Profil rural des TNO : Réajuster le tir

28 mars 2003
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L’équipe de recherche du Secrétariat rural a réévalué les statistiques de 1991 et de 1996 de Statistiques Canada pour les Territoires du Nord-Ouest. Le profil rural des TNO présente un premier constat : la population des TNO a vieilli au cours de cette période. Les données touchant la population, l’économie, les indicateurs sociaux et la santé permettent de dresser un portrait plus juste des TNO.

L’équipe de chercheurs a dû redéfinir la ruralité et l’urbanité pour une région peu peuplée comme les TNO. Trois zones ont été identifiées. La première comprend une population de 5000 personnes et plus. La deuxième est comprise entre 1000 et 5000 personnes. Les régions de 1000 personnes et moins constituent la troisième zone. Ce réajustement a permis de comparer les trois zones de population et de déterminer les grandes tendances statistiques.

Les résidents de la zone 1 ont été les plus fortunés au cours de la période recensée. Le taux d’emploi a été très élevé et le taux de chômage très bas. L’inverse se produit dans la zone 3, tandis que la population dépend beaucoup plus de la sécurité du revenu. Du côté de la population, le nombre d’habitants des régions de la zone 3 n’a pas augmenté à la même vitesse que celui des régions de la zone 1. Le secteur de la santé a fait aussi des laissés-pour-compte dans les zones rurales de type 3 : il y a beaucoup moins de spécialistes des soins de santé par habitants dans les petites communautés de 1000 personnes et moins que dans les grands centres de 5000 personnes et plus.

Population

La croissance de la population entre 1991 et 1996 s’est surtout fait remarquer dans les centres urbains, comme Yellowknife, avec une augmentation de la population de 13,8%. Dans l’ensemble du territoire, cette croissance a représenté 3322 personnes, soit une augmentation de 9,2%. La croissance des régions rurales et semi-rurales s’est maintenue autour de 6%.

La population des TNO vieilli. La population âgée de 65 ans et plus est passée de 3,3% à 3,4% entre 1991 et 1996, tandis que celle des gens de 29 à 64 ans a augmenté de 3,5%, passant de 39,7% à 43,2%. Par contre, le taux de natalité a été plus élevé en régions rurales, augmentant légèrement entre 1991 à 1996.

Économie

Un taux de chômage peu élevé et un taux d’emploi en bonne santé en zone 1 sont deux caractéristiques notée au cours de la période recensée. Dans les zones rurales, le taux de chômage est élevé. Plus de 20 % des gens aptes à travailler en régions rurales étaient sans emploi en 1996. L’industrie primaire est l’employeur le plus important des zones rurales.

Plus du trois-quarts (80%) de la population active de la zone 1 avait un emploi en 1996, tandis que ce pourcentage était en chute libre (51,9%) dans la zone 3. Du côté des revenus, le salaire moyen des résidents de la zone 1 était, en 1996, de 39 086 $, tandis qu’il était de 20 453 $ pour les habitants de la zone 3.

C’est la fonction publique qui a employé le plus de gens aux TNO en 1996. Plus du cinquième des emplois aux TNO était offerts par le gouvernement, suivi par l’industrie des mines (5,2%) et des services (4,3%).

Les grandes tendances révèlent que plus une personne habite une région rurale, plus sa situation économique est mauvaise, ce qui est contraire au reste du pays. À la lumière de ces statistiques, le document indique que les disparités économiques entre les régions rurales et les zones urbaines des TNO sont importantes.

Indicateurs sociaux

Les familles monoparentales sont plus nombreuses dans les régions rurales et isolées des TNO. Côté éducation, les résidents des régions urbaines sont plus éduqués que ceux qui sont issus des zones rurales. En 1996, plus de 60% de la population de cette région n’avait pas de diplôme d’études secondaires. Il y a plus d’enseignants par habitant en zone 3 qu’en zone 1.

Les résidents des régions urbaines dépensent beaucoup plus pour se loger que les résidents des régions rurales. Les habitants de la zone 2 peuvent débourser plus de 30% de leurs revenus pour se loger. En général, les avantages sociaux en régions rurales sont plus importants que ceux en zone urbaine.

Santé

Il n’y a pas beaucoup de spécialistes des soins de santé dans les zones rurales. Le ratio spécialistes/habitants est plus faible que dans les zones urbaines. Les gens des communautés isolées ont également à voyager beaucoup plus pour recevoir des soins de santé. En 1991, il y avait en moyenne 24,4 travailleurs de la santé pour 1000 habitants dans la zone 1. En 1996, ce nombre s’élevait à 26. En zone 3, ce nombre de spécialistes pour 1000 habitants était de 8,3 en 1991 et de 11,9 en 1996. Même en augmentation aux TNO, le nombre de spécialistes en zones rurales demeure peu élevé.