Sur les murs : Du Grand lac des Esclaves aux fjords islandais

08 février 2018
Avant d'extraire son filet de pêche hors de l'eau, Shawn Buckley casse la glace reformée 
sur le trou à l'aide d'un ciseau à glace. (Crédit photo: Carole Musialek)

Avant d'extraire son filet de pêche hors de l'eau, Shawn Buckley casse la glace reformée sur le trou à l'aide d'un ciseau à glace. (Crédit photo: Carole Musialek)

Jusqu’à la fin du mois de février, Carole Musialek, photographe amateure, présente une exposition d’images de pêche, dans les locaux de l’Association franco-culturelle de Yellowknife (AFCY).

 

La série d’images relate les différentes étapes qu’implique la pêche sous la glace sur le Grand lac des Esclaves. Traductrice les jours de semaine, Carole Musialek a eu l’occasion d’accompagner dans ses temps libres, le duo Shawn Buckley et Stéphanie Vaillancourt lors de plusieurs excursions de pêche. Pas exactement du sport, loin d’être un moment de détente à regarder sa ligne s’enfoncer dans l’eau.

La pêche sous la glace implique de s'acquitter de tâches fastidieuses et exigeantes sur le plan physique, le tout en constante exposition aux éléments. Se rendre au bon endroit - pour le coup, à bord d’un engin incroyable, le classique Bombardier R18 -, creuser dans le manteau épais et glacé de cet immense corps d’eau douce, installer les filets, ne sont que quelques-unes des étapes impératives avant de mettre la main sur la récompense. Idéalement, un gros inconnu, alias le fameux poisson blanc du Grand lac.


À travers ses images, la photographe nous transporte aussi en Islande, à Djúpavík, une bourgade qui, jadis, fut un bastion important de la pêche aux harengs sur la côte ouest de l’île. De 1935 au début des années 50, son usine de traitement des poissons était la plus grande structure du pays, puis les harengs ont migré, et l’usine, abandonnée. Depuis le début des années 80, une famille s’efforce de raviver ces espaces désaffectés. Un hôtel, un restaurant, une galerie d’art, même, donnent une nouvelle vie à ces vestiges de la pêche islandaise. « Si aujourd’hui, la pêche est une industrie solide en Islande, j’ai voulu donner un aperçu de ces usines abandonnées, comme un rappel de la fragilité de certains secteurs économiques », explique la photographe pour présenter son exposition.


Il y a près de 6 ans, Carole Musialek arrive à Yellowknife. Originaire de Bordeaux, elle est en partance pour Vancouver après une longue escale à Toronto, mais décide de s'arrimer à la capitale ténoise pour un an, «  maximum ». Elle y a trouvé l’aventure, l’isolement, la nature, et un sentiment de liberté qui l’ont poussée à rester. Les arts visuels et, en particulier, la photographie, ont toujours fait partie intégrante de la vie de l’artiste. « J’avais des Kodaks jetables quand j’étais gamine, c’est comme ça que j’ai commencé » se rappelle-t-elle. Si la technologie a beaucoup évolué depuis ainsi que notre rapport à la pratique de la photographie, l’artiste continue de sortir munie de son appareil argentique, à la chasse aux images.


L’exposition est présentée dans les locaux de l’AFCY au 5016, 48e Rue, Yellowknife du 1er au 28 février, puis du 3 au 9 mars dans le château de neige durant le XXIIIe festival du Snowking.
 


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