Droits de gestion : Consultations sur l’admission aux écoles Allain St-Cyr et Boréale

Une trentaine de membres de la communauté francophone de Yellowknife s’est retrouvée lundi soir dans l’atrium de l’école Allain St-Cyr pour faire part de leurs opinions sur la politique gouvernementale concernant l’admission aux écoles francophones. . Le 31 mai, ce sont une dizaine de personnes qui étaient présentes pour une consultation semblable, celle-ci effectuée en anglais.
Une consultation en français faciliter par la compagnie Tait Communications a eu lieu à l’école Allain St-Cyr le lundi 30 mai 2016, entre 6:30 et 9:30. La consultation, modérer par Roxanne Poulin, avait comme objectif d’obtenir l’opinion et la rétroaction de la communauté francophone, et plus particulièrement les parents francophones, au sujet de la directive gouvernementale du gouvernement des Territoires du Nord-Ouest de 2008. La directive imposait une restriction des admissions aux écoles francophones des élèves qui ne rencontrait pas les exigences légales stipulées par l’article 23 de la Charte des droits et libertés. Une lecture littérale et étroite de cet article a nié l’accès à une éducation francophone à plusieurs jeunes durant les huit dernières années qui, n’étant pas considérées sous la loi comme étant éligibles, auraient pu bénéficier d’un tel environnement d’apprentissage. Alfred Moses, le ministre de l’Éducation, de la Culture, et de la Formation, ainsi que le ministre responsable de la jeunesse, aurait indiqué une volonté de réviser la directive avant la fin de l’année scolaire, selon Sophie Call, directrice du projet renouveau éducation au ministère de l’Éducation, de la Culture et de la Formation.
L’article 23 de la Charte des droits et libertés, enchâssés dans la constitution canadienne, définit un comme éligible à une éducation francophone dans un milieu minoritaire un citoyen canadien ayant a) le français comme première langue apprise et comprise, dans une province ou cette langue est une minorité; b) qui ont reçu leur instruction, au niveau primaire, en français ou en anglais au Canada et qui résident dans une province où la langue dans laquelle ils ont reçu cette instruction est celle de la minorité francophone ou anglophone de la province.
La consultation fut énergique et la discussion fut au rendez-vous. Une vingtaine de parents et d’intéressés se sont déplacés pour l’occasion. Si l’atmosphère était décontractée et amicale, on ne peut pas dire qu’il y avait un consensus sur tous les points dans la salle. Si il y avait une opposition générale dans la pièce envers la directive, et il y avait certainement des différents au sujet de qui pourrait être admit à une école français langue première – et une divergence en ce qui concerne la vision de la mission d’une telle école dans une communauté francophone.
Plusieurs parents dans la salle ont manifesté une inquiétude vis-à-vis la qualité de l’éducation offerte par une école de français langue première qui s’occuperait aussi d’enfants dont la langue première n’est pas le français. Leur présence, il est craint, mènerait vers un système à vitesses multiples dans la même classe ou le professeur doit diviser son temps et ses efforts sur plusieurs petits groupes. Une telle situation, pour certains parents, affaiblirait l’attrait principal d’une telle école : une instruction de bonne qualité en français. À cela s’ajoute une autre appréhension : l’école en français fut universellement reconnue dans la salle comme étant un moyen de transmettre la culture et l’identité francophone, mais l’école d’immersion française, en revanche, fut considéré comme inadéquate à cette tâche. « On y apprend le français », remarque un parent, « mais c’est un français académique. Il n’a pas de culture attachée avec. Le français est seulement parlé en classe. Dehors, à la récré, tout est en anglais. » Il est clair que plusieurs parents voulaient s’assurer qu’une école qui s’annonce comme étant français langue première ne devienne pas, dans les faits, une autre école d’immersion. « L’inclusion ne devrait pas se faire aux dépens de l’identité, de la qualité de l’éducation et du français des jeunes francophones », a déclaré un parent.
Lors de la séance anglophone, les intervenants se sont également prononcés sur ce sujet. Si quelques voix ont mentionné leurs craintes face à une baisse du niveau de la langue avec l’arrivée d’enfants non francophones dans les écoles ténoises, la majorité s’accordait à dire que la qualité du programme allait prévaloir et aussi qu’il y avait des ayants droit qui ne parlaient pas le français et que les programmes de soutien avaient déjà réussi à les franciser.
Si il n’y avait pas de consensus sur qui pourrait devenir un étudiant à une école français langue première, il y avait certainement un consensus sur la directive : le gouvernement ne devrait pas régir qui a le droit et qui n’a pas le droit de s’instruire à une école francophone, une prérogative qualifiée de paternaliste. « Ce pouvoir devrait être dans les mains de la communauté, » a déclaré Yvonne Careen, qui faisait partie du public. La commission scolaire francophone des Territoires du Nord-Ouest possède déjà une politique d’admission rigoureuse comportant dix-huit critères de sélection. Les bases pour une telle approche communautaire et autonome seraient déjà en place, et consiste une ressource que le gouvernement a, à ce jour, ignorée en préférant l’inflexibilité.
Lors d’une entrevue avec L’Aquilon, le président de la CSFTNO présent aux deux soirées de consultation a soulevé l’importance de l’assouplissement des démarches administratives pour faire approuver la candidature d’un non ayant droit. « Le processus est actuellement de 8 à 12 semaines, c’est une barrière administrative qui freine les parents et impose de lourdes charges de travail à notre équipe. Quand un ayant droit veut s’inscrire dans une école anglophone, en 15 minutes c’est réglé », d’expliquer Simon Cloutier.
Après avoir consulté différentes commissions scolaires et le public de Yellowknife, ces consultations seront ouvertes aux parents de l’école Boréale à Hay River, et aux parents des autres écoles de cette communauté au sud du Grand lac des Esclaves, les 6 et 7 juin. Le gouvernement ténois dit vouloir réviser sa politique au plus tôt et planifie qu’elle soit en place pour la rentrée 2016.


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