Le cellulaire : objet de grande nécessité ou de nuisance?

09 juillet 2004
0 Commentaire(s)
Le cellulaire : objet de grande nécessité ou de nuisance? Geneviève Harvey Je tiens tout d’abord à prévenir quiconque pourrait croire que cet article est dirigé contre lui. Cet article n’est dirigé contre personne et tient tout simplement à faire un bref exposé de ce que je pense à propos de cet engin et, du même coup, de ce que plusieurs pensent, mais n’ont pas la chance comme moi d’avoir un tribune pour exprimer leur pensée à ce sujet. Ce qui étonne, avec le téléphone cellulaire, c’est que les gens qui en ont un ont soudain des nécessités qui se sont mises à exister et auxquelles ils n’avaient même pas songé avant l’existence de cet objet. Des exemples : il y en a des milliers, pour ne pas dire des millions, et je suis certaine que vous en avez en tête tout autant que moi. Comment se fait-il qu’il n’est maintenant plus possible de se déplacer sans avoir collé sur soi ce petit appareil dérangeant? J’aimerais que vous m’expliquiez ça, vous autres. Dites-moi comment il se fait que ce qui était possible il y a à peine quelques années, on n’aurait pas pu s’imaginer pouvoir être rejoint à peu près n’importe où. Fonctionnaient alors les bonnes vieilles méthodes pour prévenir quelqu’un : le téléphone tout court, puisqu’il faut le qualifier, une personne qui venait avertir ou faire part du message en question. Bien rares étaient les dérangements et quand ils se présentaient, souvent la situation était en effet grave ou sérieuse. Mais de nos jours, les plus grandes stupidités donnent objet à ces coups de téléphone dérangeants et qui dénotent un manque de civisme pour la personne qui n’a pas eu la déférence de fermer l’engin infernal. Il fallait absolument qu’on la rejoigne. Allons donc! Vous appeler pour vous dire que le souper sera prêt dans 10 minutes, ou de regarder les aurores boréales, ou qu’on sera en retard d’une demi-heure. Si ça se passe chez vous, on pourrait utiliser le téléphone ordinaire. Si vous êtes dans votre voiture, vous devenez un danger pour les autres. Vous le saviez? Eh bien, vous devriez, car le cellulaire cause beaucoup d’accidents en raison de la concentration qui se déplace de la route à l’objet et alors, gare! Dans certains pays et provinces, il est défendu au volant. Et c’est une bonne chose. Dans bien des grands restaurants, théâtres, cinémas, salles de spectacle, on a des affiches demandant d’éteindre les cellulaires. On aurait cru que les gens auraient assez de civisme pour réaliser que c’est ce qu’il faut faire. Pas besoin d’avoir un cours classique pour constater qu’on dérange tout le monde par nos conversations insipides qui ne transmettent souvent que de l’information sans importance et sans urgence aucune. On en a entendu des conversation du genre : Oui, c’est presque prêt. Je devrais être là dans une demi-heure. J’attends mon tour. Je te rappelle, je ne peux pas te parler tout de suite, etc. Oui, on en a entendu. C’est bizarre que les gens soient obligés d’avoir des règles pour apprendre à se comporter. Tant qu’il n’y aura pas de grandes pancartes, comme à l’hôpital, d’éteindre le cellulaire, les gens n’ont pas le bon sens de faire la différence entre les endroits propices à ça et ceux qui ne le sont pas. Umberto Eco, écrivain et philosophe italien, disait que… et puis non, je ne vous dis pas ce qu’il pensait., mais il passait des réflexions philosophiques sur la question, et c’était plutôt intéressant. Je crois que c’est dans son livre Guerre du faux mais je ne gagerais pas là-dessus. On sait tous que le cellulaire a des utilités qui ne sont pas à renier. Que ça peut être utile, vraiment utile. Qu’il y a certaines circonstances où ça peut même sauver des vies, où ça peut nous sortir de situations dangereuses ou embarrassantes. On sait que le cellulaire, c’est génial si on est à des lieues de toute agglomération et qu’on tombe en panne (pourvu qu’il y ait des ondes!). On sait que c’est bourré d’utilités dont je n’ai pas envie de vous parler ici. Je suis ici pour vous parler des inconvénients que tout ça provoque. Du dérangement que ça cause. De l’irritation que ça crée. Du ridicule que ça suscite. L’important, dans tout ça, c’est de se servir de sa tête. Et de ne pas croire qu’on a une telle importance qu’à tous instants peut entrer une communication téléphonique qui va changer le cours du monde ou, plus exactement de notre vie. Allons donc! Que faisiez-vous sans ça, il y a deux, trois ou même dix ans? Vous vous en passiez, quand vous ne saviez même pas qu’un jour, ça pourrait exister. Donc, relaxez un peu, et surtout, arrêtez d’imposer votre engin au reste du monde. Et sachez vous en servir quand il devient l’objet indispensable dont vous avez besoin en certaines circonstances. Ainsi, tout le monde sera bien content, vous arrêterez de déranger votre environnement immédiat pour des broutilles et l’harmonie régnera à nouveau. Car n’oubliez pas que ce n’est pas tout le monde qui est investi d’une telle importance. Dans certains pays d’Europe et d’Asie, l’usage de l’objet (que j’allais qualifier d’infernal, mais bon, j’exagère) est vraiment généralisé. Tout le monde se promène avec son cellulaire, et sur la rue, vous passez à des bribes de conversation d’un inconnu aux bribes d’un autre inconnu. Passionnant. Surtout quand le tout se déroule en chinois dans les rues de Hong Kong. Au secours! Nous ne nous en sortirons plus! La technologie nous envahit! N’allez surtout pas croire que je sois contre cette magnifique technologie. Pas du tout. Qu’il suffise de s’en servir avec discrétion, et tout le monde sera content. C’est ce que je vous souhaite à tous du fond du cœur. Et je vous laisse, car je dois… recharger mon cellulaire avant de sortir. Bonne journée! genharvey@yahoo.com
Changer de ville
Sondage
L'Aquilone, 5 publications au féminin! Comment avez-vous réagi au changement de nom de L'Aquilon durant le mois de mars?

Voir tous les résultats des sondages