Récompenses féminines : Une femme près de la rue

Le 8 mars 2017, Lydia Bardak reçoit, avec cinq autres femmes, le prix Wise Women des TNO. (Crédit photo : Sandra Inniss)

Le 8 mars 2017, Lydia Bardak reçoit, avec cinq autres femmes, le prix Wise Women des TNO. (Crédit photo : Sandra Inniss)

Son implication a été reconnue lors de la Journée internationale des femmes, à l’occasion de la remise des prix Wise Women 2017 du Conseil sur la condition de la femme des Territoires du Nord-Ouest. Lydia Bardak partage sa vie avec les personnes qui vivent dans les rues de Yellowknife.
 

Elle se rappelle d’un professeur qui lui a dit, un jour, il y a seulement deux façons de changer le monde : l’amour et la haine. « Nous avons besoin de plus d’amour, de tolérance et de patience et ça commence avec des choses simples », explique Lydia Bardak.


Prendre le temps, dire bonjour, sourire à quelqu’un.


Pour elle, soutenir les personnes qui vivent dans la rue, ce n’est pas de l’ordre du volontariat. « C’est juste d’aller marcher. Ça te prend quelques minutes. Honnêtement, parfois il n’y a rien que je puisse faire. Mais juste partager un fou rire ou un sourire... »


Lorsque Lorraine Phaneuf du Conseil sur la condition de la femme des Territoires du Nord-Ouest lui téléphone, elle croit qu’une des personnes qu’elle a elle-même mises en candidature a gagné. « J’étais tellement heureuse. Et elle m’a dit : “non, TU as gagné”. Quoi? Ce fut un gros choc pour moi, parce que j’avais recommandé deux autres femmes », raconte Mme Bardak.


C’est Lynn Brooks, récipiendaire du prix en 2009, qui propose sa candidature avec une cosignataire, Barbara Barnet, une bonne amie de Mme Bardak.


Un prix important, de l’avis de la nouvelle récipiendaire, parce qu’il souligne les figures de leadership féminin, souvent en arrière scène. Humble, elle ne fait toutefois pas référence à son travail, mais plutôt, de manière générale, à toutes ces femmes qui créent du changement bénévolement dans leur communauté.

Mère des rues
Sortir les vendredis et samedis soirs a fait partie du quotidien de cette femme pour diriger des âmes vers un taxi afin qu’elles se rendent à la maison ou au refuge. Elle a d’ailleurs mis en place une équipe de citoyens-répondants, qui allaient volontairement en paire marcher dans le centre-ville.


Elle raconte : « On était le plus occupés entre 17 h et 19 h le soir, quand il y avait un manque de service, parce qu’aucun des refuges n’était ouvert à cette heure-là. On allait à la bibliothèque, au bureau de poste, au centre d’achats et on interagissait avec les gens, pour aider à garder les choses calmes en quelque sorte. Aux alentours de 19 h, on marchait vers l’Armée du salut et amenait tout le monde pour s’assurer qu’ils arrivent à temps pour leur souper. »
Ce qu’elle fait encore aujourd’hui, vivant au centre-ville de Yellowknife. Lors d’une pause de travail, elle sort quelques minutes pour se dégourdir, passe au centre d’achats, par la bibliothèque : « je parle avec des gens et ça me donne un peu d’exercice et ça change l’air. Si je peux aider quelqu’un, tant mieux. »

Parcours de vie
Lydia Bardak a de nombreuses années d’expérience de travail auprès de personnes handicapées et a été directrice de la Société John Howard pendant 12 ans.


Elle a fait ses études à l’Université d’Alberta, où elle s’est impliquée bénévolement. « Nous faisions des lectures et des enregistrements pour les étudiants aveugles. Il n’y avait pas de ebooks encore, à cette époque. Alors j’ai fait l’enregistrement des manuels volontairement. »


À cet endroit, elle rencontre une femme qui travaille pour l’Institut national canadien pour les aveugles, qui devient une source d’inspiration. Elle était éducatrice en orientation et mobilité et « montrait aux personnes aveugles à utiliser leur canne blanche ». Peu de temps après, Lydia deviendra elle-même éducatrice, en partie à Yellowknife.


Après d’autres projets ailleurs au Canada, elle décide de revenir aux Territoires du Nord-Ouest et offre ses services à titre de bénévole à la John Howard Society. ?« Le directeur en poste partait, alors le conseil d’administration m’a demandé si je voulais prendre le poste et j’ai pensé que je pourrais le faire pour quelques mois, mais ça a duré 12 ans. » Comme directrice de la société, sa passion était d’offrir du service de première ligne.


Selon elle, son rôle en tant que leader était davantage de sensibiliser la population, d’aider les personnes à prendre responsabilité de leurs actes tout en évitant un dossier criminel, de trouver des solutions hors cour.


Sa compréhension des déficiences physiques et mentales teinte son approche d’intervention auprès des personnes de la rue : « Plusieurs personnes regardent les gens dans la rue, hochant la tête, décrivant des comportements bruyants, odieux, etc. Je vois des handicaps qui sont si flagrants et me demande comment on peut servir notre population vulnérable, qui vit avec des déficiences, aussi mal? Et les blâmer ? »

Donner sans limite?
« Pour faire ce type de travail, on doit prendre soin de soi. On doit aussi avoir quelqu’un à qui parler, parce que parfois, les histoires sont très lourdes et les personnes ont des vies tragiques, alors c’est important de pouvoir se tourner vers un collègue ou un ami pour en parler », explique Lydia Bardak.


Elle décrit ses activités bénévoles ailleurs que dans la rue comme étant un loisir : « Je suis membre du Rotary Club de Yellowknife et du NACC, ça me donne un bon équilibre avec la rue. »


Ajouter un commentaire
Vous désirez laisser un commentaire en tant que : Anonyme
Mon compte

Politique des commentaires

L'Aquilon désire encourager des débats intelligents et respectueux entre les utilisateurs de son site Web. Nous voulons créer une plateforme où divers points de vue et opinions peuvent être exprimés sur une vaste variété de sujets.

Cependant, nous avons décidé d'établir un mécanisme de modération complète. Ainsi, tout commentaire est lu et évalué par un modérateur avant d'être mis en ligne sur le site. La modération est effectuée par les membres du personnel de L'Aquilon, selon un horaire variable. Un délai plus ou moins long peut survenir entre l'envoi d'un commentaire et son autorisation.

D'emblée, tous les articles produits par les membres du personnel et par nos pigistes permettront aux lecteurs d'émettre un ou des commentaires. Cependant, il est possible que l'option de commentaire soit désactivée en raison d'un manque de disponibilité pour effectuer la modération ou lorsqu'un article perd de son actualité.

Voici les paramètres qui guideront les modérateurs : - Éviter tout propos discriminatoire, en suivant les principes de la Charte canadienne des droits de la personne. - Éviter tout propos qui constituerait du libelle ou pourrait être perçu comme étant diffamatoire.

- Éviter le langage abusif, les injures ou les insultes

En acceptant les termes de cette politique des commentaires, vous reconnaissez que le journal ne peut être tenu responsable pour la publication de vos commentaires.

Seuls les usagers inscrits et acceptant la politique des commentaires peuvent émettre un commentaire.