Agriculture : Former des fermiers

16 août 2013
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Pour Jackie Milne, l'absence de formation est le manque le plus criant
de l'agriculture territoriale. (Photo: Denis Lord)

Pour Jackie Milne, l'absence de formation est le manque le plus criant de l'agriculture territoriale. (Photo: Denis Lord)

Le développement de l’école d’agriculture de Hay River est au cœur de la planification
stratégique de la Territorial’s Farmers Association.

À la suite d’une fin de semaine intensive de planification stratégique, le comité directeur de la Territorial’s Farmers Association (TFA) a décidé de concentrer ses efforts des prochaines années au développement de son école de Hay River, le Northern Farm Training Institute (NFTI).
La TFA, qui célèbrera son 40e anniversaire en 2014, compte une cinquantaine de membres, des fermiers et des jardiniers, mais aussi des personnes se sentant concernées par le développement de l’agriculture locale et une alimentation saine.
La TFA a initié en mai dernier le Northern Farm Training Institute grâce, notamment, à une aide financière du ministère de l’Industrie, du Tourisme et de l’Investissement des Territoires du Nord-Ouest. « Le ministre de l’ITI, David Ramsay, nous a beaucoup soutenus, rappelle la présidente de TFA, Jackie Milne, tout comme son adjointe Kelly Kaylo. Je ne crois pas que l’école existerait sans eux. » Le NFTI est également associé au Conseil d’alphabétisation ainsi qu’au ministère de l’Éducation.
Utilisant pour ses cours les classes du Collège Aurora, le NFTI a dispensé des formations sur les semences, les produits forestiers non ligneux, les serres, la préparation des sols, etc. Un grand succès, selon Jackie Milne : « Nous avons formé des hommes et des femmes de toutes les couleurs, de 14 à 60 ans. Le taux d’absentéisme était proche du zéro. Après seulement deux ateliers, les étudiants ont commencé à construire un jardin. Ils ont construit une serre. » Il y aurait présentement une liste d’attente de 40 noms pour les prochains ateliers.

Une ferme-école
Mais aujourd’hui, le conseil d’administration du TFA juge qu’il est temps d’aller encore plus loin. « Tous ceux qui apprennent à faire pousser de la nourriture aident à construire une meilleure société, professe la présidente du TFA. Et actuellement, notre plus grand déficit est dans l’enseignement. Produire de la nourriture, c’est une compétence, comme être un plombier. Il y a beaucoup de paramètres à maîtriser ; tu ne peux pas juste claquer des doigts, lire une brochure et penser que tu sais tout. »
Jackie Milne et Lone Sorensen, membre de la TFA et formatrice en agriculture, plaident en faveur d’un enseignement intimement adapté aux conditions du sol, au climat et aux cultures territoriales, que ce soit pour un verger, un jardin, la boucherie, ou la conservation de la nourriture.
Le projet, concrètement, c’est d’ériger à Hay River un programme d’éducation complet avec divers niveaux, une ferme campus où aura lieu de la recherche appliquée, équipée d’outils adaptés, de serres, d’une bibliothèque. La ferme produirait de la nourriture qui serait vendue au marché local. Les gens de tous les Territoires pourraient y être hébergés.
Pour trouver le futur site de cette école et réaliser ce projet, l’équipe de la TFA s’est fixé un plan de développement échelonné sur cinq ans ; elle cherche à engager un consultant qui l’aidera à monter la recherche de financement, sur une base pragmatique.

Nourrir le Nord
« Le plus grand obstacle de l’agriculture des Territoires, affirme Jackie Milne, c’est la perte de compétences. Nous n’avons pas de fermiers parce que les gens ne savent plus comment faire. » Selon plusieurs, en effet, il y avait ici une agriculture au début du siècle dernier, qui s’est perdue alors que le réseau routier prenait de l’expansion, amenant une dépendance aux produits alimentaires du Sud. « Mais, rajoute Jackie, la culture pour la nourriture est très forte aux Territoires du Nord-Ouest. Les gens ont le désir d’apprendre et d’être autonomes. Nous pouvons restaurer l’alimentation locale. »
Selon des statistiques avancées par la présidente de la TFA, un individu peut produire assez de nourriture pour en nourrir 10 autres. « Ça signifie que 4000 agriculteurs pourraient nourrir tous les Territoires du Nord-Ouest. Nous pourrions même exporter! »
Mais dans un premier temps, le concept de la TFA, c’est que chaque étudiant devienne une ressource pour sa collectivité et qu’il puisse à son tour en former d’autres. Ainsi, en quatre ans, chaque collectivité des Territoires aurait sa production de nourriture. « Notre ferme campus, image Jackie Milne, c’est comme une serre pour faire pousser des fermiers plus rapidement. »

 


Tous les commentaires (2)

Écrit par Anonyme, 17 août 2013, 15 h 35
Je crois qu'il est de première importance que les Territoires du nord ouest se dotent d'un plan d'autonomie alimentaire, et dans ce sens cette école est vraiment un pas vers la bonne voix. Félicitations à ses instigatrices!
Écrit par Anonyme, 17 août 2013, 17 h 29
Vivement l'autonomie alimentaire et les bons légumes bio!