Télévision et les francophones : Les nouvelles règles du CRTC

OTTAWA – À une époque où émissions de télévision, films et bulletins de nouvelles sont accessibles en quelques clics de souris, et où des géants comme Netflix et YouTube prennent de l’expansion de jour en jour, le nombre de ménages canadiens qui se désabonnent du câble ne cesse de croître. Devant ce phénomène, le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) tente de limiter les dégâts.
C’est pourquoi depuis le 1er mars, les câblodistributeurs ont l’obligation d’offrir un forfait de base à 25 $ par mois, ou d’offrir l’option de choisir des chaînes à la carte. À compter du 1er décembre prochain, les deux options devront être mises à la disposition des consommateurs.
Fortement opposés à ces nouvelles règles, les câblodistributeurs n’offrent, en grande majorité, que la première option pour l’instant.
En effectuant un survol des forfaits offerts par les principaux joueurs du domaine de la câblodistribution, on remarque que certaines chaînes francophones, comme TFO et RDI, qui risquaient de ne pas faire partie de ces nouveaux forfaits de base, sont offertes par les câblodistributeurs.
C’est le cas du côté de Bell, de même que chez le géant ontarien Rogers, où l’on offre TFO, RDI, Unis et TV5 dans un forfait à 25 $. Les frais de location du terminal, entre autres, viennent s’ajouter à cette facture mensuelle.
Par contre, TFO n’est pas disponible chez Shaw, mais RDI et Unis le sont. Pour sa part, l’entreprise québécoise Vidéotron n’offre ni TFO, ni RDI dans son forfait de base. Elles sont toutefois disponibles dans un forfait à 50 $ par mois, lequel comprend les chaînes du forfait de base et dix autres chaînes au choix.

Accès difficile
Comparaissant plus tôt cette année devant le CRTC dans le cadre d’audiences sur la télévision locale, la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada avait dressé un portrait plutôt sombre de la situation actuelle, illustrant que l’accès à du contenu local dans leur langue demeure crucial pour les francophones.
« Pour les francophones de sept provinces et d’un territoire, et pour les Franco-Ontariens et Franco-Ontariennes qui habitent ailleurs qu’à Ottawa, Radio-Canada est la seule source de programmation locale en français à la télévision. Cela représente, grosso modo, près de 60 % de la population ayant le français comme première langue officielle à l’extérieur du Québec », a souligné la présidente de la FCFA, Sylviane Lanthier, devant les têtes dirigeantes du CRTC.
Prenant bien soin de préciser que son intervention ne constituait pas « un plaidoyer pour Radio-Canada », Mme Lanthier avait expliqué au CRTC que la réalité des francophones hors Québec était unique et que cette réalité devait se refléter à la télévision.
Le Groupe Média TFO avait quant à lui exercé des pressions auprès du CRTC afin d’obliger les câblodistributeurs à offrir TFO à leurs clients. TFO disait éprouver des difficultés à établir des ententes avec les câblodistributeurs pour augmenter son rayonnement, notamment dans l’Ouest canadien.
Misant entre autres sur son aspect unique et son volet éducatif, TFO a tenté en vain de convaincre le CRTC.
« Le Groupe MédiaTFO est une destination incontournable pour les enfants et publics ontariens et canadiens à la recherche de contenus éducatifs et innovants en français », indiquaient les dirigeants de TFO devant le CRTC, définissant la chaîne franco-ontarienne comme étant un « éleveur de talents francophones ».
« Le rôle de TFO en matière d’éducation ne se limite pas à la jeunesse, mais trouve aussi écho dans l’axe famille de la programmation », plaidait-on également à l’époque.

Coûts à déterminer
Soulignons qu’il y a près de deux ans, alors que le CRTC menait des consultations en matière de services télévisuels, consultations qui allaient éventuellement mener aux nouvelles règles imposées aux câblodistributeurs, la FCFA s’opposait à un système de chaînes offertes à la carte.
« La FCFA n’appuie pas l’idée d’un système d’abonnement à la carte. Rien de ce que nous avons entendu ne nous a rassurés quant aux possibles impacts financiers et culturels », avait clairement indiqué la présidente de l’époque, Marie-France Kenny.
La FCFA craignait notamment que les câblodistributeurs fixent des prix trop élevés, ce qui aurait pour effet de fragiliser certaines chaînes canadiennes, tandis que d’autres risqueraient carrément être menacées de disparaître.
Comme la plupart des câblodistributeurs n’ont opté que pour la mise en place d’un forfait de base à 25 $ pour l’instant, il faudra patienter jusqu’au 1er décembre afin d’évaluer si la FCFA avait vu juste.
 


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