À la recherche des noms traditionnels de lieux

26 avril 2002
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Le travail visant à connaître les noms traditionnels des différents sites des Territoires du Nord-Ouest se poursuit au Centre du patrimoine septentrional Prince-de-Galles. L’archéologue Tom Andrews, responsable du programme des noms géographiques et son collègue Miles Davis, technicien sur le système d’information géographique continuent d’amasser et de compiler les données.

Aux Territoires du Nord-Ouest, on retrouve, pour l’instant, 7834 noms de lieux, dont 4018 sont officiels et figurent sur les cartes. Depuis 1984, le gouvernement territorial a la responsabilité de rendre officiels les noms des communautés, des baies, des rivières, des lacs, des montagnes ou de tout autre endroit que l’on peut identifier sur une carte. « En fait, il est plus facile de dire ce sur quoi on ne travaille pas. Il s’agit des noms de rues et de quartiers, qui sont de juridiction municipale », de faire savoir Tom Andrews.

Selon lui, la recherche des noms traditionnels des lieux prend plus d’importance dans les territoires du Nord, étant donné la forte proportion de la population qui est autochtone. « Plusieurs projets sont d’ailleurs en cours aux Territoires du Nord-Ouest. Notamment avec l’Institut socioculturel Gwich’In et le Conseil dogrib des signataires du traité N° 11 qui, chacun de leur côté, font des recherches sur les noms des lieux que l’on retrouve dans leur région », indique-t-il.

Des travaux similaires se font aussi dans les régions de Lutsel K’e et de Holman. Sur l’île Victoria, on a déjà rapporté plus de 1000 noms d’endroits ayant fait partie de l’histoire de cette communauté.

En fait, au moment d’écrire ces lignes, près de 200 nouveaux noms sont en voie d’être affichés sur les cartes officielles acceptées par la Commission des noms géographiques du Canada. Une certaine quantité de ces noms constituent simplement des changements de l’anglais vers l’appellation d’origine autochtone, mais la plupart de ces lieux sont en voie d’être mentionnés pour la première fois sur les cartes. « En fait, on ne peut pas vraiment dire que ce sont des nouveaux noms, car ces endroits portent ces appellations depuis des milliers d’années », de préciser M. Andrews.

Lorsque l’on parle de retour aux noms traditionnels, les exemples nous viennent facilement en tête. Jusqu’en 1993, Déline (eaux en mouvement) s’appelait Fort Franklin. La communauté de Fort Norman n’existe plus. On parle maintenant de Tulita, qui veut dire, «là où les eaux se rejoignent ». «Ce sont les communautés qui doivent demander le changement », de signaler Tom Andrews. Celui-ci dit d’ailleurs ne jamais avoir reçu de demande pour que le nom de Yellowknife soit changé au profit de Somba Ke.

C’est principalement auprès des aînés des différentes communautés que l’on retrouve l’essentiel des connaissances en ce qui à trait aux dénominations des lieux des Territoires du Nord-Ouest. Il est d’ailleurs rare que les noms traditionnels autochtones rendent hommage à quelqu’un en particulier, comme c’est le cas de la communauté de Edzo qui est, en fait, le nom d’un chef Déné.

« Chez les Autochtones, les noms sont plus descriptifs. Par exemple, la traduction du nom donnera « La large baie, La baie profonde, Une courbe dans la rivière ou Là où on attrape du poisson ». Habituellement, les noms décrivent la géographie, ce qui s’y est déjà produit ou signale si on a de la chance d'y retrouver beaucoup de nourriture », d’expliquer Tom Andrews.

« Certains noms décrivent aussi la beauté d’un endroit », d’ajouter Tom Andrews. Ce dernier donne comme un exemple un portage que l’on retrouve à la limite de la toundra où on a une vue d’ensemble sur une superbe vallée. Le nom de cet endroit, une fois traduit en français est « Là où l’on voit un très long portage ». Un autre endroit, près du lac Watta, fait référence à la mythologie autochtone. Le nom décrit le fait qu’un géant a dévié la rivière pour que la chute coule dans sa bouche.

Il est possible d’avoir accès à une base de données sur les noms de lieux géographiques des Territoires du Nord-Ouest via le site Internet du Centre du patrimoine septentrional Prince-de-Galles au :

http://pwnhc.ca/.