Protection de la nature : Parc en vue

17 octobre 2014
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Les Monts Mackenzie.(Photo : Parc Canada)

Les Monts Mackenzie.(Photo : Parc Canada)

Le Nááts’ihch’oh protégera 70 % du bassin hydrographique supérieur de la Nahanni Sud
 

Au moment d'écrire ces lignes, la seconde lecture du projet de loi S-5 sur la création de la réserve du parc national de Nááts’ihch’oh était en pause à la Chambre des communes.
La réserve occupera une superficie de 4 895 kilomètres carrés dans le Sahtu, au nord-ouest de la réserve du parc national Nahanni, et près de la frontière du Yukon. Il s'agit d'un lieu primordial pour les Dénés et les Métis de la région, qui demandaient depuis longtemps sa protection.
La réserve protégera 70 % de la partie supérieure du bassin hydrographique de la Nahanni Sud, 70 % de l'habitat de la population de grizzlys, et 44 % de l'habitat d'été de la harde de caribous de bois du cours supérieur de la Nahanni.
Le projet de loi émane des sénateurs conservateurs. Après avoir passé avec succès les trois lectures au Sénat, il s'est rendu en seconde lecture à la Chambre des communes le 2 octobre dernier. On ignore pour l'instant quand cette seconde lecture reprendra, mais on sait que le projet de loi S-5 passera ensuite devant le Comité permanent sur l'environnement et le développement durable.
« Tous les partis ont dit qu'ils soutenaient le projet, affirme le député NPD des Territoires du Nord-Ouest Dennis Bevington. Ça va être accepté. Mais il y a des détails qui ont besoin d'être discutés. Je veux qu'on comprenne ce que sont les plans pour le développement du parc en termes d'emplois, d'infrastructures et d'arrangements pour la gestion conjointe avec les Premières Nations. Ces détails seront connus lorsque le projet sera revu en comité. »

Les options
Le député ténois du Nouveau Parti Démocratique s'est dit déçu par la superficie de la réserve. Il y avait à l'origine trois options sur la table, avec des superficies de 4 840, 5 770 et 6 450 kilomètres carrés. « Lors des audiences publiques, de dire Dennis Bevington, 90 % des gens ont opté pour la plus grande superficie. Mais le gouvernement a choisi la plus petite. Nous nous demandons si cela donne assez de protection à ce que le parc est censé protéger. »
La formule privilégiée par le gouvernement fédéral conserve 70 % de la zone de potentiel minier élevé à l'extérieur de la réserve du parc national de Nááts’ihch’oh. L'Aquilon a vainement tenté d'avoir l'opinion sur ce sujet du député du Sahtu, Norman Yakeleya, et de la présidente du Secrétariat du Sahtu, Ethel Blondin-Andrew.
Pour le député des Territoires du Nord-Ouest, la superficie accordée à Nááts’ihch’oh illustre la faillite du gouvernement fédéral dans sa vision du tourisme. « Il a diminué son budget dans ce secteur, déplore Dennis Bevington. Le Canada était auparavant la 7e destination internationale, il est aujourd'hui en 18e position. »