Recherche de pétrole : En avant pour les tests sismiques

08 juillet 2014
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Le gouvernement fédéral donne son feu vert à l'exploration énergétique dans les eaux de l'Arctique, malgré les objections des populations inuites.
 

L'Office national de l'énergie (ONE) a donné le feu vert à un consortium formé de trois compagnies pour faire des tests sismiques dans la baie de Baffin et le détroit de Davis afin d'y trouver du pétrole. La zone qui sera testée sur une période de cinq ans aura une superficie de 16 173 kilomètres carrés.
Dans une lettre à un groupe inuit, le ministre fédéral des Affaires autochtones, Bernard Valcourt, dit ne voir aucune raison d'interdire la prospection sismique au large de la côte de l'île de Baffin. M. Valcourt a affirmé que son ministère étudiait les manières d'exploiter les ressources dans la région, et que l'information obtenue par ces tests contribuera au processus.
Des groupes inuits et des localités le long de la côte est de l'île de Baffin ont manifesté leur opposition à la prospection sismique, craignant notamment que les bruits intenses ne perturbent la vie marine, dont ils dépendent.
Les localités ont aussi déploré le manque d'information et de consultation préalable à ces projets d'exploration.
Les tests sismiques bidimensionnels sont faits à partir de canons envoyant vers le fond de l'océan des jets d'air ou des ondes sonores afin d'établir le positionnement de gisements de pétrole. Le projet des compagnies norvégiennes TGS-NOPEC Geophysical Company ASA (TGS) et MultiKlient Invest AS (MKI), filiale de Petroleum GeoServices (PGS), qui devrait s'échelonner sur cinq ans, comprend l'utilisation de 34 canons à air.
Dans son évaluation environnementale, l'Office national de l'énergie souligne que sa principale préoccupation à propos du projet est « liée aux effets négatifs éventuels sur les mammifères marins, sur la récolte traditionnelle des ressources de mammifères marins et de poissons et sur la pêche commerciale ».
Pour atténuer ces éventuels impacts, diverses mesures sont mises de l'avant par le consortium. Des observateurs de mammifères marins, par exemple, surveilleront la présence de ces derniers et, advenant celle-ci, les travaux seront arrêtés. Pour ce qui est d'éventuelles perturbations aux pêches commerciales, les compagnies s'engagent à indiquer aux marins où et quand les tests auront lieu, à régler les demandes d'indemnisation dans les 60 jours d'avis, etc.
C'est dans ce rapport d'évaluation environnementale que se trouvent les engagements des compagnies norvégiennes, autant sinon plus que dans les conditions posées par l'ONE et auxquelles elles ont acquiescé. Deux de ces conditions sont d'ailleurs de respecter les mesures d'atténuation énoncées plus haut et de consulter les communautés inuites. Plusieurs des conditions posées par l'ONE concernent l'obligation de communiquer l'état et l'avancée des travaux.
L'Office reconnaît l'importance de favoriser une meilleure compréhension de ses processus et des communications plus étroites avec les parties prenantes. Compte tenu du grand intérêt manifesté par la population, il avait autorisé un de ses membres, David Hamilton, en vertu de l'article 15 de la Loi sur l'Office national de l'énergie, à présenter un rapport et à faire des recommandations au sujet de la demande visant le projet. Le public avait par la suite été invité à présenter à l'Office des commentaires par écrit et des témoignages de vive voix à l'occasion de réunions sur le projet.
L'Office a tenu des réunions publiques à Pond Inlet, Clyde River, Qikiqtarjuaq et Iqaluit pendant la période du 29 avril au 2 mai 2013.