Opération NUNALIVUT : Survivre en Extrême-Arctique

Ranger Matthew Manik (Crédit photo : Sandra Inniss)

Ranger Matthew Manik (Crédit photo : Sandra Inniss)

Les Rangers canadiens transmettent leurs connaissances relatives à la survie en Extrême-Arctique dans le cadre de l’opération NUNALIVUT, qui se déroule en partie à Resolute Bay, au Nunavut, du 23 février au 10 mars 2017.
 

Originaire de Resolute Bay, Joe Amarualik est Ranger depuis 30 ans. Il est les yeux et les oreilles des militaires, à temps partiel. Le reste du temps, il travaille pour le hameau où il s’occupe du déneigement.


Pour l’opération NUNALIVUT, son mandat principal est le contrôle des prédateurs : il surveille les ours polaires.
C’est effectivement courant d'en apercevoir dans les environs de cette collectivité de presque 200 résidents.
« Il y a quelques petits avec leurs mères et un gros ours, de l’autre côté de la colline. L’autre jour on en a vu un glisser... », raconte le Capitaine Gary Johnson, qui vit à Resolute Bay quelques mois par année.


« [Je] m’assure qu’ils ne viennent pas sur le campement, explique Joe Amarualik. Je dois garder les personnes en sécurité, repousser les ours polaires loin du campement en motoneige. »


Il dit aimer être Ranger, parce que ça lui permet de faire quelque chose de différent de sa routine, avec différentes personnes.

Construire un igloo, dans son « paradis gelé »
À Crystal City, un site d’entrainement de survie en Arctique, Ranger Matthew Manik, construit un igloo.
Son rôle est de transmettre son savoir, acquis en grandissant dans le hameau de Resolute Bay. Il participe aux entrainements de survie des militaires et les escorte lors de leurs opérations dans la région.
« Il faut trouver le bon type de neige, tu la veux moyennement dure. C’est plus facile à travailler et ça coupe bien le vent. » Un travail intensif qui prend une journée entière.


Combien de temps on peut rester dans un igloo? « Ça dépend combien de temps tu veux y rester », répond-il, simplement.


Ce qu’il préfère dans le fait d’être Ranger c’est d’être à l’extérieur, partir à l’aventure pour de longs voyages. Son rôle est important : « Pour les militaires, je ne pense pas qu’ils puissent aller où que ce soit sans nous. Pour les gens de la communauté, on fait plusieurs choses. On apporte de la nourriture qu’on attrape pour eux. Phoques et caribous. C’est à peu près ça. »

Un brin d’histoire
Resolute Bay se situe sur l’île Cornwallis au Nunavut. Il s’agit de la deuxième collectivité la plus au nord au Canada, après Grise Fiord, à quelques 300 km de là.


Ces deux collectivités voient le jour dans les années 50 en raison d’une sombre histoire, alors que des habitants d’Inukjuak et de Pond Inlet sont déplacés par le gouvernement canadien pour assurer la souveraineté du pays.
Ce sera le 18 août 2010 que le ministre des Affaires indiennes et du Nord canadien, John Duncan, présentera ses excuses au nom du gouvernement canadien pour avoir procédé à la réinstallation de ces collectivités inuites. Le film documentaire de Marquise Lepage, Martha qui vient du froid, contribue grandement à sensibiliser les Canadiens à ce sujet.

Accès au territoire
Pour réaliser l’opération NUNALIVUT, les Forces doivent faire parvenir un avis aux communautés locales pour les aviser du plan des exercices (incluant le lieu, la date, l’activité, la durée). Les Forces coordonnent l’organisation en gardant contact avec les gouvernements municipal et territorial.


De plus, les militaires s’assurent de ne pas troubler la capacité des communautés à exercer leurs droits de chasse, de pêche et d’exploitation minière, tel que l’explique le major Conrad Schubert de Force opérationnelle interarmées (Nord). Une fois l’opération terminée, ils doivent veiller à ne rien laisser derrière. Le territoire doit être impeccable.


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