Politiques d’admission scolaire : Trois classes de citoyens francophones dans les territoires

Simon Cloutier, Président de la CSFTNO. (Sandra Inniss)

Simon Cloutier, Président de la CSFTNO. (Sandra Inniss)

Au Nunavut
Lequel des trois territoires possède la pire politique d’admission scolaire, pour les francophones ?

Luc Brisebois est catégorique.
« On est doublement minoritaires et des citoyens de 3e classe, déclare le président de la Commission scolaire francophone du Nunavut (CSFN). On a la politique la plus stricte du pays.


« La décision a été prise en juillet par le Cabinet au complet : en plus des ayants droit, seulement les enfants d’immigrants francophones seront admis. On a présenté nos objections plusieurs fois, on a demandé de pouvoir faire des exceptions. Mais le gouvernement trouve inacceptable l’entrée de non-ayants droit chez nous. »


La CSFN possède une seule école élémentaire au Nunavut et tente d’obtenir un programme de secondaire en français. « La tendance au pays est de relaxer sur les admissions et de faire confiance aux conseils scolaires, note-t-il. Même la politique des Territoires du Nord-Ouest est plus ouverte que la nôtre. »


Aux Territoires du Nord-Ouest
Pour sa part, la CSFTNO se dit extrêmement déçue de la directive ministérielle annoncée mi-août par le gouvernement territorial.


La directive permet l’accès aux non-ayants droit qui sont des immigrants francophones ou allophones et les enfants des générations perdues (jusqu’aux grands-parents).


Elle nie toutefois l’accès aux francophiles ayant appris le français à l’école d’immersion ou à l’université.
Le Ministère peut aussi refuser l’admission des non-ayants droit si la capacité de l’école française dépasse les 85 %, une mesure que la CSFTNO juge discriminatoire.


« Malgré certaines avancées, cette directive continue de limiter la croissance de nos écoles, regrette le président Simon Cloutier. Le processus d’admission est toujours aussi lourd et compliqué.


« Dans les écoles de la majorité, le processus prend quelques minutes. Dans nos écoles (à Yellowknife et à Hay River), l’admission prend trois semaines. Ça décourage les parents. »


Au Yukon
Le gouvernement a annoncé le 30 août la dévolution de son autorité en matière d’admission à la Commission scolaire francophone, dont l’école est à Whitehorse, comme c’est la pratique dans la plupart des provinces.


La Cour suprême du Canada a décrété l’an dernier, dans une contestation de la CSFY, que les provinces et territoires ont pleine autorité en matière d’admission scolaire, mais que cette autorité peut se déléguer. Les négociations ont repris sur cette base dans les trois territoires.


«Un développement très positif, souligne le directeur général Marc Champagne, on est très heureux que ce soit réglé. On va maintenant continuer à travailler sur un projet d’école secondaire qui nous tiendra bien occupés. »

La CSFY devra rendre des comptes annuellement dans les quatre catégories d’exception : les enfants francophones de familles de citoyenneté non canadienne, ceux ayant des grands-parents francophones, les immigrants apprenant le français comme langue première et les enfants de citoyens qui choisissent de s’intégrer à la communauté francophone.


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