Temple de la renommée de l’éducation : Des carrières fécondes

« J’ai toujours voulu être instituteur », a déclaré Jean_Marie Marie, un vétéran du monde de l’éducation, ici accompagné de la ministre de l’Éducation, de la Culture et de la Formation Caroline Cochrane. » (Crédit photo : Denis Lord)

« J’ai toujours voulu être instituteur », a déclaré Jean_Marie Marie, un vétéran du monde de l’éducation, ici accompagné de la ministre de l’Éducation, de la Culture et de la Formation Caroline Cochrane. » (Crédit photo : Denis Lord)

Dévouement, créativité, leadeurship, altruisme, promotion des langues, le Temple de la renommée de l’éducation a souligné un vaste champ de qualités et de compétences en introduisant en son sein sept personnalités du monde l’éducation lors d’une cérémonie à la fois drôle et très émotive dans le hall de l’Assemblée législative, le 31 mai dernier.


C’est le plus jeune d’entre eux, le surintendant du Conseil scolaire du Beaufort Delta, Chris Gilmour, qui, parmi tous ces illustres lauréats, a eu l’insigne honneur d’être décoré du Prix du choix de la ministre. Titulaire d’une maitrise en éducation du Nouveau-Brunswick, M. Gilmour est un pionnier de l’éducation à distance aux Territoires du Nord-Ouest, une méthode qui est devenue une priorité pour le gouvernement ténois a souligné la ministre de l’Éducation, de la Culture et de la Formation (MECF), Caroline Cochrane.

La technologie a permis d’introduire des cours de niveau secondaire dans les collectivités éloignées et elle continue de se déployer dans celles-ci. « Nous avons trois étudiants ce mois-ci qui obtiendront leur diplôme et passeront directement de l’école secondaire à l’université », a dit M. Gilmour dans un discours maintes fois interrompu par ses émotions. Ces trois étudiants sont de Ulukhaktok.

Un ambassadeur
Jean-Marie Mariez est superviseur des études en français de la Commission scolaire no 1 de Yellowknife (YK1). Le MECF l’a qualifié d’ambassadeur du français et a voulu reconnaitre son rôle exceptionnel dans la promotion du français langue seconde dans la capitale durant plus de 15 ans.


« J’ai toujours voulu être instituteur », a déclaré M. Mariez lors du discours le plus long de la cérémonie. Objectif réussi, puisqu’il évolue depuis 42 ans dans le monde de l’éducation.


Parmi les moments importants de sa carrière, il a souligné son travail au MECF durant 13 ans. « J’étais impliqué dans tout ce qui était la gestion scolaire francophone, rappelle-t-il. Avec la collaboration du ministre et des comités de parents francophones, il y a eu des résultats. Il y a parfois eu des batailles juridiques, mais il y a eu beaucoup de choses mises en place pour faire des changements. »


M. Mariez a aussi rappelé l’importance de la mise en place du programme d’immersion précoce à YK1. « Nous avons transformé l’école J.H. Sissons en centre d’immersion au lieu que ce soit un centre bilingue, note-t-il. Ça fait une énorme différence et c’est un beau succès, aujourd’hui la place manque et une nouvelle école va se construire. »
Le succès du programme de français intensif est selon lui également digne de mention. « Il a eu des implications, dit-il, sur l’apprentissage des langues autochtones, à cause de l’approche neurolinguistique qu’on utilise et qu’on a donnée comme modèle. Notre ami David McFarlane donne des formations afin que les enseignants puissent développer des stratégies pour que les langues autochtones soient revitalisées et que les jeunes puissent rapidement utiliser le français. »


M. Mariez a salué l’ouverture de la coordonnatrice du programme français Raymonde Laberge à ses initiatives.

Cultures autochtones
Coordonnatrice de la langue et de la culture à Behchoko Rosa Mantla, a joué un rôle incontournable dans la revitalisation de l’identité tlicho. Elle a occupé plusieurs postes dans le système scolaire, notamment comme professeure et directrice. Elle a récemment obtenu une maitrise de l’Université Victoria. « Il y avait beaucoup moins de transport et de technologie quand j’étais jeune, s’est-elle amusée. J’allais à l’école en raquettes avec Lucy Lafferty et c’est elle qui m’inspirait. Mais aujourd’hui, c’est elle qui m’a sélectionnée [pour le Temple de la renommée de l’éducation]. »


Lois Firth Lafferty est une enseignante retraitée de Fort Smith, dont l’enthousiasme pour le savoir a été reconnu, de même que sa façon de partager son temps sans compter. Engagée durant 35 ans dans le système d’éducation, elle est vue comme un modèle de leadeurship, de communication respectueuse et d’enseignement inclusif avec les Ainés.
Bella Kay a commencé sa carrière en 1968 comme aide-enseignante à Fort McPherson. Elle s’est engagée à long terme dans l’enseignement, mais aussi dans l’apprentissage : en 2007, elle recevait du Collège Aurora un diplôme de monitrice de langue autochtone.


« Il y a 40 ans, j’ai eu un entretien pour un poste de professeur en Nouvelle-Écosse. Je n’ai pas été choisi et c’est la meilleure chose qui me soit arrivée de la vie, parce que c’est comme ça que je suis venu à Yellowknife. » C’est ainsi que le professeur de littérature et entraineur de sport de l’école St. Patrick de Yellowknife, Gérard Landry, s’est présenté. Lors de son allocution, cet Acadien d’origine a cité le dramaturge Eugène Ionesco : « Je ne sais pas pourquoi les gens s’attendent qu’un auteur réponde à des questions. Je suis un auteur parce je veux poser des questions. Si j’avais les réponses, je serais un politicien. » C’est une invitation à embrasser le mystère, a expliqué M. Landry, de qui un étudiant a dit qu’il avait un impact discret, mais profond, généré non par des grandes choses, mais par des choses petites et constantes qui changent la vie d’un étudiant.

Une influence sur plusieurs générations
Finalement, Brian Jaffray est un professeur consultant au Conseil scolaire de division du Dehcho qui s’est lui aussi démarqué par son intérêt pour les technologies en éducation et son soutien aux petites écoles.


« Pour chacune de ces personnes, a déclaré Mme Cochrane à propos des élus, il y a des générations qui ont appris. » La ministre a voulu démontrer l’importance de l’évènement en mentionnant la présence de ses prédécesseurs, Alfred Moses et Jackson Lafferty. Elle a affirmé qu’en raison du nombre de propositions, la sélection de 2018 avait été difficile.


Les lauréats admissibles doivent demeurer aux TNO ou, s’ils résident aujourd’hui à l’extérieur du territoire, y avoir demeuré plus de 15 ans.


Un comité, formé de représentants du MÉCF, du Collège Aurora et de l’Association des enseignantes et des enseignants des Territoires du Nord-Ouest (AETNO) ainsi que d’un directeur de commission scolaire, est responsable du choix des lauréats. Le sous-ministre du MÉCF préside le comité.


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