Recherches scientifiques : L’Année polaire, c’est fini

09 juillet 2009
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Le secrétariat canadien pour l’Année polaire internationale ferme ses portes.

En septembre 2004, l’Université de l’Alberta devenait l’hôte du secrétariat canadien pour l’Année polaire internationale (API). En 2009, ce bureau qui a coordonné le programme canadien de l’API pendant ces cinq dernières années n’est plus.

« C’est la fin de cinq années de financement, annonce David Hik, le directeur exécutif du secrétariat canadien, nous nous y attendions, c’était prévu. »

L’API de 2007-2008, c’est en fait 24 mois de programmation internationale d’activités scientifiques interdisciplinaires dirigées vers les deux pôles. Pour celui qui s’est assuré que les scientifiques canadiens soient les maîtres d’œuvre de nombreux projets de recherche, c’est une « bonne chose que ce soit fini, maintenant on peut évaluer ce qu’on a accompli ».

Selon David Hik, de nombreux chercheurs viennent de finir leur terrain, d’autres analysent leurs données ou sont en rédaction, et certains présentent déjà leurs résultats dans différentes conférences. « Nous allons entendre parler de l’année polaire internationale pendant plusieurs années encore. Il reste deux rendez-vous importants : l’an prochain à Oslo pour l’impact global de l’API puis en 2012 au Canada, pour clôturer l’API définitivement. »

Retombées de L’API

David Hik compte une centaine d’étudiants impliqués aux TNO. Pour lui, la formation au niveau des communautés est un des exemples positifs des recherches conduites dans le Nord Canadien.  « Maintenant que les recherches produisent des résultats, il faut l’intervention des gouvernements et des communautés pour augmenter la compréhension de ces résultats et pour récolter les fruits de l’application de ces recherches. »

Il mentionne également que le nombre de stations météorologiques situées dans les pôles semble sous représenté pour fournir l’information nécessaire à de meilleures prévisions météorologiques

« C’est un autre exemple des bénéfices de l’API, dit-il. Plusieurs stations de collecte de données sont maintenant en place dans des sites polaires isolés, même si elles ne font pas encore partie des réseaux courants, elles devraient participer à mieux modéliser l’Arctique et l’Antarctique. Les pôles sont différents, mais l’incidence qu’ils ont sur le niveau des eaux et sur le système climatique planétaire est d’importance égale. »

Selon le directeur du secrétariat canadien pour l’API, l’une des recherches importantes qui a été conduite durant cette effervescence d’activités scientifiques reste la mission du brise-glace de recherche NGCC Amundsen, demeuré mobile pendant 15 mois dans les eaux de l’archipel arctique. Durant cette période, le navire a accosté dans plusieurs communautés de l’Arctique où les scientifiques ont conduit des recherches sur la santé et le bien-être dans les collectivités nordiques.

« Durant ces recherches, nous avons observé une interaction entre le savoir local et la science du Sud. Pour moi, c’est l’un des plus grands accomplissements de l’API que d’avoir réussi à mettre en place une telle méthode, qui va sûrement devenir la norme scientifique dans l'avenir », estime-t-il en nommant plusieurs exemples de recherches qui prennent avantage des visions nordiques.

Finalement, ce professeur d’écologie résume l’activité de l’API à un bout de ficelle. « Les années polaires internationales ont été étalées dans le temps. L’énergie et l’effort appliqués à ces années ont des hauts et des bas comme une ficelle un peu lâche. C’est très intense pendant quelques années, puis plus rien et après il faut recommencer pour la prochaine. J’espère que la recherche scientifique dirigée vers les pôles deviendra une ficelle bien tendue, que le Nord sera de plus en plus impliqué et que ses futurs chercheurs en prendront éventuellement le leadership. »