Mine Giant : : Le plus gros est à venir

26 août 2014
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Mine Giant (Archives L'Aquilon)

Mine Giant (Archives L'Aquilon)

La création d'un comité de surveillance indépendant sur la mine Giant est retardée
 

L'acceptation par le gouvernement fédéral du rapport d'évaluation environnementale sur la mine Giant est une bonne chose, quoique tardive. Mais il reste encore un élément crucial à régler, trop longtemps repoussé : la mise en place d'un comité de surveillance indépendant découlant d'une entente ayant force de loi. C'est en substance ce qu'a déclaré à L'Aquilon le représentant d'Alternative North, Kevin O'Reilly.
L'organisme Alternative North s'implique activement et depuis plusieurs années dans le dossier de la mine Giant, où sont entreposées 237 000 tonnes de déchets de trioxyde d'arsenic. Le rôle d'un comité de surveillance, tel que présenté par Kevin O'Reilly, serait de revoir les design du programme de surveillance et du plan de gestion; il coordonnerait en outre la Recherche et le Développement en continu. « Le comité, suggère Kevin O'Reilly, ne pourrait prendre de décision sur le projet, mais pourrait donner des conseils et commencer à construire la confiance de la population. » Ce comité, sur une base élective à définir, serait formé de représentants des Yellowknives Dénés de N'dilo et Dettah, de la Northern Metis Alliance, des gouvernements territorial et fédéral, de la ville de Yellowknife et d'Alternative North.
« Le même ministère et son personnel s'occupent déjà des inspections et des recommandations, de dire Kevin O'Reilly. C'est trop de responsabilités et de rôles pour un seul ministère et il y aurait conflit d'intérêts. Alternative North a dit — et l'Office d'évaluation des répercussions environnementales de vallée du Mackenzie était d'accord — qu'il y avait un besoin qu'un organisme indépendant surveille ce qui arrive là. Et la façon de le faire est d'avoir un comité comme pour les mines de diamants ici. »
L'instauration d'un comité de surveillance est, de l'avis d'Alternative North, une des plus importantes choses à être issues de l'évaluation environnementale. « Nous pensions que ça faisait partie de cette évaluation, déplore Kevin O'Reilly. Le groupe de travail s'est rencontré 12 fois entre mars et avril 2012. Nous avons eu huit ébauches d'entente, mais à la dernière minute, les négociateurs du gouvernement fédéral ont dit qu'ils n'avaient pas de mandat de leurs supérieurs à ce propos. Alors nous devons retourner à la table de négociation pour régler ça, après avoir perdu un an et demi. »

Autres échos
La député de Frame Lake, Wendy Bisaro, aurait également souhaité que le comité de surveillance devienne opérationnel avec l'acceptation du rapport.
« C’est ce que j’aurais préféré, de dire Wendy Bisaro, mais je suis heureuse de la décision du ministre Valcourt. Il a accepté beaucoup de recommandations qui ont été mises de l'avant. »
Le député de Weledeh, Bob Bromley, s'est dit déçu de la lenteur du processus. « Le gouvernement fédéral se plaint souvent que le public ralentit la mise en place des choses, mais là, c'est lui qui les retarde. » Il a par contre considéré comme positif que le comité de surveillance découle d'une entente ayant force de loi. « Nous avons été surpris que le comité ne devienne pas opérationnel avec l'entente, a déclaré le maire suppléant de Yellowknife, Bob Brooks, mais nous sommes heureux de voir qu'il y a du progrès dans ce dossier, et nous allons continuer à collaborer avec les gouvernements. »

L'évaluation
C'est le 15 août dernier que le ministre des Affaires autochtones et du Développement du Nord Canada (AADNC), Bernard Valcourt, annonçait au nom d'Environnement Canada, de Pêches et Océan Canada et du gouvernement des TNO l'adoption définitive du rapport d'évaluation environnementale pour la mine Giant proposé par l'Office d'examen des répercussions environnementales de la vallée du Mackenzie. Le ministère avait déjà approuvé précédemment 18 des 26 mesures de gestion proposées par l'Office; il acceptait maintenant le changement d'énoncé des huit mesures restantes.
Les modifications apportées portent entre autres sur le financement par le gouvernement fédéral de la Recherche et du Développement afin de trouver une solution permanente à la présence d'arsenic. Si de meilleures solutions technologiques sont trouvées pour remédier aux dangers de la mine Giant, le comité de surveillance les portera à l'attention des partis impliqués, du gouvernement et du public canadiens. Le gouvernement fédéral statuera alors sur la pertinence de ces solutions.
Une autre mesure modifiée stipule que « Tous les efforts seront faits pour que ce comité de surveillance soit mis en place le plus tôt possible. Les négociations feront des progrès significatifs dans les six mois suivant la décision de l'AADNC sur l'évaluation. » Il est également question de la mise en place d'un comité d'évaluation des risques pour la santé humaine, du secteur Baker Creek et de la qualité de l'eau.

Lenteurs administratives
Kevin O'Reilly accueille avec contentement l'acceptation par le gouvernement fédéral du rapport d'évaluation, mais considère qu'elle a été bien longue à venir : six mois pour, dit-il, des « changements très très mineurs ». « C'est beaucoup trop, mais au moins, nous avons maintenant une base pour aller de l'avant. »

 


« L'évaluation par l'Office d'examen des évaluations environnementales, rappelle Kevin O'Reilly, a été terminée en juin 2013. Elle comportait 26 recommandations changeant très significativement le plan mis sur pied par le gouvernement pour la mine Giant. Son plan c'était : “Nous allons geler cette affaire dans le sous le sol et l'oublier simplement”. »
« Pour plusieurs organismes au contraire, poursuit le porte-parole d'Alternative North, il fallait repenser ce projet comme une solution temporaire et faire de la Recherche et Développement pour trouver une solution définitive. « Et la R & D doit être financée par le gouvernement fédéral, puisque c'est lui qui a permis que ce bordel arrive en ne réglementant pas adéquatement la mine. »