Paléontologie: « Hay River est un site exceptionnel »

09 février 2007
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Une récente publication scientifique dans le magazine Palaeontology définie plus précisément la diversité de la faune aquatique qui vivait, il y a des millions d’années, dans les eaux où se trouve Hay River maintenant.

En 1971, un étudiant en paléontologie vient à Hay River et ramène de sa période sur le terrain des fossiles qui seront stockés dans des boîtes pour être étudiés plus tard. Oublié sous une table de ping-pong dans un laboratoire, ce matériel est découvert en 2000, en parfaite condition par Michael Caldwell professeur à l’Université de l’Alberta. Lui et l’étudiante Erin Maxwell de l’Université McGill vont par la suite réussir à identifier une nouvelle espèce d’ichtyosaure Maiaspondylus lindoei, qui reçoit immanquablement le surnom d’Ichtyosaure ping-pong.

Les ichtyosaures sont des reptiles marins qui apparaissent quelques millions d’années plus tôt que les dinosaures. En comparaison, les Ichtyosaures s’étendent de 250 millions d’années (Ma) à 90 Ma, alors que les premiers dinosaures sont datés de 230 Ma jusqu’à la crise crétacé-tertiare, il y a 65 Ma, soulignant leur disparition.

Lors de ces temps géologiques anciens, la configuration de la planète n’était pas la même que celle de notre ère. Entre autres, un bras de mer rejoignait le golfe du Mexique et l’Océan Arctique. Il coupait en deux le continent Nord-américain, plongeant ainsi Hay River sous plus de 250 mètres d’eau. L’accumulation des sédiments au fond des mers captura des empreintes de la faune et de la flore de cette époque. Par la suite, les subséquentes transformations de la croûte terrestre qui firent remonter les continents par rapport au niveau de la mer, nous permettent d’atteindre ces fossiles en longeant nos cours d’eau.

Le professeur Caldwell indique que ces enchaînements à l’échelle géologique ont gratifié nos régions de richesses importantes dont profite bien sûr l’économie actuelle (le pétrole et le gaz naturel) mais aussi la science qui s’y intéresse : la paléontologie. « Allez marcher dans un endroit où il n’y a pas d’arbres et où la roche est apparente, et vous trouverez sûrement des fossiles, affirme-t-il. Il y a une diversité impressionnante accessible sur les berges de la rivière à Hay River, on peut trouver des ammonites, des fossiles de poissons, de végétaux, de mollusques, et des Ichtyosaures vieux de 100 millions d’années ! »

Les caractéristiques morphologiques et l’âge des différents spécimens d’ichtyosaures recueillis il y a plus d’un quart de siècle, permettent d’émettre plusieurs hypothèses par rapport aux connaissances actuelles. Tout d’abord, il existait une diversité plus importante de ces animaux (émergence en Amérique du Nord, d’une nouvelle espèce proche de la date de leur extinction). Également, la dispersion géographique était sensiblement plus grande (des ichtyosaures sont présents en Australie à la même époque). Finalement, ce genre de reptile marin ne produisait pas d’œuf, mais donnait vie à de jeunes individus (un des fossiles était une femelle portant deux embryons).

Cadwell prévoit cette année, effectuer un autre travail de terrain sur la formation de Loon River à Hay River. Il complète « je dois venir vers le début juin avec une équipe de chercheurs Australiens. Nous voulons élaborer les pistes que nous avons soulevées récemment. Les demandes de permis scientifiques sont enclenchées et je me plie à ces règles car je trouve que ces sites sont importants. Ces témoignages du temps sont une ressource non renouvelable, aussi la science, le tourisme, l’éducation peuvent en tirer profit sans la gaspiller ».