Budget fédéral 2016 : Comment tirer un trait sur l’ère conservatrice

OTTAWA — Le changement de cap promis par le premier ministre Justin Trudeau s’incarne dans le budget inaugural de son gouvernement, qui reprend l’essentiel des promesses faites pendant la campagne électorale.
Le document déposé le mardi 22 mars à la Chambre des communes confirme le renversement ou le rétablissement d’une variété de mesures et de programmes mis en œuvre sous le précédent gouvernement de Stephen Harper au fil de ses 10 années de règne à Ottawa.
Les libéraux concrétisent leur promesse de stopper l’hémorragie chez Radio Canada en y réinvestissant 675 millions $ sur cinq ans. Le gouvernement ramène aussi de 67 à 65 ans l’âge d’admissibilité à la retraite et il rétablit le crédit d’impôt pour les fonds de travailleurs, qui était en voie de disparition sous les conservateurs.
Les libéraux confirment aussi l’annulation immédiate des changements apportés en 2012 au régime d’assurance emploi, qui contraignaient notamment les personnes ayant perdu leur boulot à accepter des emplois moins bien rémunérés et situés dans des endroits plus éloignés.
Par ailleurs, déficits successifs obligent — le gouvernement libéral prévoit que ses budgets seront écrits à l’encre rouge jusqu’en 2020-2021, soit au-delà d’un premier mandat —, la Loi fédérale sur l’équilibre budgétaire adoptée sous le gouvernement Harper sera abrogée, précise-t-on dans le budget.
Les fonctionnaires pousseront un soupir de soulagement en voyant écrit noir sur blanc dans ce document de 300 pages que le fédéral abroge les dispositions législatives lui accordant le pouvoir de modifier unilatéralement le système de congés d’invalidité et de maladie.
Les familles, pour leur part, toucheront davantage d’argent avec l’entrée en scène de l’Allocation canadienne pour enfants — une mesure phare des libéraux financée en partie par l’élimination de deux mesures phares conservatrices : le fractionnement du revenu pour familles et la prestation universelle pour la garde d’enfants.
En ce qui a trait aux anciens combattants, ils pourront cogner à davantage de portes, les libéraux concrétisant dans le budget 2016 leur engagement de rouvrir les neuf centres de services qui avaient été fermés par le gouvernement de Stephen Harper.
Mais au-delà de ces mesures précises, le principal changement entre le budget libéral et ceux des conservateurs en est un de philosophie. Alors que ses prédécesseurs avaient resserré les cordons de la bourse, le ministre Morneau promet d’importantes dépenses pour stimuler la croissance économique.
Par conséquent, les libéraux se dissocient clairement du dogme de l’équilibre budgétaire, comme en témoigne le déficit de 29,4 milliards $ qu’ils prévoient enregistrer en 2016-2017.
« Il y aura toujours des gens qui affirmeront que nous devons craindre le changement. La réalité est qu’une occasion sans précédent de façonner et de mener ce changement se présente à nous. Toutefois, pour façonner l’avenir, nous devons y investir », a plaidé le ministre des Finances en Chambre.


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