Incendies : Feux : ne pas paniquer

26 août 2014
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Une des conséquences de l'interruption de la circulation routière en provenance du Sud, des étalages vides. (Photo: Batiste Foisy)

Une des conséquences de l'interruption de la circulation routière en provenance du Sud, des étalages vides. (Photo: Batiste Foisy)

La fumée constamment présente dans plusieurs collectivités ténoises ne laissera pas de séquelle sur les gens en santé s'ils suivent les directives données. C'est ce qu'a affirmé l'hygiéniste en chef des Territoires du Nord-Ouest, André Corriveau, en conférence de presse le mercredi 6 août.
Cette assertion est basée sur l'expérience et l'information accumulées au fil des années au ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) des TNO, par exemple sur la fumée secondaire de cigarette, sur le savoir accumulé dans d'autres régions régulièrement touchées par les incendies de forêt, comme l'Australie, la Colombie-Britannique et la Californie, ainsi que par une revue de la littérature consacrée à ce sujet.
Autrement, le docteur Corriveau affirme que l'avis donné il y a plusieurs semaines continue d'être pertinent. Il y a une classe de personnes à plus haut risque, comme les personnes souffrant de problèmes cardiaques ou respiratoires, et les femmes enceintes. « Il y a un risque, note l'hygiéniste en chef, que les fœtus portés durant cette période aient un poids moindre à leur naissance. Mais il n'y a pas encore de directives comme quoi les femmes enceintes devraient quitter massivement les endroits touchés par la fumée. Mais sur une base individuelle, ça pourrait être une bonne idée de partir. »

Précautions
Dans les grandes lignes, les précautions à prendre dans le contexte de fumée constante tiennent du gros bon sens. Le MSSS recommande de rester le plus possible à l'intérieur. On modérera la cuisson des aliments afin de préserver, autant que possible, la qualité de l'air, on s'équipera d'un purificateur d'air de type HEPA. Il est recommandé de boire beaucoup d'eau : garder la bouche et le nez hydratés facilite la respiration.
Faire du jogging n'est pas une très bonne idée; le docteur Corriveau avait d'ailleurs recommandé que le dernier marathon tenu à Yellowknife soit reporté à des temps plus sains. Le Fieldhouse est ouvert gratuitement pour les gens qui veulent faire de l'exercice; c'est un bâtiment récent pourvu, selon le MSSS, d'un bon système de filtration d'air.
S'il y a une nécessité de passer du temps à l'extérieur, le docteur Corriveau préconise l'utilisation des masques N95 ou N99, le chiffre indiquant le pourcentage de particules fitrées. « Le filtre n'est pas assez fin sur les autres masques sur le marché, souligne-t-il. On peut se sentir mieux, mais ça ne fait pas de différence sur la santé. »
Par contre, le MSSS ne fournit pas de tels masques et au moment d'écrire ces lignes, les pharmacies de Yellowknife seraient en rupture de stock. De surcroît, il faut trouver la dimension appropriée et savoir ajuster ces masques, qui peuvent facilement être inconfortables.
Pour l’instant, le MSSS ne possède pas de statistiques précises sur le nombre d'hospitalisations supplémentaires causées par les problèmes liés à la fumée, mais on peut dire avec certitude qu'elles ont augmenté. En conférence de presse, André Corriveau s'est défendu de minimiser la gravité de la « crise » actuelle sur ordre du gouvernement. « Je suis sûr, a-t-il dit, que le message que nous transmettons est le bon. »

Outils d'évaluation
La qualité de l'air est évaluée sur une échelle allant de 1 à 10 par Environnement Canada. Cette cote air santé a pour principaux indicateurs l'ozone troposphérique, les particules fines — émises par les incendies, les installations industrielles ou encore les véhicules à moteur — et le dioxyde d'azote. Malheureusement, le système de cotation plafonne autour de 10/11 (risque très élevé pour la santé). « Ce n'est pas un système d'évaluation conçu spécifiquement pour la fumée, précise le docteur Corriveau, qui ajoute du même souffle que la fumée de bois est moins toxique que celle comportant des particules de plastique, et qu'à Beijing, la qualité de l'air est souvent pire que ce qu'elle était à Yellowknife dimanche dernier, alors qu'elle atteignait 10. Au moment d'écrire ces lignes, le MSSS ne pouvait fournir la cote moyenne de la qualité de l'air à Yellowknife pour les mois de juin et juillet.
Une autre grille d'évaluation internationale oscille entre 0-50 (bon) et 300+ (dangereux).
En date du 4 août, 28 300 kilomètres carrés des Territoires du Nord-Ouest ont été affectés par les incendies en 2014 (l'équivalent du Burundi au complet), soient 4,6 % de la superficie de la forêt ténoise. On peut spéculer qu'on dépassera le chiffre de 28 400 kilomètres carrés atteint en 2013.


 


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