Incendies de forêts : Les outils numériques doivent être améliorés

14 mai 2015
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La saison 2014 a été désastreuse en matière de forêt détruite. (Courtoisie Parcs Canada)

La saison 2014 a été désastreuse en matière de forêt détruite. (Courtoisie Parcs Canada)

Mis au point aux TNO, SPARCS est l’un des meilleurs outils de pointe au pays
 

Le gouvernement ténois doit bonifier son usage de la technologie numérique afin de mieux combattre les incendies. C'est une des recommandations du rapport d'analyse de la saison d'incendies 2014.
Les systèmes numériques d'imagerie et de modélisation sont aujourd'hui des outils essentiels dans la lutte contre les incendies. Or, leur utilisation n'a pas été optimale en 2014. Le ministère de l'Environnement et des Ressources naturelles (MERN) a connu des ratés avec l'imagerie MODIS de détection d'incendie par infrarouge parce que le passage du satellite américain au-dessus des TNO ne permet pas toujours de détecter le feu et son étendue au moment adéquat. Selon les statistiques du MERN, l'imagerie MODIS détecte actuellement entre 15 % et 20 % des incendies en zone éloignée. Son travail est complété par des vols de reconnaissance.
Le logiciel de prédiction du feu Prometheus n'a pas non plus donné son plein potentiel en raison d'un manque de données sur les régions éloignées pour l'alimenter.

SPARCS
En outre, ce n'est pas mentionné dans le rapport, mais l'utilisation du système SPARCS (Spatial Precipitation and Risk Calculation System) est problématique. « Le hic est que la banque de données que nous avons va à travers trois différents systèmes d'ordinateur, explique Frank Lepine, directeur associé de la gestion des forêts au MERN. Beaucoup d'erreurs se font. Des données, comme celles des valeurs à risque, doublent. Et ça doit être mis à jour régulièrement. »
Les problèmes avec SPARCS devraient être réglés cette année. Les données sur les régions éloignées pour alimenter Prometheus devraient êtres acquises graduellement au cours des deux prochaines années.
Le MERN expérimentera aussi en 2015 une caméra fonctionnant à l'énergie solaire placée à une station climatique éloignée, pour collecter des données climatiques en cas de problèmes avec la station.
Aucun de ces problèmes n'est catastrophique, assure Frank Lépine, mais les résoudre rendra plus rapides les prises de décision pour les interventions.

Outil de pointe
Avec SPARCS, les Territoires du Nord-Ouest possèdent pourtant un des meilleurs outils de pointe au pays, affirme Frank Lepine. Développé aux TNO, le système, en source ouverte, est aussi utilisé dans deux autres provinces, dont le Nouveau-Brunswick. « Il s'agit, explique-t-il, d'un système spatial et non spatial basé sur Internet et d'un cadre d'applications servant à la collecte d'information et à la prise de décision. C'est peut-être la meilleure technologie que nous avons développée. » Dans le système se superposent des couches d'information comme les valeurs à risque (collectivités, infrastructures), les historiques de températures et d'incendies et l'imagerie MODIS de détection d'incendie par satellite.
Lors d'un incendie, SPARCS est utilisé en conjonction avec le logiciel de prédiction du comportement du feu, Prometheus. « Prometheus, précise M. Lépine nous dit : aujourd'hui, avec telle température et tel vent et telle forêt, le feu va croître à 100 ou à 200 hectares, et va aller dans telle direction. » Le gouvernement est à alors à même de constater s'il y a des valeurs à risques et, si oui, quelles sont les priorités d'intervention.

Perspective
Les autres recommandations du rapport d'analyse de la saison d'incendies 2014 concernent les ressources humaines et financières, la sécurité, les communications, les politiques ainsi que les stratégies et les opérations. Le programme des bonifications s'échelonne jusqu'à 2017.
Selon le rapport, il y a eu en moyenne 245 incendies aux TNO dans les 20 dernières années, ravageant une superficie annuelle 570 000 hectares. Mais l'été 2015 risque de ressembler moins à une année moyenne qu'à 2014 et ses records de 385 feux, 56,1 M$ de dommages et de coûts, et 3,4 millions d'hectares brûlés.
« On pense pas que ça va être une année normale, de dire Frank Lépine. C'est très sec, on n'attend pas de pluie dans les prochaines semaines. Les équipes et l’équipement seront prêts plus tôt que l'an passé. »