien pour l’énergie propre.
« Nous travaillons à ce projet depuis un peu plus de trois ans et demi maintenant. Nos premières discussions ont eu lieu avec la Nation Acho Dene Koe à Ottawa. Nous étions préoccupés par leur utilisation du diesel qui est très coûteux pour une collectivité aussi éloignée », affirme M. Dunn.
En effet, la centrale géothermique fournira 600 kilowatts d’électricité à la collectivité de Fort Liard, qui compte environ 160 résidences.

S’éclairer grâce à la chaleur du sol
Avant d’établir un système énergétique de ce genre, il faut d’abord étudier la capacité des sols à fournir une quantité suffisante de chaleur. À Fort Liard, les géologues de Borealis GeoPower ont enregistré une température moyenne qui se situe entre 35 et 47 degrés Celsius par kilomètre de profondeur et une source prouvée de 184 degrés Celsius à 4579 mètres.
« Nous faisons remonter l’eau chaude à la surface, générant ainsi de l’électricité au moyen de turbines et ensuite nous recyclons cette eau vers le sol pour qu’elle soit chauffée à nouveau. On parle donc ainsi d’énergie renouvelable », confirme Craig Dunn.
L’entreprise de géothermie Borealis GeoPower a la chance d’être en bons termes avec la Nation autochtone de Fort Liard. Le projet de centrale, dont la construction devrait débuter d’ici l’hiver 2012-2013, servira d’exemple pour les autres collectivités éloignées du Nord.
« Si nous sommes capables de le faire une première fois (en parlant de la centrale géothermique) et de montrer que c’est une source viable et propre d’énergie qui est beaucoup moins coûteuse que le diesel, le projet pourrait s’exporter ailleurs », mentionne le géologue en chef.
Il ajoute que plusieurs collectivités seraient de bonnes candidates à la géothermie, selon leurs recherches. Celles qui font la production de gaz sont plus propices à un forage sans risque.