Sciences : « La science doit se vivre en français » - Louise Dandurand

01 juillet 2015
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Louise Dandurand, Présidente de l'Association francophone pour le savoir (ACFAS).(Courtoisie)

Louise Dandurand, Présidente de l'Association francophone pour le savoir (ACFAS).(Courtoisie)

Le français demeure toujours et encore une langue de recherche scientifique. Mais pourquoi retrouvons-nous donc de moins en moins d’ouvrages savants publiés dans la langue de Molière? De passage à l’Université d’Ottawa dans le cadre de l’Université d’été sur la francophonie des Amériques, Louise Dandurand a plongé dans le vif du sujet.
« La science doit se faire, se transmettre, se vivre en français dans l’espace francophone », a lancé à plusieurs reprises Louise Dandurand, présidente de l’Association francophone pour le savoir (ACFAS). L’organisme a pour mission de promouvoir la recherche de même que la culture scientifique à travers l’espace francophone.
Mme Dandurand assure que le français est très présent dans la production de la science, comme dans les universités par exemple. « Le français est le principal support à la réflexion scientifique [pour les chercheurs francophones] , soutient-elle. Il est primordial de préserver et de développer une communauté de recherche francophone forte, mais ce, de façon moderne et exclusive. »

Le français : d’abord une langue de production
Actuellement, même si le sujet crée encore quelques débats, il ne fait aucun doute que l’anglais est défini comme étant la langue commune de la recherche. Présidente de l’ACFAS depuis décembre 2012, Louise Dandurand explique qu’un chercheur francophone aurait tort de se priver d’un réseau aussi énorme que celui qu’apporte la langue anglaise.
En recherche scientifique, la langue est l’outil principal du chercheur. L’interaction entre ceux qui construisent le savoir vaut son pesant d’or dans la recherche. C’est pourquoi avoir la possibilité de communiquer une recherche dans une autre langue que sa langue maternelle est un atout inévitable selon Mme Dandurant : « Avoir accès à de nouveaux réseaux de chercheurs qui pourraient avoir des points de vue différents est essentiel. […] Il est capital pour un chercheur d’être créatif, et pour ce faire, il doit élargir ses horizons le plus possible. »
C’est un constat évident qu’en publiant en anglais, le scientifique rejoint un public beaucoup plus large au niveau national et international que s’il publiait en français.

L’avenir est dans le multilinguisme
Où s’en va donc l’avenir de la langue française dans l’univers de la science? Celle qui est aussi présidente de Télé-Québec est bien claire : « L’avenir de la recherche réside dans un multilinguisme ouvert et dynamique. En ce sens nous devons travailler à maintenir et à affirmer la pratique de la recherche en français. »
Et qui sait, peut-être que d’ici une vingtaine d’années, l’anglais ne sera même plus la langue commune de la recherche. « Peut-être que ce sera en mandarin que les chercheurs scientifiques publieront tous », conclut Mme Dandurand.