Découverte: les montagnes du Mackenzie, TNO : La nature, sans traces humaines

16 août 2013
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« Chaque jour, il fallait être conscient que la rivière pouvait nous emporter si nous n’y portions pas attention. » (Photo : Denis Légère)

« Chaque jour, il fallait être conscient que la rivière pouvait nous emporter si nous n’y portions pas attention. » (Photo : Denis Légère)

Denis Légère, un instructeur de canot et de kayak à Pagaie Canada, est revenu d’une expédition en quatuor
de vingt-quatre jours dans les montagnes du Mackenzie, aux Territoires du Nord-Ouest.

 

Habitué aux longues expéditions dans la nature vierge, en solo ou en duo, Denis Légère est revenu en force de son voyage en canot avec trois de ses amis, Girish Nayer, Tyler Kydd et Daniel Wong. Les quatre canoéistes ont bravé la nature et l’élément de danger qu’elle représente sur la rivière Keele, du 14 juillet au 5 août dernier.
Cette expédition de vingt-quatre jours, où ils en ont passé près de six à faire de la randonnée pour explorer le territoire nordique, leur a exposé la beauté et les richesses naturelles de cette région quasi inexplorée des Territoires du Nord-Ouest.

Orchestrer sa chance
Rares sont ceux qui ont l’occasion de s’aventurer aussi loin et aussi longtemps. Selon Denis Légère, la logistique était cruciale dans cette aventure. Trois mois de préparation ont été nécessaires afin de rendre ce voyage possible. Parmi les raisons derrière le succès de cette expédition, le canoéiste est catégorique : bouffe de qualité, commanditaires importants et chimie entre les participants. Ils ont volé de Yellowknife à Norman Wells grâce à une commandite de la compagnie First Air, c’est ensuite la compagnie North Wright qui les a déposés par avion sur les berges du lac O’Grady, d’où ils ont entamé leur voyage.
« Les coûts les plus élevés dans une expédition comme ça, ce sont les vols, et ensuite, la location de canots, explique Denis. Même si tu as ton propre canot, juste le fait de le faire expédier sur un avion, les prix peuvent être très élevés. » Pour soutenir leur expédition, les quatre amis ont aussi dégoté des commandites auprès de compagnies telles que Ice Breaker, Columbia et Mountain Coop Equipment. « Si je pouvais le refaire à un coût raisonnable, c’est garanti que je le ferais! »

Chimie et bouffe : Des alliés indispensables
« Je me suis déjà fait dire qu’il faut apprendre à s’haïr avant de s’aimer », partage l’instructeur en riant. Pour cette expédition, il a apprécié la complémentarité existante entre ses compatriotes et lui. « C’est important de respecter la condition physique de tous les participants », confie celui qui ne s’était jamais tenté à une expédition comportant autant de personnes. « Une des choses probablement les plus importantes pour garder le moral haut, c’est d’avoir de la bonne nourriture », explique-t-il, en ajoutant que leur menu frôlait les cinq étoiles.
Parmi leurs découvertes, ils ont tenté de découvrir une source thermale, près de la rivière Twika, à partir de coordonnées GPS que des aînés leur avaient partagées. « C’était presque un canyon pour s’y rendre, illustre Denis Légère. Il fallait monter et redescendre la montagne, c’était vraiment intense. » Arrivés à bon port, ils ont réalisé que des éboulements avaient probablement enseveli ladite source thermale. « C’était une belle expérience, un peu risquée, mais c’était vraiment cool! » Outre cet épisode, ils ont aussi eu la frousse lorsqu’une des deux embarcations a chaviré : « Nous avons eu à organiser une rescue. » Personne n’a toutefois été blessé et le tout s’est conclu dans les rires : « On en a ri tout de suite, dès que ça a été fini! » Ce qu’il en retient surtout, c’est qu’il s’agissait d’une chance inouïe que de visiter ces endroits : « On se le disait chaque jour qu’on était extrêmement chanceux d’être sur cette rivière-là. Il n’y avait aucune influence humaine, si ce n’est que pour les Autochtones et quelques chasseurs, dans cette région-là. »