Arctique : L'Arctique devrait être protégé contre le développement, selon un sondage

11 septembre 2014
0 Commentaire(s)

Par Bob Weber
LA PRESSE CANADIENNE


Un sondage commandé par Greenpeace porte à croire qu'une forte majorité de citoyens de 30 pays désirent que des efforts plus importants soient mis en œuvre pour préserver l'environnement arctique contre le développement industriel.
Le coup de sonde en quatre questions, effectué auprès de plus de 30 000 personnes, révèle que les plus grands partisans de la préservation de l'Arctique sont les Canadiens.
Selon Farrah Kham, responsable de la campagne de Greenpeace sur l'Arctique, les Canadiens sont souvent plus nombreux à vouloir protéger l'Arctique que les autres personnes sondées.
L'organisation environnementale a embauché une firme qui a procédé au sondage en ligne du 8 au 28 août. La firme, RIWI, a utilisé une technologie interceptant les internautes qui commettent des erreurs en entrant des adresses électroniques pour générer des échantillons aléatoires, qui sont ensuite ajustés pour tenir compte des caractéristiques démographiques de chaque pays.
La firme de sondage n'a pas fourni de marge d'erreur.
Après avoir posé quatre questions, RIWI a constaté que 71 pour cent des participants étaient d'accord pour que l'océan Arctique soit exempt de forages pétroliers et d'autres industries lourdes. Ce taux atteint 75 pour cent au Canada.
Un total de 74 pour cent des gens interrogés étaient d'accord ou fortement d'accord avec la création d'un sanctuaire pour la vie sauvage autour du pôle Nord. Soixante-dix-huit pour cent des Canadiens entrent dans ces catégories.
À l'échelle mondiale, 64 pour cent des sondés désiraient que les forages pétroliers, le transport et la pêche industrielle soient interdits dans les eaux internationales autour du pôle Nord (70 pour cent des Canadiens étaient d'accord).
Les entreprises énergétiques ont toutefois obtenu un certain appui — 51 pour cent des personnes interrogées pensent que celles-ci sont en mesure de nettoyer un déversement majeur dans l'Arctique, mais ce taux chute à 47 pour cent parmi les Canadiens.
Mme Khan reconnaît néanmoins que le combat de Greenpeace pour l'établissement d'une zone protégée autour du pôle Nord est une lutte avec le vent de face. Presque tous les pays circumpolaires ont rejeté l'idée et trois d'entre eux — dont le Canada — prévoient déposer une demande aux Nations unies pour le contrôle économique des fonds marins de l'Arctique. Seule la Finlande ne s'est pas prononcée contre l'idée d'un refuge arctique.
Les gouvernements des pays autour du pôle Nord encouragent le développement industriel et envisagent au moins les forages pétroliers en mer. Cette semaine à Iqaluit, le Canada accueillait la réunion inaugurale d'un groupe économique servant à discuter de méthodes pour accroître l'activité économique dans l'Arctique.
Malgré tout, dit Mme Khan, les résultats du coup de sonde laissent entendre que les gouvernements favorisant le développement industriel de l'Arctique ne sont pas au diapason de leurs citoyens.
« Il y a véritablement une déconnexion entre ce qui se passe dans l'Arctique et ce que les gens désirent réellement », affirme-t-elle.