Les méandres du projet gazier Mackenzie : Le projet d’infrastructure le plus coûteux du Canada

27 janvier 2011
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Pour l’instant, la carboneutralité du gazoduc du Mackenzie, ne serait qu’un plan sur la comète.
La construction du projet gazier n’en serait-elle pas un elle aussi?

 

« Une taxe sur le carbone et le projet gazier Mackenzie sont quelque part dans le futur », observe le ministre des Finances des Territoires du Nord-Ouest. Michael Miltenberger rappelle que les promoteurs ont encore deux ans avant de décider s’ils vont de l’avant avec ce projet et qu’ils ont jusqu’au 31 décembre 2015 pour entamer sa construction. Le ministre estime que son gouvernement est en train de remplir ses engagements face à l’exploration d’une taxe sur le carbone et l’élaboration d’une stratégie visant les émissions de gaz à effet de serre pour les TNO. Mais à savoir si le prochain gouvernement, qui sera élu en octobre prochain, décidera de concrétiser l’idée de mettre un prix sur les émissions de carbone, cela « dépendra de sa volonté politique », indique M. Miltenberger, qui occupe également le poste de vice-premier ministre des TNO. Ainsi, le pipeline vert souhaité par certains environnementalistes est encore loin de devenir la prochaine réalité ténoise.

« Il y a un processus en cours entre le ministère des Finances et le ministère des Ressources naturelles afin d’évaluer la question du prix du carbone. Quelle serait la meilleure option pour contrôler nos émissions, notre empreinte écologique, sans que cela augmente le coût de la vie dans le Nord?

La 16e Assemblée législative doit présenter sa stratégie des gaz à effets de serre au cours du mois de mai ou de juin 2011. Mais concrètement, aucun travail n’a été effectué concernant une taxe sur le carbone, à quoi pourrait-elle ressembler, comment serait-elle structurée et comment même pourrait-elle être sans incidence sur les recettes des ténois? «Tout ce travail n’a pas encore été fait », avoue Michael Miltenberger.

« Tout ce qui implique les recettes des taxes doit démontrer des retombées pour le Nord, et cela pour toutes les taxes que nous avons. Nous ne pouvons pas élaborer une taxe spécifiquement pour un projet ou une industrie en particulier. »

Selon le ministre, cette question en est une de grands intérêts et de fortes opinions. Il confirme que ce gouvernement n’avancera pas de position définitive à ce sujet et cite les dix années de préparation pour finaliser la Loi sur la faune afin d’illustrer la lenteur des procédures gouvernementales. « Nous savons que nous possédons une économie avec une intensité carbonique élevée. Nous vivons dans un climat arctique, et nos collectivités, notre gouvernement et l’industrie ont une forte dépendance à l’électricité générée par le diesel. Alors nous devons bien établir notre réalité lorsque nous élaborons notre stratégie d’émission de gaz à effet de serre », d’expliquer Michael Miltenberger, avant d’ajouter que peu importe si le gouvernement décide de mettre en place une nouvelle taxe, il s’était déjà engagé à ne pas augmenter le fardeau des résidents ténois, ceux qui y vivent et ceux qui y travaillent.

Le ministre des Finances, qui déposera son budget le 3 février prochain, n’a pas voulu dévoiler ses intentions sur son futur politique. Il n’a également donné aucune réponse à savoir s’il poussera la mise en œuvre d’une taxe sur le carbone. Il a seulement concédé que la plupart des députés déclareraient leur intention de se représenter ou non après la dernière session législative de ce gouvernement qui se termine le 17 mars 2011.