Année polaire internationale: Une deuxième année pour l’action

18 avril 2008
0 Commentaire(s)


Lancée le 1er mars 2007, l’Année polaire internationale vient d’entamer sa seconde année d’activités scientifiques, de recherches et d’observations orientées vers les pôles arctique et antarctique. Beaucoup de projets ont débuté au cours de cette première année, mais la plus grosse partie de ces expéditions pour la récolte de données sera conduite durant la prochaine saison estivale.

« Rien qu'au Canada, ce sont près de 40 projets différents qui se dérouleront durant l'année 2008‑2009 », estime Andrew AppleJohn, le directeur de l'Institut de recherche Aurora basé à Inuvik. Ces recherches canadiennes et internationales seront menées autant sur terre que sur mer. Elles touchent par exemple, la santé humaine, l'archéologie ou l'océanographie et projettent ainsi l’attention du large spectre d’expertise de la science actuelle sur deux régions sensibles de la planète. « Une des idées générales de l'Année polaire internationale (API) est de construire un lien entre la science et les communautés, déclare Andrew AppleJohn. Nous nous efforçons d'informer les communautés sur les recherches de l'API : nous organisons des ateliers d'informations, nous formons des jeunes et développons en quelque sorte la capacité scientifique des communautés. » L'Institut de recherche Aurora a aidé à coordonner la mise en œuvre de ces missions dans le Grand Nord canadien en collaboration avec les autres bureaux régionaux affiliés au secrétariat de l’API au Canada. Selon M. Applejohn qui a révisé plusieurs applications, les projets de recherches les plus larges seront effectués à bord du brise-glace canadien de recherche Amundsen.

Une banque de résultats

Non seulement l'API stimule l'implantation de nouvelles ressources pour mieux connaître les pôles, mais elle offre également à la communauté scientifique l'opportunité de construire un réseau international qui repose sur le partage des données récoltées. Maurice Levasseur, un chercheur de l'Université Laval à Québec, explique qu'une des conditions pour intégrer l'API était de garantir que tous les résultats issus de sa recherche seraient disponibles à l'échelle internationale. « La force de l'Année polaire internationale est d'avoir amené les gouvernements nationaux à investir dans la recherche, mais aussi d'assurer une coordination internationale de cet effort de recherche. Tout est axé sur le partage, ainsi il se peut très bien qu'un autre chercheur utilise les données que mon équipe a récoltées lors de nos missions en bateau », dit-il.

Selon M. Levasseur, l'idée derrière ces quelques semaines passées sur l’océan Arctique est d'améliorer les modèles prédictifs qui permettent d'extrapoler les processus biologiques observés. Ces modèles sont pour l'instant les meilleurs outils accessibles aux instances décisionnelles et permettent d'assurer une compréhension à plus long terme de notre planète. Le programme de recherche SOLAS (Surface Ocean – Lower Atmosphere Study), dirigé par Maurice Levasseur, a gagné sa place au sein de l'API grâce aux connaissances singulières qu'apportera son modèle couplé océan-atmosphère. Cette étude qui mesure la circulation et l'émission des gaz climatiquement actifs comme le diméthylsulfure (DMS) et l'oxyde nitreux (N2O) dans les masses d'eau de l'océan Arctique s’interroge sur l’influence de la diminution du couvert des glaces estivales dans l'Arctique sur l’émission de ces gaz dans l'atmosphère. Outre le fait de mesurer les concentrations de ses gaz dans le milieu marin et atmosphérique, cette recherche veut comprendre les processus biologiques responsables de la formation de ces gaz climatiquement actif. Connaître les mécanismes sous-jacents à cette production est essentiel pour bâtir et amélioré les models pouvant par exemple prédire ce qu’il pourrait se passer au niveau de ses échanges gazeux avec un océan Arctique où le couvert de glace est réduit à 10 p. cent pendant l’été. M. Levasseur assure qu’il faudra finir d’analyser les résultats de la seconde mission à bord de l’Amundsen de cette année pour préciser l'effet refroidissant des nuages qui constitue une des plus grandes faiblesses au niveau des connaissances sur la prévision de la dynamique du climat.

La suite de l’API

Le Canada se présente comme un des chefs de file de cette initiative internationale. Le secrétariat canadien de l’API installé à Edmonton depuis 2004, a été l’un des tout premiers dans le monde à édifier cet événement. Sa coordonnatrice, Karen Edwards rapporte que le Canada est le pays qui a libéré le plus d’argent frais sur une base internationale, et que son bureau a énormément collaboré à l’implantation d’autres secrétariats à travers le monde. Elle mentionne qu’après ces deux années de recherches intensives, viendront les étapes de vulgarisation et d’éducation dirigées vers les communautés et le grand public qui se baseront sur les résultats découverts. « L’API est un processus évolutif, dit-elle, nous n’avons pas vraiment de ligne directrice, mais nous savons que nous bâtissons la compréhension de notre planète sur les bases des efforts précédents. Nous définissons en ce moment quel pourra être le legs de cette quatrième édition de l’Année polaire internationale. Seuls les changements rapides affectant notre planète et le besoin de mieux les comprendre, nous donnerons le signal d’organiser une autre année où les efforts scientifiques mondiaux seront dirigés vers les pôles. »
Changer de ville
Sondage
L'Aquilone, 5 publications au féminin! Comment avez-vous réagi au changement de nom de L'Aquilon durant le mois de mars?

Voir tous les résultats des sondages