Chronique chasse et pêche : Un quart de pouce trop petit pour être dans le livre

29 octobre 2015
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Photo Great Slave Lake safaris.

Photo Great Slave Lake safaris.


Le grizzly est sans aucun doute l’animal le plus redoutable de nos forêts. Avoir le privilège d’exercer la chasse parmi ce dangereux prédateur est une aventure en soit. D’ailleurs, entre chasseurs, il est fréquent d’échanger nos exploits afin de rendre cette cohabitation encore plus spectaculaire. Ayant moi-même vécu l’expérience d’un grizzly qui vous « charge », je peux vous confirmer que le tempérament explosif du grizzly de montagne est un facteur à considérer. Une fois de plus, l’action de cette aventure se déroule dans les monts Mackenzie et cette fois-ci, le mouflon de Dall est notre objectif premier.
Accompagné de François Tremblay, nous avions établi notre camp de chasse au sommet d’une montagne afin de pouvoir maximiser la visibilité et l’accès aux montagnes ciblées. C’est dans ces montagnes qu’il m’avait été possible de récolter mon mouflon de Dall en 2014, soit l’automne dernier. Nous avions commencé notre séjour en montagne sous une pluie légère et continue. Ces précipitations ont été constantes pendant trois jours pour laisser peu de place au confort… Toutefois, le paysage et l’interaction avec la vie sauvage compensaient largement nos petits caprices. D’ailleurs, à l’aide d’une lunette d’observation, nous avions débusqué plusieurs grizzlys aux alentours de notre campement. Cette soudaine motivation était causée par un énorme grizzly qui nous avait été possible d’observer la veille. Puisque plusieurs kilomètres en montagnes nous séparaient de lui, nous avions décidé de laisser passer la nuit pour profiter d’une pleine journée.
Chose faite, nous voilà tout près de l’endroit fréquenté par notre prédateur géant et au même instant, je regarde de l’autre côté de la vallée et j’aperçois plusieurs mouflons de Dall. Nous voici donc émerveillés face aux fantômes des montagnes et le focus est maintenant sur les mouflons. C’est à ce moment précis que j’ai le sentiment de devoir regarder derrière nous… pour apercevoir le géant! Le voici positionné à environ 50 verges de nous! En d’autres termes, le grizzly convoité est tellement proche de nous qu’il est impossible d’effectuer un tir sans nous mettre en danger. L’animal pourrait charger, il n’y a pas de chance à prendre. Nous devons attendre qu’il soit suffisamment éloigné pour l’abattre. Le voilà maintenant à 100 verges et c’est sous un rush d’adrénaline et un deuxième coup de feu qu’il s’écroule.
C’est sans aucun doute que nous pensions que notre grizzly était assez gros pour faire le livre des records. Tout au long, entre le moment où il a été abattu et celui où il nous a été possible de le mesurer, la cette certitude était inébranlable. Malheureusement, le crâne de mon grizzly mesurait 22 1/4 pouces ce qui représente 1/4 de pouce sous la norme des 23 pouces pour entrer dans le livre. Si proche de concrétiser l’accomplissement tant convoité par les chasseurs. Néanmoins, cent livres de viande ont été prélevées de l’animal et je garderais en mémoire ces instants rocambolesques pour le reste de mes jours.
Un petit rappel : Pour les résidents des Territoires du Nord-Ouest, il est interdit d’abattre une femelle grizzly en compagnie d’oursons.