Fracturation hydraulique : Une absence criante

18 juin 2015
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Au moins lors de la séance en français, Suzette Montreuil a pu poser ses questions. (Photo: Denis Lord)

Au moins lors de la séance en français, Suzette Montreuil a pu poser ses questions. (Photo: Denis Lord)

L'approche volontaire sur la nature des produits chimiques n'est pas souhaitable
 

Seulement deux citoyens ont assisté à la consultation sur la réglementation sur la fracturation hydraulique organisée à Yellowknife par le ministère de l'Industrie, du Tourisme et de l'Investissement (le MITI) le 16 juin.
Megan Holsapple, du département des politiques, planification et communications du MITI s'est dite déçue de cette faible représentation. Elle rappelle que des affiches ont été placardées à Yellowknife pour annoncer l'événement et que des publicités ont été diffusées dans L'Aquilon le 8 mai et les 5 et 12 juin.
Il est vrai que dans ces publicités et affiches, l'expression « fracturation hydraulique » apparaissait loin dans le texte et en petits caractères. Le fait qu'il s'agit d'une audience publique en français est annoncé dans l'avant dernier paragraphe.
Mais, volontaire ou non, l'étrangeté de cette publicité explique-t-elle à elle seule l'absence de la communauté francophone à la consultation? L'information a été diffusée à plusieurs reprises à Radio Taïga et l'événement a été annoncé sur le site Internet de ITI. Selon CBC, environ 125 personnes - dont au moins deux francophones - s'étaient rendues la journée précédente à la consultation en anglais.
Le directeur général de la Fédération franco-ténoise, Jean de Dieu Tuyishime, n'a pas voulu commenter l'absence de francophones à la consultation puisqu'il n'y était pas lui-même. Il a par contre mentionné que lorsqu'une telle information est adressée à la FFT, celle-ci la redistribue dans son propre réseau. Ça avait été le cas pour une consultation sur l'avenir du transport au TNO, note M. Tuyishime, qui avait rassemblé une vingtaine de personnes. Il est vrai que ça avait été une consultation bilingue.

Inquiétudes
La présidente de la Commission scolaire des Territoires du Nord-Ouest, Suzette Montreuil, avait assisté à la consultation en anglais, mais étant donné la longueur alléguée de la présentation gouvernementale et le nombre d'intervenants, elle n'avait pas eu l'occasion de s'y exprimer.
Le 16 juin, Mme Montreuil a eu fort à faire pour qu'on ne lui impose pas une seconde présentation gouvernementale. Elle a pour l'essentiel cité une recherche sur la fracturation hydraulique émanant du Conseil des académies canadiennes. Selon cette dernière, la recherche sur les impacts de la fracturation n'a pas suivi la même courbe exponentielle que son utilisation. « Il y a beaucoup de préoccupations sur la dégradation des eaux souterraines et les gaz à effet de serre, a dit Mme Montreuil. Il y a aussi un manque de surveillance méthodique sur les fuites de gaz. »
À cette consultation où se trouvaient 11 membres du gouvernement en plus d'un traducteur, Mme Montreuil a en outre demandé à ce qu'on tienne compte des effets régionaux et cumulatifs de la fracturation. Elle s'est objectée à ce que les pétrolières ne divulguent qu'au régulateur la nature des produits chimiques utilisés dans la fracturation. « L'approche volontaire n'est pas un fonctionnement souhaitable », a-t-elle souligné.

Rassembler les informations
Lorsque les consultations seront terminées, les commentaires exprimés seront colligés et analysés pour finaliser la réglementation, a écrit Megan Holsapple.
Par voie de communiqué, le chef de la Nation dénée Bill Erasmus, a critiqué le processus de consultation. « Ça a été vu par la plupart des participants [à la consultation en anglais du 15 juin] comme une approche non signifiante, a-t-il dit. Le sentiment général était que la décision de faire de la fracturation était déjà prise. » M. Erasmus a de plus déploré que les citoyens ont dû attendre trop longtemps après les représentants du gouvernement avant de pouvoir s'exprimer.
Le Comité permanent sur le développement économique et les infrastructures a remis en juin un rapport à l'assemblée législative sur le plan de réglementations sur la fracturation hydraulique. « Nous l'avons eu la semaine dernière et nous n'avons pas eu le temps de l'analyser, a dit lors de la consultation en français le directeur la division des pétrolières du MITI, Menzie McEachern. Nous le commenterons confidentiellement pour le ministère, qui décidera de la réponse publique à faire. »
Le travail du Comité permanent n'est pas terminé et son rapport de contient pas de recommandations ni de position officielle. Il contient par contre nombre de commentaires et d'interrogations sur le projet de loi.