Chronique littéraire : 30 ans plus tard, Arctic Comics est de retour dans les bacs

En 1984, Nicholas Burns arrivait à Rankin Inklet, au Nunavut (depuis 1999), avec de grandes idées de roman canadien dans la tête. Ses projets n’allaient pas tout à fait se dérouler comme prévus. Plutôt, il réalisait des illustrations éducatives pour le gouvernement ou commerciales pour des associations aborigènes. Il a aussi collaboré avec CBC pour offrir des bandes dessinées satiriques et a enseigné l’art de l’illustration au Collège de l’Arctic du Nunavut. Enfin, en parallèle de recherche sur le monde arctique, il a notamment participé à la création de la bibliothèque municipale de Rankin Inklet. En 1986, alors qu’une grande exposition se préparait pour avoir lieu à Vancouver. Le pavillon des Territoires du Nord-Ouest qui avait besoin de produits nordiques authentiques, l’a approché. Il leur a donc proposé d’écrire et d’illustrer une série d’histoires sur le monde arctique et ses habitants, à travers les mythes du passé, la réalité du moment présent et la fantaisie du future. Arctic Comics était né.
La bande dessinée eut un grand succès à l’exposition internationale. L’auteur a donc naturellement proposé de renouveler l’aventure pour l’édition 1992 de l’exposition qui se tenait cette fois à Séville en Espagne. Il souhaitait inclure dans le projet des artistes illustrateurs et conteurs inuits émergents tels que Micheal Kusugak ou Germaine Arnaktauyok. Pour des raisons non dévoilées au public, la bande dessinée n’avait pas pu être présentée. Ce n’est que bien plus tard, que son ami Lovern Kindzieski, lui suggérait de sortir Arctic Comics de la poussière et de le publier. Lovern est une figure de chez Marvel et est considéré comme un des coloristes de bandes dessinées le plus influent de tous les temps. Il l’a présenté aux éditions Renegade Art Entertainment, qui a supporté le projet. Arctic Comics allait renaître de ses cendres.
Arctic Comics est un ouvrage de 80 pages dans lesquelles on retrouve 5 histoires, autour de mythes et aventures inuits. De la pêche au phoque d’un jeune Inuit aux pérégrinations surnaturelles du chaman Kiviuk en passant par une histoire d’amour, qui se termine mal lors d’un match de balle-molle. Film du Nord, nous entraîne dans les aventures farfelues d’un policier inuit de la Gendarmerie Royale du Canada (GRC). Lorsqu’un crime est commis sur les lieux d’un tournage de film, le policier Puqittuq et son chien doivent résoudre le crime. Nous voyagerons également dans le future avec Blizzard House alors que l’Arctique est devenue une source d’énergie.
Les revenues de la bande dessinée qui vient d’être publié en anglais et en français, devraient permettre de financer une version en Inuktituk,. C’est du moins ce qu’espère Nicholas Burns, l’éditeur de la BD. Ce superbe ouvrage est disponible à la bibliothèque de Yellowknife en anglais pour le moment, mais la version française devrait nous parvenir très bientôt à la demande de l’Aquilon. Elle sera également disponible au Book Cellar.
 


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