Sécurité des pipelines : La commissaire relève d’importantes lacunes

28 janvier 2016
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OTTAWA — Au moment où de nombreux projets de pipeline sont en examen au Canada, la commissaire à l’environnement et au développement durable relève de nombreuses lacunes dans les activités de surveillance des oléoducs.
Julie Gelfand sert d’ailleurs un avertissement à Ottawa : l’Office national de l’énergie doit « redoubler d’efforts », « étant donné l’augmentation escomptée de la capacité des pipelines ».
Dans son rapport déposé mardi aux Communes, la commissaire dénote que les conditions d’approbation des projets de pipelines ne font pas toujours l’objet de suivi adéquat. En fait, pas moins de la moitié des cas de suivi examinés par son équipe étaient déficients.
« Nous avons constaté que les systèmes de suivi de l’Office étaient désuets et inefficaces », affirme la commissaire.
Elle donne l’exemple d’une société qui avait pour condition d’étudier les effets sur l’environnement advenant une rupture, alors que son pipeline sillonne un habitat de caribous. Dix ans plus tard, l’Office ignorait toujours si cette société avait fait cette étude.
Vérifier les conditions imposées aux sociétés responsables des 73 000 kilomètres de pipeline qui parcourent le pays n’est pas anodin, estime-t-elle, mais bien important pour « assurer la sécurité des Canadiens et la protection de l’environnement ».


Situations d’urgence
Mme Gelfand indique par ailleurs qu’il y a « place à des améliorations importantes » dans la préparation aux situations d’urgence. Chaque année, quelques dizaines de fuites ou déversements de pétrole sont recensés, bien qu’ils soient généralement d’importance modeste.
Or, ces incidents « peuvent mettre les populations en danger et contaminer les écosystèmes », rappelle-t-elle. Elle recommande notamment à l’Office d’arrimer son plan d’urgence avec celui du ministère des Ressources naturelles.
La commissaire signale d’ailleurs qu’il reste du travail à faire pour « s’assurer que les mesures d’urgence sont complètes et à jour ». Elle a analysé 30 « manuels » de mesure d’urgence, sorte de plans advenant une catastrophe que les compagnies doivent élaborer et soumettre à Ottawa. Le tiers de ces manuels étaient incomplets, note-t-elle dans son rapport.
Elle signale également les problèmes de recrutement et de rétention de personnel auxquels l’Office devrait s’attaquer, compte tenu de l’ampleur de la tâche à venir.
Le rapport de la commissaire survient alors que les débats entourant les pipelines font rage au pays. La semaine dernière, le maire de Montréal Denis Coderre, ainsi que des représentants de 80 autres municipalités de la région métropolitaine, ont rejeté le projet Énergie Est de TransCanada. Les réactions qui s’en sont suivi ont dans les provinces de l’Ouest ont été vives et le ton est rapidement monté.
Justin Trudeau s’est déplacé mardi matin pour rencontrer le maire Coderre et a affirmé en point de presse que les communautés avaient elles aussi leur mot à dire dans l’approbation de tels projets.