Fracturation hydraulique : Manifestation pour un moratoire

04 juin 2015
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Ben McDonald (à gauche), d'Alternatives North remet la pétition au député de Weledeh Bob Bromley.

Ben McDonald (à gauche), d'Alternatives North remet la pétition au député de Weledeh Bob Bromley.

La majorité des études sur la fracturation feraient état de problèmes de santé
 

La coalition Fracking Action North (FAN) a remis, le 2 juin à l'Assemblée législative, une pétition d'environ 1 300 noms en faveur d'un moratoire sur la fracturation hydraulique lors d'une marche de protestation réunissant une quarantaine de personnes.
De plus, cette même journée, le député de Yellowknife Centre, Robert Hawkins, appuyé par le député de Weledeh, Bob Bromley a déposé à l'assemblée législative un avis de motion demandant la tenue d'un plébiscite sur la fracturation hydraulique lors des élections générales ténoises le 23 novembre prochain.
Les manifestants ont quitté le bureau de poste pour s'arrêter un temps à l'hôtel de ville de Yellowknife, où ils ont été appuyés par le conseiller municipal Dan Wong. Ce dernier remet en question l'empressement que met le gouvernement à avoir recours à la fracturation hydraulique alors que des preuves croissantes démontrent un impact négatif sur la terre, l'air et l'eau. « On se précipite là-dedans alors qu'il faudrait ralentir, déplore Dan Wong. C'est une entreprise risquée. »
À l'Assemblée législative, la pétition a été remise au député de Weledeh Bob Bromley par Ben McDonald, d'Alternatives North, qui forme la coalition FRAC avec Ecology North, le chapitre des TBO du Conseil des Canadiens et du Canadian Physicians for the Environnment (CAPE). « Ça me donne de l'espoir de voir cette pétition, a dit M. Bromley aux manifestants. Je sais que plusieurs députés vous entendent, et un jour, M. Ramsay vous entendra. »
Selon M. Bromley, 75 % des recherches sur la fracturation hydraulique prouvent qu'elle amène des problèmes de santé; 82 % d'entre elles avancent qu'elles causent des problèmes de pollution. « Les scientifiques disent que le pétrole doit rester dans la terre si on veut qu'il y ait encore une civilisation sur cette planète », rapporte le député.
Plusieurs provinces, dont le Nouveau-Brunswick et le Québec, ont déjà mis en place un moratoire sur la fracturation et, rappelle Bob Bromley, un projet de loi privé sera bientôt déposé à cet effet en Ontario. Aux Territoires du Nord-Ouest, le transfert des responsabilités devait nous donner la voix, a-t-il déploré.

Une violation?
Devant l'Assemblée législative, Kiera-Dawn Kolson a harangué l'assistance. Elle a incité les gens à s'opposer à la cupidité des sociétés, à la dépendance aux carburants fossiles et à l'extraction. « Je vois la fracturation hydraulique comme une violation flagrante des droits humains et de notre constitution dénée, a-t-elle scandé, et je n'accepte pas le futur que vous offrez à notre génération. Alors je vais continuer à dire ma vérité pour que vous m'entendiez. (...) Gardez les TNO sans fracturation, c'est pour la prochaine génération. »
Nancy Vail, membre d'Alternatives North, s'insurge contre l'annonce de la découverte de pétrole de schiste au Sahtu, qu'elle considère comme une opération de propagande. Elle déplore l'attitude du gouvernement. « Il ne s'occupe même pas des études, dit-elle. Nous travaillons sur ce dossier depuis deux ans et il a choisi de considérer notre pétition comme insignifiante. »
Ernest, du Sahtu, affirme que le peuple de la région n'a pas été consulté sur la fracturation et que le Secrétariat du Sahtu n'a pas les pouvoirs d'approuver ou non les forages.

Des impacts méconnus
Comme Thomsen D'Hont, un autre manifestant, David considère qu'il est hasardeux de faire de la fracturation alors qu'on ignore la nature des fluides utilisés et leurs effets à long terme. Il considère en outre que des forages dans le Sahtu auraient pour corollaire le développement de nombre d'infrastructures néfastes à la nature, qui devrait être prioritairement préservée. « On doit chercher des solutions de rechange », avance Thomsen, tout comme Christine Barker, qui dit qu'on doit d'abord soutenir l'économie locale, pas les grosses pétrolières.
Selon Liza, il faut davantage de consultations et de discussions. L'eau doit durer pour toujours et l'environnement doit être intact pour les générations futures.
La préservation de l'eau est aussi l'argument majeur de Mark. « Ça prend des millions de litres pour extraire le pétrole de schiste et nous sommes dans une ère de sécheresse, à une époque où nous devons conserver autant d'eau que nous le pouvons. Pensez à la Californie. » Le jeune homme se demande si l'industrie pourrait développer des technologies moins voraces en eau plutôt que d'orienter les recherches vers la rapidité et la facilité.