Jeux du Canada : Pourquoi pas nous?

04 février 2016
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La délégation des TNO aux Jeux de 2013 à Sherbrooke. (Archives L'Aquilon)

La délégation des TNO aux Jeux de 2013 à Sherbrooke. (Archives L'Aquilon)

La ville de Yellowknife se demande si elle pourrait accueillir les Jeux d’hiver du Canada en 2023.
 

Durant ce mois de février, le Conseil municipal de Yellowknife va décider s’il appuie où non l’organisation des 29e Jeux du Canada dans la capitale ténoise. Informés par un Comité de travail mis en place en février 2015, les conseillers municipaux vont évaluer les risques et les avantages de cet événement dont le coût est estimé actuellement à 76,8 millions de dollars (50,3 millions de dollars pour les Jeux + 26,5 millions de dollars pour le village des athlètes + la construction d’une nouvelle piscine déjà planifiée).
Le comité de travail a récemment présenté son rapport au public mettant l’accent sur la possibilité d’accueillir les Jeux. Dans leur présentation, le comité répond à la question « Peut-on le faire? » en citant Hannibal à la première personne du pluriel pour être plus inclusif : « Nous trouverons le chemin, ou nous tracerons le nôtre. » Le rapport souligne en effet l’importance de faire preuve d’unité au sein des acteurs locaux, municipaux, territoriaux et fédéraux, pour qu’une ville de la taille de Yellowknife (23 000 personnes estimées en 2023) puisse accueillir les Jeux du Canada avec succès.
Si la capitale ténoise a déjà organisé cinq Jeux de l’Arctique, c’est la première fois depuis ses débuts en 1967 que le Comité des Jeux du Canada propose aux TNO d’organiser les Jeux d’hiver. Une opportunité, selon le Comité de travail, qui ne se représentera pas avant 30 ans.

Un événement bilingue
Le seul représentant francophone qui siège au comité de travail est le directeur du Conseil de développement économique des Territoires du Nord-Ouest, Antoine Gagnon. Ce dernier assure que c’est pour obtenir une représentation francophone que le Comité de travail l’a approché. Les jeux du Canada étant un événement officiellement bilingue, Antoine Gagnon estime que c’est une nouvelle occasion pour la communauté francophone de se mobiliser. Il cite l’ampleur des retombées positives sur la communauté après l’organisation de la Petite séduction à Yellowknife en 2014. « L’implication des bénévoles, la collaboration entre toutes les organisations... Les gens se sont rassemblés, cela a renforcé la communauté et développé la capacité d’organiser des événements. »
Gagnon trouve que c’est un défi de se projeter dans l’avenir (sept ans). Pour sa part, il compte sur une communauté similaire, avec de nouveaux résidents qui participeront et des anciens qui partageront leurs expériences. « Le roulement de la population ne m’empêche pas de faire des projections », tranche-t-il.

Des commerçants réticents
Dans les premières lignes du rapport de ce comité de travail, il est bien noté que la Chambre de commerce de Yellowknife ne soutient pas cette aventure. Sa présidente, Renee Comeau, qui siège au comité de travail, fait valoir dans un communiqué de presse que son organisation a décortiqué le récent rapport et continue à s’opposer à la tenue des jeux aux TNO. Deneen Everett, la directrice générale de la Chambre de commerce de Yellowknife, ajoute que « la pensée positive n’a pas d’échos avec les commerçants qui se débattent pour ne pas mettre la clé sous la porte ». Selon son point de vue, les risques associés à l’organisation des Jeux 2023 dépassent largement les avantages potentiels. Everett n’a pu commenter les mesures futures de la Chambre, puisque c’est le 9 février qu’elle rencontre son conseil d’administration pour envisager les différentes possibilités si le conseil municipal décide d’approuver l’organisation des Jeux.
Le rapport et les commentaires du public sont remis aux conseillers ce vendredi 5 février 2016. La décision des conseillers peut prendre deux à trois semaines avant d’être annoncée au comité des Jeux du Canada.
Si les commerces de Yellowknife s’opposent en bloc, une entreprise de plus grande envergure s’affiche en faveur des Jeux. Caroline Browning-Kauffman, la directrice de Yellowknife Beverages Division a publiquement annoncé que Coca-Cola est intéressée à commanditer un tel événement. Elle reconnait que le processus d’organisation des jeux en est à un stade élémentaire et qu’elle ne sait pas encore quelle forme pourra prendre l’engagement de Coca-Cola envers Yellowknife 2023. « Je veux comparer la commandite que notre société sœur a offerte aux Jeux du Canada en 2007 à Whitehorse. Ce ne sera peut-être pas forcément une contribution financière, mais plus des produits marketing, des vêtements et des boissons. » Browning-Kauffman, évoque le bénéfice d’une couverture médiatique nationale, mais souligne que le plus important reste le fait que sa société est impliquée dans la communauté et qu’elle soutient les athlètes du Nord. « Le côté financier sera palpable alors que les athlètes étancheront leur soif avec nos produits. »
La femme d’affaires attend elle aussi la réponse de Yellowknife : « Je vais attendre la réponse du conseil, car on peut se demander si 50 millions de dollars ne pourraient pas être utilisés ailleurs. »


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