Recensement de 2016 : Les questions sont dévoilées

18 février 2016
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OTTAWA – Tel qu’annoncé par le gouvernement Trudeau peu de temps après son élection, le formulaire long du recensement est rétabli en vue du Recensement national de 2016. Autre initiative abolie par l’ancien gouvernement lors du Recensement de 2011 que l’on ramène en 2016 : les Canadiens seront tenus de remplir le formulaire qu’ils recevront par la poste au début du mois de mai. Tous les détails entourant le prochain recensement ont été dévoilés récemment.
Pour ce qui est des questions qui seront présentées, dans le but d’assurer la comparabilité des données au fil des ans, le questionnaire court (ou questionnaire abrégé) est sensiblement le même que celui conçu en 2011 dans le cadre de l’Enquête nationale auprès des ménages.
Il y est notamment question du lieu de résidence, de l’âge, de l’état matrimonial et de la langue. Plus précisément, on retrouve trois questions sur la langue. Par ces questions, on cherche à savoir si les répondants maîtrisent suffisamment le français ou l’anglais pour soutenir une conversation, quelle langue ils parlent le plus régulièrement à la maison et quelle langue ils ont apprise en premier lieu.

Questionnaire long
Beaucoup plus exhaustif, le questionnaire long sollicitera quant à lui de l’information portant sur le lieu de naissance, les problèmes de santé, l’emploi et le degré de scolarité des Canadiens. Le questionnaire ne comporte aucune question sur le revenu. Jugeant que les répondants ne fournissaient pas des données suffisamment précises à ce chapitre, Statistique Canada obtiendra dorénavant cette information auprès de l’Agence du revenu du Canada.
« Le but est de rétablir la qualité des données pour des populations spéciales et à tous les niveaux géographiques, y compris les petites municipalités, aux niveaux atteints lors du Recensement de 2006. Il permettra de fournir aux collectivités les renseignements dont elles ont besoin pour prendre des décisions relatives à des services comme les écoles, les routes, les soins de santé, les services de police, le transport en commun et les services sociaux », note le statisticien en chef de Statistique Canada, Wayne Smith, au sujet du retour du questionnaire long obligatoire.
Au total, Statistique Canada fera parvenir, à compter du 2 mai prochain, un questionnaire à plus de 14 millions de ménages canadiens. De ce nombre, le quart devra répondre au questionnaire long. En 2011, 4,5 millions de ménages avaient été invités à participer à l’Enquête nationale auprès des ménages.
Pour faciliter le processus, Statistique Canada souhaite que la plupart des ménages répondent au questionnaire en ligne. Lors du dernier recensement, un peu plus de la moitié des répondants avaient fourni leurs données en ligne.
De plus, en obligeant à nouveau les Canadiens à participer au recensement, on espère augmenter le taux de participation. En vertu de la Loi sur la statistique, tous les résidents canadiens sont tenus de remplir un questionnaire sur le recensement, mais le gouvernement libéral demeure évasif quant à savoir s’il imposera ou non les peines prévues par la loi (amende maximale de 500 $ ou peine d’emprisonnement maximale de trois mois) à ceux qui ne participeront pas à l’exercice.

Recul du français?
Même si les Canadiens seront appelés à fournir une série de données au gouvernement fédéral en mai prochain, il faudra patienter environ un an avant que le personnel de Statistique Canada complète la compilation des données. Ce n’est en effet qu’en 2017 que seront publiées les premières informations émanant de cet exercice mené tous les cinq ans.
Du nombre des données qui suscitent toujours beaucoup d’intérêt, particulièrement au sein des communautés francophones en situation minoritaire, on retrouve celles portant sur la langue.
Il sera entre autres intéressant de voir si le français gagne ou perd des locuteurs, de même que si les francophones constituent aujourd’hui une plus petite proportion de la population canadienne qu’il y a cinq ou dix ans.
Les plus optimistes diront qu’à l’échelle du pays, en 2011, on comptait près de 250 000 personnes de plus qu’en 2006 dont la seule langue maternelle était le français. Par contre, lorsqu’on analyse cette donnée en fonction des provinces et territoires, on constate que la quasi-totalité de ces 250 000 personnes se trouvent au Québec.
Dans certaines provinces, comme à l’Île-du-Prince-Édouard, en Nouvelle-Écosse et au Manitoba, le nombre de personnes ayant déclaré avoir uniquement le français comme langue maternelle a plutôt chuté de 2006 à 2011.
Enfin, soulignons qu’en ce qui concerne la langue la plus souvent parlée à la maison, on a assisté à un léger recul du français au cours de cette même période, alors que le français était la langue de prédilection de 20,6 % de la population canadienne en 2011. Il est à noter, toutefois, qu’un tel recul s’observe également lorsqu’il est question de l’anglais comme langue la plus couramment parlée à la maison.