Etats-unis : #BalanceTonTrump

Le 8 novembre marque le 1er anniversaire de la présidence invraisemblable de Donald Trump. Quelque 63 % des Américains seraient insatisfaits de son bilan : le chef a raté ses décrets sur l’immigration, ses réformes d’Obamacare et son projet de mur à la frontière mexicaine. Le Toronto Star lui impute 835 mensonges depuis son inauguration.

La planète ne s’habitue pas à un président sexiste et raciste, incohérent et narcissique, gouvernant via Twitter, niant la crise des armes à feu et sous enquête pour ses liens avec la Russie. Francopresse a obtenu des réactions des deux côtés de la frontière.

Marie Hélène Eddie, doctorante en sociologie, Ottawa (Ontario)
« Déjà un an depuis que Trump est la personne avec le plus de pouvoir au monde grâce au poste qu’il occupe. J’aurais espéré qu’il soit destitué ou en voie de l’être, à l’heure qu’il est. En plein scandale d’agression et de harcèlement sexuel, alors que les Weinstein et Rozon tombent, Trump ne tombe pas.


« Ce que je crains, ce n’est pas qu’il continue d’exprimer des idées folles et des propos sexistes et racistes incongrus. C’est plutôt qu’il perde de son imprévisibilité, qu’il réussisse à prendre quelques décisions "acceptables"aux yeux du parti ou de la population et qu’il devienne présidentiel. J’espère qu’il continuera sur sa lancée et qu’il s’autodétruira d’ici les prochaines élections. »


Naila Jones, coach de carrière, Cleveland (Ohio)
« La population américaine réalise son mauvais choix, mais le passage à l’action pour détrôner un homme si dangereux est trop lent à mon gout ! La peur que j’éprouvais à l’annonce de cette élection se manifeste aujourd’hui en crainte pour le monde dans lequel nous vivons.


« Juste dimanche, une autre attaque avec des armes à feu a eu lieu au Texas. Ce ne sont pas que des "immigrants", ce sont des gens qui ont besoin d’aide, des fous qui arrivent à passer à l’acte sans remords. Se sentent-ils justifiés dans leurs actes à cause de cette élection ? Du 2e amendement ? »


« Le seul signe d’espoir est cette manifestation de femmes et d’hommes qui n’en peuvent plus de l’abus de pouvoir. Après les attaques virulentes envers ce qui est différent et externe, une prise de conscience interne se manifeste. J’espère que la population se réveillera de son coma et demandera des comptes aux monstres au pouvoir. »


Désiré Nyela, professeur à l’Université Sainte-Anne (N-É)
« On peut résumer la première année de Trump avec un mot : l’incertitude. On est toujours à la case départ, avec un manque de direction à sa présidence. Les seules questions où il semble avoir plus de poigne, c’est autour de l’identité et de l’immigration. »


« On voit surtout une exacerbation des tensions ethniques et raciales, par exemple avec les joueurs de football de la NFL (qui ont manifesté contre le racisme). Il accentue les lignes de faille au lieu de les rétrécir. »


« Il faudrait que chacun revienne à la raison et que l’administration ne se comporte pas tout le temps comme si elle était en campagne électorale. Trump s’adresse souvent à la base. On va de crise en crise, ce qui n’avantage personne. »

Laurelle Favreau, directrice d’une agence d’artistes (Connecticut)
« C’est une déprime extraordinaire comment ce président nous embête. C’est un monstre. Tu ne sais plus dans quelle société tu vis, tout est corrompu, tout est permis. Trump fait ressortir le pire des Américains : la corruption, l’argent, l’exploitation. Tout ce à quoi on aspire, avec une morale et une compassion, ça n’existe pas pour lui.

« Après le dernier massacre (26 morts), tout ce qu’il a dit, c’est que c’était une question de santé mentale. On évite de parler des vraies choses. Est-ce qu’on menace vraiment nos libertés si on encadre l’achat des armes ? Ça n’a pas de sens, les millions qui ont des fusils et qu’on continue à donner des permis. »


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