Sciences : La recherche au service de la nation

31 octobre 2013
0 Commentaire(s)

Le centre nerveux des recherches sur la climatologie, la cryologie et les systèmes sous-marins autonomes.

Lors du discours du Trône, le gouvernement canadien a fixé à 2017 l’ouverture de la Station de recherche du Canada dans l’Extrême-Arctique (SREA). Vue en coupe sur la bête.
Petit à petit, les éléments se mettent en place pour ce qui est probablement le plus grand projet scientifique orchestré par le gouvernement canadien dans les 15 dernières années selon Nick Xenos, directeur à la direction des politiques scientifiques de l’Arctique, à Affaires autochtones et Développement du Nord.
En six ans à partir de 2012, le gouvernement canadien investira 142,4 M$, provenant du Plan d'action économique du Canada, pour équiper et construire le SRCEA à Cambridge Bay, auxquels s’ajoutera un budget de fonctionnement, pour la même période, de 46,2 M$. « Le SRCEA, énonce Nick Xenos, sera au cœur d'un réseau comprenant un grand nombre d'acteurs comme les universités, l'industrie, les instituts de recherche. » Le réseau ArcticNet a été mentionné, qui comprend 30 universités canadiennes et 19 agences et ministères, fédéral, provinciaux et territoriaux confondus, et, plus près de nous, le Western Arctic Research Center, à Inuvik.
La firme d'architecte sera Fournier, Gersovitz, Moss, Drolet et associés architectes ainsi que NFOE et associés.

Recherche appliquée
La future station de recherche se veut de calibre mondial et d'intérêt national. En effet, « le programme scientifique va prioriser quatre domaines, a déclaré Nick Xenos : la souveraineté, le développement des ressources, l’environnement et le changement climatique et les collectivités solides et saines. »
« Le réchauffement rapide de l'Arctique, est-il écrit dans cette documentation, crée un ensemble complexe de possibilités et de défis pour le Nord. Quelques-uns de ces changements pourraient même affecter l'exercice de la souveraineté du Canada dans cette région. » C'est dans cette optique de mainmise sur les lieux que la SRCEA veut améliorer la connaissance du plateau continental (sous-marin) de l'Arctique, par un programme de développement technologique des systèmes sous-marins autonomes, qui sont devenus « la pierre d'angle de la collecte de données pour la présentation du Canada au titre de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (UNCLOS) ». La Station travaillera dans ce sens avec le ministère de la Défense.
La SRCEA sera également une tête de pont permanente afin de collecter des données pour l'exploitation des ressources et d'y expérimenter des technologies à cette fin, adaptées au Nord. En ce qui concerne le troisième domaine de recherche, la SRCEA servira à augmenter l'efficacité des prévisions de changement d’état des glaces, du pergélisol et de la neige et leur effet sur la navigation.

Site stratégique
C’est Cambridge Bay (Nunavut), au sud de l’île de Victoria et dans le détroit de Dease qui a été choisi pour l'emplacement de la Station. « C'est un endroit très approprié pour ce qui est de nos quatre domaines de recherches, explique Nick Xenos. En outre, la faune y est très riche et Cambridge Bay est un endroit central pour les lignes de transport avec le Nunavut, les TNO et le Yukon. »
La SRCEA devrait abriter environ 25 chercheurs permanents, ce nombre s'élevant l'été, notamment avec la venue de chercheurs internationaux. Malgré nos tentatives, aucun des scientifiques étudiant le Nord n'a commenté le dossier.
John McKay, le porte-parole libéral en matière d'environnement, a émis des commentaires empreints de scepticisme sur l'ensemble du projet et sur ses quatre priorités. « Il est de notoriété publique que le gouvernement conservateur est en guerre avec les scientifiques, a-t-il dit, et qu'il préfère baser ses décisions sur une idéologie plutôt que de les écouter. Dans ce contexte, c'est difficile de savoir ce qu'ils (les scientifiques) pensent du projet et à quel point ils ont été consultés. »
John McKay a questionné la pertinence d'une station de recherche pour établir notre souveraineté. Si l'objectif est valable, une présence militaire serait selon lui plus efficace. Son raisonnement est analogue pour ce qui est « collectivités solides et saines », qui ont prioritairement besoin de logement. Et l'environnement? « L'expression réchauffement climatique n'a pas été prononcée une seule fois durant le discours du Trône, s'esclaffe John McKay. Si vous croyez que la SRCEA va nous aider à régler nos problèmes d'environnement, bonne chance... »