Fracturation hydraulique : Mettre l'eau sur la carte citoyenne

18 septembre 2014
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« Notre eau est trop précieuse pour qu'on s'en serve pour de la fracturation hydraulique. »
 

Réuni pour la seconde assemblée générale de son existence le 11 septembre dernier, la section ténoise du Conseil des Canadiens a fourbi ses armes pour amener sur la place les dossiers concernant l'eau, notamment celui de la gestion des eaux transfrontalières du bassin du Mackenzie.
« Les documents sont encore confidentiels, affirme la coprésidente du Conseil des Canadiens section TNO, mais selon certaines sources, le gouvernement ténois signerait cet automne une entente avec la Colombie-Britannique [sur les sous-bassins partagés]. Or, cette entente deviendra le modèle pour l'entente avec la Saskatchewan et l'Alberta, qui est la plus importante, à cause de l'impact environnemental des sables bitumineux. » Toutefois, selon la porte-parole du ministère des Ressources naturelles et de l'Environnement, Judy McLinton, il est peu vraisemblable qu'une entente soit signée cet automne; les parties en sont encore à négocier une entente de principe.
N'empêche que le Conseil des Canadiens des TNO considère que ce dossier est entouré de trop de secrets. L'organisme et son partenaire Ecology North attendent de voir comment le GTNO informera le public de ce dossier avant d'intervenir pour qu'il soit mieux connu de la population et que celle-ci puisse exprimer son opinion.

Fracturation hydraulique
La priorité du Conseil des Canadiens aux Territoires du Nord-Ouest est l'eau, le droit humain à de l'eau potable et le processus démocratique qui entoure l'eau. Dans cette optique, il œuvre à garder braqué le projecteur sur la fracturation hydraulique. « Notre eau est trop précieuse pour qu'on s'en serve à cette fin, clame Lois Little. Nous avons demandé à ce que soit révélée la liste complète des ingrédients utilisés, rencontrant une très grande résistance. Nous avons fait pression pour obtenir une évaluation environnementale sur tous les projets de fracturation et, évidemment, nous avons rencontré là aussi beaucoup de résistance. Mais nous allons continuer à garder ce dossier public et à demander si la fracturation est dans le meilleur intérêt du public, de l'eau et de l'environnement. » La coprésidente du Conseil des Canadiens des TNO s'insurge contre la mollesse du gouvernement ténois dans ce dossier, alors que la Nouvelle-Écosse vient d’accepter la recommandation d'un moratoire issue d’un examen public, et qu'une interdiction de fracturation a été votée cet été sur tout le territoire Vuntut-Gwich'in.
Le Conseil des Canadiens présentait le15 septembre dernier au Centre du patrimoine septentrional Prince-de-Galles le documentaire de Josh Fox Gazland 2. Il est à l'origine d'une marche de protestation contre la fracturation qui aura lieu à Yellowknife le 11 octobre prochain, dans le cadre du Global Frackdown International.

L'eau toujours
Le Conseil des Canadiens du TNO s'inscrit également dans le concept « collectivités bleues » mis de l'avant par l'organisme au niveau national pour faire cesser la consommation de l'eau en bouteilles, qui légitime la privatisation de l'eau et l'abandon des droits humains à celle-ci. « La façon dont les usines de filtration d'eau sont gérées rend l'eau moins séduisante à boire, estime Lois Little. Nous allons travailler sur ce dossier avec Ecology North pour régler quelques-uns des problèmes fondamentaux qui empêchent les gens de boire leur propre eau. »
Enfin, sur le principe de la Tar Sand Healing Walk et en collaboration avec les Dénés Yellowknives, le Conseil des Canadiens veut dès le printemps prochain mettre sur pied une Marche de guérison de la mine Giant.
La section ténoise du Conseil des Canadiens a commencé ses activités en avril 2013. Pour se protéger des intrusions fédérales en matière d'information, elle a décidé d'avoir des partisans et non des membres. Selon Lois Little, qui est coprésidente avec Peter Redverse, le Conseil ténois compte un noyau dur de 12 partisans et entre 80 et 100 sympathisants