Hay River : « Faire à la maison » plutôt que « faire refaire en Chine »

30 octobre 2014
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Kim Rapati devant son montage éducatif dans le cadre de la Semaine canadienne de réduction des déchets, à la Centennal Library de Hay River.  (photo de Bob White)

Kim Rapati devant son montage éducatif dans le cadre de la Semaine canadienne de réduction des déchets, à la Centennal Library de Hay River. (photo de Bob White)

 

C’est dans le cadre de la Semaine canadienne de réduction des déchets qui se tenait du 20 au 26 octobre cette année, que j’ai rencontré Kim Rapati à la bibliothèque de Hay River. La jeune femme s'appliquait à peaufiner un montage informatif illustrant des moyens simples pour réduire ses déchets domestiques. « C’est la quatrième année que je me charge d’engager la Semaine canadienne de réduction des déchets à Hay River. À l’exemple des années précédentes, nous profitons de cette semaine pour rappeler aux gens les principes du recyclage et du compostage. »

Kim Rapati est diplômée de l’Université Lakehead à Thunderbay. Ses études supérieures en géographie et récréation touristique lui ont permis de se pencher sur des problématiques telles la durabilité environnementale et l'éducation du public. La directrice des bureaux d’Ecology North à Hay River est fière de représenter cette organisation caritative sans but lucratif. Les priorités environnementales d’Ecology North rejoignent en effet exactement les siennes. C’est dans un réel souci de bien-être environnemental, social et communautaire durable que l’équipe s’active. L’éducation du public, la prise de conscience des changements climatiques et la réduction des déchets sont à la base de leur programme.

Très près de sa collectivité d’accueil, la jeune Ontarienne s’implique d’abord généreusement auprès des enfants, autant dans les écoles que dans l’animation parascolaire. Au moyen d’activités éducatives ludiques et captivantes, Kim parvient ainsi à porter l’attention des jeunes sur leur environnement. Les enfants de Hay River ont ainsi la chance de chasser les fossiles, nourrir des vers utilisés pour le vermicompostage, apprendre à réparer des vélos, explorer la ferme, pêcher sur la glace et j’en passe. Pour madame Rapati, le fait d’inculquer aux jeunes l’écoresponsabilité a des répercussions avantageuses et directes dans les foyers et dans la collectivité.

À vrai dire, Kim a des étincelles plein les yeux lorsqu’elle s’entretient d’écoresponsabilité. Pour elle, chaque action communautaire, chaque modification favorable d’un comportement est une partie de la solution pour une planète en meilleure santé. Et dans une petite collectivité comme Hay River, la proximité permet de produire le changement, grâce à ce contact direct avec l’individu.

Pour ouvrir la Semaine canadienne de réduction des déchets, le documentaire Just eat it fut projeté en soirée à la bibliothèque. Le film dénonce l’immense perte de nourriture en Amérique du Nord, depuis la ferme jusque dans nos cuisines. Il a été présenté devant un public curieux et concerné. « Le documentaire a donné naissance à une très bonne discussion et des solutions au problème ont même été proposées, souligne Kim. On peut faire toute la différence en entreprenant une agriculture plus locale, en planifiant à l’avance nos achats et en mangeant ce que l’on achète, tout simplement! »

Enfin, Kim est enchantée et très encouragée par la coopération des gens autour de l’apparition de la Fix-it-Fair dans la programmation cette année. Cet événement est une occasion de réduire ses ordures dans la convivialité, mettre à profit les compétences des concitoyens et transmettre des connaissances.

L’événement est offert pour une première fois ici, mais l’écologiste souhaite vraiment le voir s’instaurer. « Le concept de la Fix-it-Fair est un mouvement qui prend de l’ampleur dans plusieurs collectivités. L’habileté manuelle tend à se perdre aujourd’hui à cause entre autres de l’influence des prix toujours plus bas des articles fabriqués et vendus à la chaîne. La consommation rapide et superflue est persuasive et coriace dans notre société. Tout cela comporte des risques pour l’environnement, car de plus en plus de choses sont juste jetées et abandonnées », soutient la directrice d’Ecology North.

Évidemment, je me suis rendue à la Fix-it-Fair dimanche dernier où j’ai fait la connaissance de plusieurs « spécialistes du ramanchage », tous plus souriants et généreux les uns que les autres. Entre autres, une couturière, une « rapiéceuse », une artisane qui recycle vos bijoux, un conseiller écoénergétiques pour la maison, un affûteur d’équipements sportifs, une réparatrice de fermetures éclair, etc. « À Hay River, il y a énormément de talents qui ne demandent qu’à être exploités! L’idée de jumeler des gens qui ont des talents avec d’autres qui en ont moins comble tous mes objectifs d’éducation! Quand tu apprends à réparer quelque chose, tu te sens tellement bien après! » conclut Kim Rapati.

Effectivement, je suis retournée chez-moi enchantée, et pas peu fière d’avoir appris à ramailler les fermetures éclair capricieuses de mes godasses préférées.