Éditorial : Pas un cas isolé

Il y a eu un débat d’urgence à la Chambre des communes sur la situation prévalant dans la réserve ontarienne d’Attawapiskat, une réserve autochtone de 2 000 habitants qui est aux prises avec un taux alarmant de tentative de suicide – onze tentatives en neuf jours au début d’avril et 28 en mars. Cette situation me touche de très près, puisqu’une nièce a passé les dernières semaines chez nous à la suite de sa deuxième tentative de suicide.
Vous vous souvenez de la tragédie de La Loche en Saskatchewan en janvier? Ironiquement, certains l’ont probablement déjà oublié.
Qu’on le veuille ou non, ces deux tragédies – et celle plus large des femmes autochtones disparues et assassinées – sont toutes reliées les unes aux autres par leurs multiples causes sous-jacentes : séquelles des écoles résidentielles qui se perpétuent de générations en génération, perte d’identité sociale et culturelle, absence de services de soutien pour les familles et les individus en crise, pénurie de logements, consommation excessive d’alcool et de drogue, violences physiques et psychologiques, etc.
En janvier, de nombreux témoignages publics ont été faits sur la tragédie de La Loche, mais on recherche encore une stratégie nationale. Quelques semaines plus tard, un drame tout aussi grave survient à Attawapiskat.
Dans un cas, il s’agissait d’un jeune qui a tué ses deux frères puis s’est rendu à l’école où il a abattu deux autres personnes. Dans la situation d’Attawapiskat, ce sont plusieurs jeunes qui font des tentatives de suicide. Il faut reconnaître que la situation est endémique d’un bout à l’autre du pays dans les communautés autochtones. Ce qu’il faut savoir aussi, c’est qu’il n’y a qu’une mince différence entre une intention suicidaire et une intention homicide. Bien que les suicides soient des drames personnels et familiaux douloureux, il faut cependant se rendre compte que la communauté d’Attawapiskat a peut-être évité un drame encore plus malheureux, à l’instar de celui de La Loche.
J’espère que le gouvernement trouvera des pistes de solution réelles et d’envergure pour venir en aide aux multiples communautés autochtones canadiennes. Selon Statistique Canada, il y a plus de 600 conseils de bandes et 3 100 réserves au Canada. Le potentiel pour des drames comme à La Loche et à Attawapiskat est simplement trop grand. Le Canada doit agir rapidement.


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