Recherche et politiques : Dix recommandations pour plus de capacité

19 novembre 2009
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Stephanie Irlbacher-Fox se réjouit de l’énorme contribution que le réseautage et l’échange ont apporté aux travaux d’élaborations des recommandations lors de la conférence. (Photo : Maxence Jaillet)

Stephanie Irlbacher-Fox se réjouit de l’énorme contribution que le réseautage et l’échange ont apporté aux travaux d’élaborations des recommandations lors de la conférence. (Photo : Maxence Jaillet)

Peu de ressources sont réellement accessibles aux collectivités du Nord afin qu’elles mènent elles-mêmes leurs recherches.

 

Au terme de la première conférence sous le thème de la gouvernance nordique, plus d’une centaine de chercheurs, décideurs et négociateurs des TNO ont élaboré une liste de dix recommandations à proposer au ministère des affaires indiennes et du Nord Canada et autres gouvernements du Nord. Stephanie Fox, instigatrice et présidente de cette réunion, estime qu’une telle concentration d’experts, de décideurs, de fonctionnaires, de membres des communautés est capable de faire évoluer les approches au niveau de la recherche, du développement des politiques et des capacités à les mettre en place.  « Avec le développement des territoires, survient un besoin plus important des capacités à conduire des recherches qui mènent aux options sur lesquelles se base les décideurs. On parle ici principalement des recherches en sciences humaines, des études qui concernent les gens et l’avènement des programmes qui les concernent », explique-t-elle.

Mme Fox, raconte combien il est important d’entreprendre des recherches au sein des communautés du Nord avec un exemple plus qu’explicite. « En siégeant à de nombreuses tables de négociations des revendications territoriales, je demandais quelle était la vision de l’autonomie gouvernementale aux différents groupes autochtones et aux autorités gouvernementales. Et je me suis bien rendu compte qu’ils ne définissaient aucunement ce concept de la même façon. C’est là que nous avons un problème, un problème de sciences humaines. »

Aux premières lignes des recommandations se trouve la mise en place d’une agence de financement nordique capable de récolter les fonds affectés à la recherche nordique. Ainsi les chercheurs implantés dans les communautés recevraient leurs financements sans devoir nécessairement s’affilier à des universités, et l’agence les guiderait à travers la bureaucratie des demandes de financement. Le groupe recommande également que des positions de chercheurs soient obligatoirement implantées et financées adéquatement sur le long terme au sein des organisations régionales autochtones. « Même si quelques chercheurs réussissent à financer certaines études, les autorités autochtones n’ont pas de ressources pour simplement penser aux recherches nécessaires pour leurs peuples. C’est pourquoi il est si important d’établir un comité consultatif en matière de politique où les représentants des organisations autochtones soient fortement représentés », ajoute Stephanie Fox en suivant la liste des recommandations.

Plus que les études en tant que telles, le groupe de la Northern governance Policy Research Conference se prononce sur le besoin en infrastructures de recherches et post-secondaires pour conduire ses recherches : l’Université canadienne de l’Arctique. « Les gens ici travaillent avec ceux qu’ils connaissent », déclare la docteure ès sciences humaines, qualifiant la confiance comme élément essentiel aux prochaines collaborations. « Une infrastructure universitaire faciliterait les demandes de financement, les chercheurs seraient impliqués dans les communautés. En éduquant les résidents du Nord au premier, second et troisième cycles des études universitaires, le développement de leurs communautés sera bonifié. » Questionnée sur le temps que pourrait prendre la réalisation de ce projet, Mme Fox, réaliste, répond qu’elle ne veut pas nécessairement rêver en couleur mais espère juste pouvoir apprécier de son vivant, les bienfaits d’une université dans le Nord.

La version finale de ces recommandations est encore sous révision, pour les prochaines semaines, elle sera affichée sur le site Internet de la conférence (ngprc.circumpolarhealth.org) pour recueillir le plus de commentaire possible. Au début de 2010, ces recommandations seront présentées aux différentes organisations autochtones représentant les G’witchins, les Inuvialuits, le gouvernement Tlicho et la Nation Dénée, pour s’assurer qu’ils endossent la proposition avant de la soumettre aux gouvernements fédéral et territorial.