Chronique de la francophonie : La somme du rêve et d’une vision

Mars est le mois de la francophonie. Il interpelle tous les Canadiens d’expression française qui font vivre leur langue dans un pays aux proportions d’un continent et, admettons-le, qui n’a pas toujours voulu d’eux.
Profitons-en pour déposer nos bagages et contempler le fruit de près de cinq siècles d’évolution.
À toutes les époques, rêveurs et visionnaires ont peuplé le monde. Le rêveur se détache volontiers de la réalité pour laisser son esprit voguer à sa guise vers des cieux toujours plus cléments. Quant au visionnaire, il puise dans la réalité la semence qui fera croitre le fruit de sa pensée
Comme être humain, nous sommes tous quelque part entre les deux. Il devait en être ainsi pour nos ancêtres. Il ne nous reste plus qu’à les imaginer, attirés par le rêve. Par centaines, dans ces vaisseaux aux voiles carrées, ils ont bravé les mers pour débarquer en Amérique.
Entassés dans des cales insalubres, ils étaient mus par l’espoir d’arriver à bon port, si bien sûr, la maladie ou une mauvaise vague ne les avaient emportés.
Oui, à bon port. Mais quel était-il ce « bon port »? Bien peu de choses en fait. La rançon du rêve, c’était la dure réalité : une terre à défricher et une maison à bâtir avant l’hiver. Bois rond, pierres et mortier ont d’abord été le mot de bienvenue, pour devenir ensuite la fondation d’une œuvre qui n’a cessé de grandir.
De l’abri de fortune, on est passé à une société évoluée en s’enfonçant toujours plus loin dans des terres inconnues, bravant non seulement la nature, mais aussi des forces politiques inhospitalières.
Le français se parle maintenant partout au Canada. Il est fort discret sur une grande partie du territoire, soit. Mais il donne au pays la légitimité qu’il lui faut pour se joindre sans ambages à cette grande célébration mondiale.
L’ancienne colonie britannique contribue aujourd’hui à faire du français la cinquième langue parlée dans le monde, la troisième langue des affaires et la deuxième apprise comme langue seconde après l’anglais. Être d’expression française, c’est faire partie d’une famille de 274 millions de personnes selon les données de l’Organisation internationale de la francophonie.
C’est aussi pour le Canada, le moyen de prendre part à ce grand concert auquel participent presque 80 états et gouvernements. Le français lui sert en quelque sorte de carte de visite. Ce pays a beau être immense en territoire, il est relativement léger sur les autres plans : économique, politique ou militaire. Si son poids diplomatique est appréciable, c’est en partie grâce aux liens que sa composition linguistique lui permet de tisser avec le reste du monde.
De plus, il est aujourd’hui terre d’accueil pour des francophones du monde entier. Les néo-canadiens venus des anciennes colonies françaises, même d’Europe, sont maintenant légion.
Voilà donc en abrégé ce pays des francophones qui s’étire entre trois océans.
Je reviens sur les premiers pionniers, ces aventuriers de l’espoir. Ils avaient devant eux l’horizon, cette ligne courbe où le ciel touche la mer. Ils avançaient vers elle sans jamais y toucher. La part du rêve en est ainsi. Seul ce qu’il y a derrière deviendra réalité.
C’est cette réalité que l’on contemple aujourd’hui, soit le résultat d’une poussée constante qui a traversé les siècles, dont l’élan ne s’est toujours pas essoufflé. C’est aussi un patrimoine toujours tangible, construit au fils du temps.
Les minoritaires ont de quoi pavoiser. Ce qu’ils ont édifié est à la fois l’héritage du rêveur et l’oeuvre du visionnaire. Des siècles de travail. Mais l’horizon est toujours là devant. Tant que le rêve soufflera dans sa direction, notre société va grandir.
La francophonie est un mouvement planétaire. Tout Canadien d’expression française a raison de s’en enorgueillir, à plus forte raison s’il vit là où des pessimistes prédisent sa perte.
Et dire qu’il s’est trouvé au Canada des gouvernements qui ont voulu rejeter ce qui est aujourd’hui une force.


 


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