Éditorial : Le temps d’un voyage

C’est plaisant de se promener dans le Nord d’une collectivité à l’autre. Il y a cependant quelques facteurs qui viennent un peu réduire ce plaisir.
D’abord, il y a la faune omniprésente le long des routes, quand ce n’est pas sur la route même. Que c’est déplaisant de voir ces grues, une espèce en péril, avec leur petit oisillon orangé, ou ces femelles bisons qui veillent sur leur rejeton tout aussi orangé que le bébé grue. C’est sans compter que le troupeau en entier peut se retrouver sur la route, bloquant tous les véhicules. Je ne parlerai pas des ours noirs, des coyotes, des renards (et leurs amis les corbeaux), des lynx, des caribous des bois, des lièvres et des orignaux qui se retrouvent parfois en bordure de la route. Après tout, je ne veux pas vous décourager à venir parcourir les routes du Nord.
Mais il y a aussi ces grandes distances entre les collectivités. Quoi de plus désagréable que de se retrouver dans un espace confiné avec famille ou amis pendant cinq ou six heures? Ça nous oblige presque à nous parler, sinon le voyage serait un peu aride. Et on en arrive à des idées saugrenues, comme le fait que les enfants ont raison : il est mieux d’appeler Toni « Mama Peanuts », car ça crée moins de confusion avec « Papa Peanuts »*. La route est tellement longue que j’ai toujours le temps de composer, décomposer et recomposer ma petite chanson sur le vieux bison solitaire que personne n’aime parce qu’il sent mauvais.
Mais ce qu’il y a de plus déplaisant, ce sont les arrêts aux stations-service. En général, on ne veut que s’arrêter quelques minutes, mettre du carburant dans le véhicule, se dégourdir un peu les jambes, se vider la vessie et s’acheter une boisson gazeuse ou un café. C’est simple comme attente. Mais non! Il faut rencontrer des gens. Comme sortir du char à Enterprise et tomber nez à nez avec Chris O’Brien, qui a quitté les TNO en 2009. T’a pas le choix, il faut dire quelque chose et voilà les minutes et les secondes qui s’écoulent. Ou de s’arrêter à la station-service de Big River près de Fort Providence et y rencontrer la moitié du village de Wrigley qui revient du Bingo géant de Yellowknife ou les joueurs des collectivités tlichos, qui revenaient du premier tournoi annuel de jeux de mains de Fort Smith. Encore plusieurs minutes de perdues à jaser avec quatre personnes différentes.
Puis avec tous ces voyages, on voit toujours la même chose. Par exemple, au retour, il y a ce même bison solitaire qui broute le long de la route et qui chante : I’m a poor lonesome buffalo, and a long way from home. Nobody wants me, nobody cares for me, and that’s because I’m smelly.
Bonnes vacances à tous!
* Il faudra demander aux gens de Fort Smith de vous expliquer celle-là.


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